Marier la musique avec le numérique pour la fête des mères

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Le printemps est enfin bien installé, l’année scolaire tire à sa fin, et les enseignants cherchent des moyens pour garder leurs élèves engagés. C’est aussi à cette période que se tient la fête des mères, cette journée pour laquelle il est d’usage de confectionner à l’école des cadeaux pour les principales concernées.

Pourquoi ne pas saisir cette opportunité pour réaliser un projet stimulant pour ses élèves tout en faisant usage du numérique? C’est ce qu’a fait Mme Brigitte-Louise Lessard, enseignante de musique au primaire depuis plus de vingt ans et chargée du cours Pédagogie et informatique musicale dispensé en ligne via l’Université Laval afin de guider les futurs enseignants de musique dans l’intégration des TIC dans leur pratique professionnelle.

L’École branchée a eu l’opportunité de s’entretenir avec cette passionnée de l’intégration des TIC en éducation autour de ce projet à la fois créatif et technologique :

Parlez-nous du projet que vous réalisez avec vos élèves. Quels sont les objectifs et comment intégrez-vous les programmes scolaires?

Brigitte-Louise : Bien évidemment, ce projet développe la compétence transversale TIC (6) du PFÉQ, cependant en musique nous n’évaluons pas les compétences transversales. Ce qui ne m’empêche pas de les développer tout au long des 6 années de mon programme de musique au primaire. Ce projet particulier avait peu de consignes. Les enfants devaient enregistrer un message pour leur mère avec Audacity. Ils devaient dire « chère maman », dire deux choses qu’ils apprécient et ensuite dire « je t’aime ». Sur cette première piste, ils devaient trouver un son d’oiseau sur SoundBible (qui permet le téléchargement sans avoir recours à un compte) et le superposer avec leur propre voix.

Cette activité a permis de travailler la reconnaissance de timbres de voix. En effet, aucun nom n’apparait sur le Padlet, ce qui donne la possibilité aux élèves de reconnaître la voix de leurs camarades de classe et de faire vivre cette même expérience à leurs parents. Par conséquent, les élèves doivent être habiles avec Audacity (enregistrement et manipulations sonores), avec la navigation ainsi qu’avec le téléversement en amont et en aval.

Est-ce la première fois que vous intégrez le numérique dans votre cours de musique? Quelle place est-ce que cela occupe?

Brigitte-Louise : Les enfants touchent au monde informatique dès leur première année dans ma classe. Je trouve que c’est un excellent moyen de varier mon approche et surtout de les mettre aux commandes de leurs apprentissages. J’intègre de plus en plus l’iPad pour l’apprentissage des pièces (compétence « interpréter ») via des iPads de première génération (qui dormaient dans un entrepôt) en utilisant l’espace avec des vidéos tutoriels qui enseignent la pièce à jouer. Pour mes autres projets, ce sont davantage des moments fixés dans le temps, par exemple la création d’un Rondo sur Soundtrap qui se tient habituellement au laboratoire informatique au mois d’avril. J’utilise en continu ClassRoom pour rester en contact avec mes élèves.

Pourquoi est-il important à votre avis de varier les approches pédagogiques? Quels sont les effets sur la motivation, l’engagement et la réussite des élèves dans le cours de musique?

Brigitte-Louise : Tous les moyens sont bons pour garder les élèves actifs dans leurs apprentissages. J’use de tous les moyens à ma disposition pour cela, que ce soit numérique ou non. De plus, quand les élèves sont intéressés, la discipline est beaucoup plus facile à maintenir. Les moyens technologiques me permettent de me « cloner », ce qui me donne du temps pour être davantage en observation en plus de développer l’autonomie ainsi que l’apprentissage par les pairs, car dans ce projet les enfants travaillent en équipe de trois ou quatre. Ainsi, la réalisation du premier élève est un peu laborieuse, mais l’équipe doit le refaire pour tous les membres, ce qui fait en sorte qu’ils referont les mêmes opérations trois ou quatre fois.

Parlez-nous de la participation des parents dans ce projet.

Brigitte-Louise : Les parents sont invités à visiter le Padlet, à « trouver » la voix de leur enfant, à commenter et à « aimer ». Je reçois des notifications en temps réel sur mon cellulaire pour modérer les commentaires des parents. Ainsi, je peux supprimer directement ceux qui seraient inappropriés, ce qui ne survient que très rarement.

Quels conseils aimeriez-vous donner à des enseignant-e-s de musique qui aimeraient intégrer des projets numériques? Quelles ressources leur proposez-vous?

Brigitte-Louise : Le premier élément, primordial à mon avis, est de garder de petites proportions au début. De petits projets pour vivre du succès et gagner en assurance. Les premières fois que mes élèves travaillent sur Audacity, on ne sauvegarde rien, on ne fait que jouer avec le logiciel. Je m’évite toutes les difficultés de collecte des travaux, mais les élèves apprennent quand même. Plus tard, je rajoute des étapes.

On doit se permettre des essais erreurs et accepter les résultats avec un grain de sel.

Audacity est un logiciel installé d’emblée sur les PC des commissions scolaires. C’est une façon facile de débuter l’intégration. Des micro-casques ou petits micros de table sont nécessaires pour mieux capter la voix des enfants et moins celle de leurs camarades autour. Dans les magasins d’électroniques, ce n’est pas cher.

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