Le « WISE Prize » est décerné à Larry Rosenstock, fondateur de High Tech High

Source : https://www.wise-qatar.org/wise-works/wise-prize-for-education/

Doha, Qatar – 20 novembre 2019. Le WISE Prize vient d’être décerné à M. Larry Rosenstock, directeur, fondateur et principal de High Tech High, un réseau de « chater schools[1] », établi à San Diego, en Californie. Son Altesse Sheikha Moza bint Nasser a remis le Prix à M. Rosenstock lors de la session d’ouverture du Sommet WISE à Doha, devant 3 000 participants venus de plus de 100 pays.

Le WISE Prize met à l’honneur les personnalités ayant contribué à transformer et améliorer radicalement un système éducatif à l’échelle d’une communauté, d’un pays ou à l’international. Larry Rosenstock est récompensé cette année pour son apport dans l’enseignement primaire et secondaire et la lutte contre les inégalités. Il est l’un des pionniers de l’apprentissage par projet (« project-based learning »), selon lequel les élèves acquièrent des compétences académiques fondamentales en travaillant sur projets concrets à la croisée de plusieurs disciplines. Ce modèle pédagogique alimente la curiosité des élèves et ancre les apprentissages dans la vie « réelle », en les faisant se pencher sur la résolution de problèmes actuels. Le modèle développé par Larry Rosenstock réinvente également le rôle des enseignants qui deviennent des « designers ». Ces derniers adaptent constamment leur pédagogie et les matières sollicitées en fonction des besoins spécifiques de chaque élève. Au long de leur scolarité, les élèves peuvent ainsi s’essayer à la fois comme scientifiques en herbe, ingénieurs, aussi bien qu’artistes.

Améliorer le statut des jeunes défavorisés a été le moteur du parcours professionnel de M. Rosenstock. Alors diplômé en droit, M. Rosenstock choisit, au début de sa carrière, d’enseigner la menuiserie à des élèves du secondaire du centre défavorisé de Boston dans les années 1960, en pleine période de « déségrégation ». Cette expérience le sensibilise aux discriminations dont souffrent les élèves issus de classes sociales défavorisées et d’origine afro-américaine, malgré leurs capacités scolaires. Il va dès lors dédier sa carrière à intégrer les élèves qui avaient été historiquement mis de côté, en s’efforçant de réhabiliter l’enseignement professionnel. 

Il s’attèlera à cette tâche de différentes manières en activant des leviers juridiques, éducatifs et entrepreneuriaux. D’abord enseignant pendant 11 ans, il a mis à profit son expertise en droit pour coécrire la législation ayant permis d’augmenter les financements dédiés à l’enseignement professionnel et d’exiger une intégration plus importante avec l’enseignement académique. En créant High Tech High en 2000, il se révèle être un innovateur à l’origine d’un modèle radicalement nouveau au cœur même de l’école. 

High Tech High (HTH) fait tomber bon nombre de barrières : les obstacles que peuvent rencontrer des jeunes issus de milieux défavorisés pour accéder à une éducation de qualité, la séparation entre l’enseignement académique et l’enseignement technique, et la déconnexion entre la salle de classe et le monde réel. La lutte contre les inégalités est au cœur de la mission de HTH : ses élèves sont d’ailleurs sélectionnés à l’issue d’un tirage au sort.

Les méthodes innovantes mises en place à HTH ont aidé des milliers d’élèves de tous niveaux et de tous milieux socioéconomiques à se préparer à l’enseignement supérieur, à la citoyenneté et à une vie professionnelle épanouissante. Cette approche a également permis aux élèves d’atteindre leur plein potentiel, 98 % des élèves de HTH étant acceptés à l’Université (contre 69 % en moyenne au niveau national). 

HTH, simple « charter school », est devenue un réseau intégré de seize écoles dispensant des cours de la maternelle à la Terminale à près de 5 780 élèves sur quatre campus. En 2008, Larry Rosenstock a fondé la HTH Graduate School of Education, qui diplôme et dispense des formations. Plus de 5 000 enseignants et chefs d’établissement venant des 50 états américains et de 30 pays en bénéficient chaque année. 

Larry Rosenstock et le modèle qu’il a développé au sein de High Tech High façonnent une nouvelle approche de l’éducation en démontrant le bien-fondé de la pédagogie de projets, en enseignant les compétences du 21e siècle et en montrant qu’il est possible de changer le système directement dans les salles de classe.

