La relation élève-enseignant importante pour la réussite scolaire

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La relation entre un élève et son enseignant est un facteur clé de la réussite scolaire, particulièrement chez les plus jeunes. Or, la qualité de celle-ci varie en fonction du sexe, de la situation économique et du comportement des enfants. Voilà ce qui ressort d’analyses des données de l’étude longitudinale du développement des enfants du Québec effectuées par des chercheurs de l’Université de Montréal et de l’Institut de la statistique du Québec.

Selon le fascicule publié la semaine dernière, il faut noter que la majorité des enseignants et des élèves estiment avoir une relation positive, un chiffre qui diminue toutefois au fur et à mesure que les enfants grandissent. En effet, 68 % des enseignants de la maternelle juge avoir une relation proche et chaleureuse avec les petits contre 47 % de ceux de la quatrième année. Quant aux élèves qui disent aimer leur enseignant, le taux passe de 89 % à 75 % entre la première et la quatrième année du primaire.

De plus, les enseignants rapportent davantage de relations positives avec les filles et celles-ci sont d’ailleurs plus nombreuses à aimer leur prof. « Cette expérience relationnelle différente […] pourrait être accentuée par le fait que la grande majorité des enseignants du préscolaire et du premier cycle du primaire sont de sexe féminin. Les enseignantes pourraient se sentir plus proches des filles que des garçons et plus à l’aise à intervenir auprès d’elles. Les données ne permettent malheureusement pas d’étayer cette hypothèse », écrit-on.

La même tendance se remarque également vis-à-vis des enfants plus démunis et de ceux ayant des problèmes de comportement. Les enseignants estiment généralement avoir une moins bonne relation avec ces enfants. Ces résultats sont jugés préoccupants étant donné que les « élèves de milieux défavorisés qui font l’expérience de relations bienveillantes et aidantes avec leurs enseignants, tôt dans leur parcours scolaire, perçoivent leur environnement scolaire de manière plus positive ». Quant aux élèves ayant des problèmes de comportement, ils montrent une meilleure capacité d’adaptation et de meilleurs résultats scolaires s’ils ont vécu des relations chaleureuses avec leurs enseignants dès leur entrée à l’école.

Par ailleurs, dans tous les cas, on remarque que les sentiments de confiance et d’efficacité de l’enseignant ont un impact positif sur la performance scolaire des jeunes vers l’âge de dix ans. « De 18 % à 25 % environ des enseignants des enfants visés par cette analyse disent ne pas se sentir vraiment confiants et efficaces dans leurs interactions avec eux. […] Il pourrait s’avérer utile d’aider les enseignants à développer des stratégies variées et adaptées aux défis que posent certains enfants. Cela pourrait se faire par le biais de séances de développement professionnel ou par la mise en place de mesures de soutien professionnel. Quant aux élèves, les programmes d’intervention précoce qui font la promotion de l’autorégulation des comportements et des émotions ainsi que du développement de compétences sociales et cognitives pourraient les aider à relever le défi que constitue l’établissement d’une relation enseignant-élève positive », écrit-on.

 

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