Être ou ne pas être un enseignant influenceur?

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Gabriel Dumouchel croit que le phénomène des enseignants influenceurs peut avoir des impacts très positifs sur la valorisation de la profession. Retour sur sa conférence au Sommet du numérique en éducation.

Lors du Sommet du numérique en éducation, Gabriel Dumouchel, chargé de cours en éducation à l’UQAC et à l’UQO, conférencier et consultant, a présenté une courte conférence sur le phénomène des influenceurs et l’intérêt pour l’éducation de s’approprier ce mode de communication dont les jeunes raffolent. En effet, comme il le rappelle d’emblée, c’est la nouvelle façon de rejoindre cette clientèle, qui ne consomme plus vraiment de radio ni de télévision.

Si certains « influenceurs » très connus se permettent de parler d’éducation, il demeure que c’est particulièrement important de laisser un espace aux « vrais » enseignants, soit ceux qui peuvent réellement témoigner de la réalité des salles de classe d’aujourd’hui.

En tant que chargé de cours à l’UQO et à l’UQAC, Gabriel Dumouchel se fait un devoir de parler de ce phénomène à ses étudiants en technologie éducative. Et il se rend compte que la plupart connaissent et suivent certains « influenceurs » en éducation, tels Marydotcom (que nous avons déjà rencontrée), Madame Valérie (que nous avons aussi rencontrée!), Jay Belzile ou Jonathan le Prof.

Il souligne quatre approches généralement adoptées par les enseignants influenceurs :

  • Approche collaborative : pour partager des façons de faire entre enseignants.
  • Approche militante : pour défendre une cause ou faire de la sensibilisation (ex. Jonathan le Prof sensibilise à la protection de l’environnement).
  • Approche entrepreneuriale : pour vendre des produits (ex. « 3 filles et l’enseignement autrement » ont une ligne de vêtements et de cahiers de planification).
  • Approche humoristique : pour partager par exemple des réponses d’exercices amusantes qu’ils ont relevé chez leurs élèves.

Il a relevé différentes occasions positives de ce format de communication :

  1. Rejoindre les apprenants hyperconnectés
    • Valorisation des élèves, de la profession, profiter de l’effet viral qui peut être créé via les élèves.
  2. Valoriser la profession enseignante
    • Via les médias traditionnels : par exemple, La Presse a parlé de Jonathan Le Prof et il a été invité sur le plateau l’émission télévisée 2 hommes en or, et ce n’était pas pour parle de problèmes en éducation.
    • Soi-même via les médias sociaux : le format offre par exemple la possibilité de poser des questions sur l’enseignement à de vrais profs.
  3. Partager l’expérience professionnelle. Exemple de thèmes de YouTubeurs :
    • 1 semaine dans ma vie de prof
    • Tour de ma classe
    • Prendre soin de moi
  4. Partager son contenu et/ou ses approches
  5. Soutenir les futurs enseignants
    • Ex. 7 conseils de stage
  6. Soutenir les profs d’université
    • Faire un lien entre ce qui se passe pour « vrai » en classe
  7. Soutenir l’insertion professionnelle. Des exemples de thèmes de YouTubeurs :
    • Trucs et conseils pour la suppléance
    • Premier contrat
    • Survivre en début de carrière
  8. Vendre promouvoir du matériel pédagogique, des produits dérivés ou du contenu
  9. Transmettre les savoirs de la recherche scientifique

Il y a cependant des défis, tels que :

  • Surcharge de travail : effectivement, il n’est pas simple de concilier YouTube et enseignement ou vie privée. Ça prend du temps et ce n’est pas donné à tous.
  • Identité numérique des élèves : il faut s’assurer de la respecter en tout temps.
  • Critique : on s’expose effectivement à la critique.
  • Éthique professionnelle : vente de matériel pédagogique, contenu sponsorisé, liberté d’expression.
  • Décrochage enseignant (quand ça marche trop bien, tenter de décrocher?)

En terminant, il invite à une réflexion professionnelle avant que les grands « influenceurs » d’opinion des médias traditionnels ne s’en chargent! D’ailleurs, il se donne lui-même le défi de devenir un « influenceur » et d’accompagner les enseignants qui souhaitent aller dans cette voie.

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Audrey Miller est directrice générale et éditrice de L’École branchée. Détenant une formation de 2e cycle en technologies éducatives et un bacc en communication publique, elle a participé depuis 1998 à la mise sur pied de nombreuses initiatives destinées à stimuler le développement professionnel des enseignants en lien avec le numérique et l’innovation pédagogique, telles EdCamp Québec et les CréaCamps. Elle est vice-présidente de l'AQUOPS, secrétaire du conseil d’administration de l’Association Edteq et membre du comité #Francosphère de l'ACELF.