Stavros N. Yiannouka, DG de WISE a déclaré : « Le travail de Larry Rosenstock incarne l’essence même du WISE Prize : plusieurs décennies d’engagement dans l’éducation, considérée comme force de transformation positive individuelle et sociale, des résultats tangibles et une méthode qui peut se décliner dans d’autres pays et d’autres contextes, enfin des qualités de visionnaire et d’entrepreneur social œuvrant pour le bien commun. »

En recevant son prix, Larry Rosenstock a déclaré : « Je suis honoré de recevoir ce prix et de rejoindre les précédents lauréats dont les projets ont eu un impact positif sur l’éducation partout dans le monde. J’espère que le WISE Prize nous permettra de partager encore plus largement le travail des élèves et des enseignants de High Tech High. Pour moi, ce prix confirme deux de mes plus fortes convictions : que le travail manuel et le travail intellectuel peuvent et doivent être enseignés conjointement dans nos écoles. Et que tous les jeunes sont capables de s’engager dans un travail qui est du sens, quand on leur en donne la chance. »

À propos du « WISE Prize »

Créé en 2011 par Son Altesse Sheikha Moza bint Nasser, le WISE Prize est la première distinction internationale à récompenser un individu ou une équipe de six personnes pour leur contribution exceptionnelle à l’éducation. Le WISE Prize permet de revaloriser le statut de l’éducation en lui conférant le même prestige que celui dont bénéficient la littérature, la paix ou l’économie, pour lesquels des prix internationaux existent déjà. Le Lauréat se voit remettre la médaille en or du WISE Prize, ainsi que la somme de 500 000 dollars américains. Il s’engage à produire quatre rapports décrivant les avancées de son projet et l’impact sur deux ans de la somme reçue. Les Lauréats du WISE Prize sont des modèles inspirants pour celles et ceux qui consacrent leur vie à construire l’avenir de l’éducation comme socle d’un monde plus sûr, prospère et durable.

Membres du jury du WISE Prize 2019 :

  • S. E. Sheikha Hanadi bint Nasser bin Khaled Al Thani, fondatrice et présidente d’Amwal, Qatar
  • S. E. Serigne Mbaye Thiam, ministre de l’Éducation nationale, Sénégal
  • Dr. Madhav Chavan, président de la Fondation Pratham Education, Inde
  • Mme Vicky Colbert, fondatrice et directrice de la Fondation Escuela Nueva, Colombie 
  • Dr. Jörg Dräger, membre du comité exécutif de la Fondation Bertelsmann, Allemagne 
  • M. Alan Chow, directeur exécutif de la Fondation D.H. Chen, Chine

Précédents lauréats du WISE Prize : 

  • 2017 – Dr. Patrick Awuah, Ghana
  • 2015 – Dr. Sakena Yacoobi, Afghanistan
  • 2014 – Mme Ann Cotton, Royaume-Uni
  • 2013 – Mme Vicky Colbert, Colombie
  • 2012 – Dr. Madhav Chavan, Inde
  • 2011 – Sir Fazle Hasan Abed, Bangladesh

Pour plus d’informations, cliquez ici.

À propos de WISE

La Fondation du Qatar, présidée par Son Altesse Sheikha Moza bint Nasser, a créé WISE, le Sommet mondial de l’innovation pour l’éducation, en 2009. WISE est une plateforme internationale et multidisciplinaire destinée à encourager la créativité, la réflexion, le débat et l’action concrète en éducation. À travers le Sommet biennal, la recherche collaborative et une série de programmes, WISE est aujourd’hui une initiative sur les nouvelles approches en matière d’éducation. WISE 2019 s’est tenu à Doha du 19 au 21 novembre 2019 autour du thème : « Désapprendre, réapprendre : ce qui nous rend humain ». Pour plus d’informations sur WISE, cliquez ici.

SOURCE World Innovation Summit for Education


[1] “Charter School”: modèle américain d’écoles financées par des fonds publics et gérées par des organismes privés. Ces écoles sont soumises à une charte qui définit leurs obligations. Elles bénéficient d’une grande autonomie au regard de la pédagogie et du recrutement des enseignants. L’enseignement est gratuit.