Numérique et confiance en soi : l’exemple d’un projet en géographie

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Production vidéo sur fond vert
Photos : Laurent Di Pasquale

7 groupes de 3e secondaire ont vécu cette année une expérience particulièrement enrichissante sur le plan humain grâce à un projet menant à la réalisation d’un reportage vidéo. L’enseignant Laurent Di Pasquale nous raconte.   

Laurent Di Pasquale est professeur de géographie et sciences sociales à l’Athénée royal de l’Air Pur à Seraing, une école secondaire francophone de Belgique. Cette année, il a fait vivre aux élèves de ses 7 groupes de géographie de 3e secondaire un grand projet pédagogique appuyé par le numérique. Oui, 7 groupes à la fois! « Je savais que je n’allais pas me faciliter la tâche, mais je me suis également dis que si je le faisais avec un groupe, il fallait que je le fasse avec tous pour pouvoir leur donner la chance de vivre la même chose. »

Ce projet concernait l’étude des risques liés à la proximité des centrales nucléaires, qui sont nombreuses en Belgique et dans les pays voisins. Il l’explique dans cette vidéo de présentation :

Le projet et l’apport du numérique

D’entrée de jeu, l’enseignant a fourni un guide d’activité aux élèves en leur expliquant d’abord les résultats attendus et les éléments qui seraient évalués. Ensuite, pendant 6 semaines, les élèves ont récolté les informations, identifié les dangers, conçu leur vidéo en écrivant leur script, puis réalisé le tournage. Pour l’enseignant, ils ont réellement été des acteurs de leurs apprentissages. « La motivation était au rendez-vous, et tous les groupes ont atteint leurs objectifs », explique-t-il.

À la base, Laurent Di Pasquale avait prévu leur faire réaliser le montage vidéo eux-mêmes, mais malheureusement, les ordinateurs de l’école ne l’ont pas permis. Il avoue donc avoir investi un temps fou à préparer les 37 montages pour cette première édition… Il a cependant entretemps déposé deux projets au fonds spécial « École numérique » pour la Belgique, qui viennent tout juste d’être acceptés. Ceci lui permettra notamment d’acquérir l’équipement nécessaire pour ajouter cette étape l’an prochain, car il compte bien continuer.

Les classes ont clôturé le projet par une visite en réalité virtuelle de la centrale de Tchernobyl à l’aide de casques Oculus Go et de l’application Google Expeditions.

Développer la confiance en soi et le lien avec les élèves

« Réaliser un projet avec ses élèves, c’est se découvrir soi-même, c’est découvrir les capacités les plus profondes de nos élèves. »

Laurent Di Pasquale

Parallèlement aux notions scolaires, Laurent Di Pasquale visait le développement d’un aspect bien important chez ses élèves : la confiance en eux. « Pour que les élèves acceptent de se mettre dans une position d’acteur comme celle-ci, il a fallu une grande dose de renforcement positif. » En effet, il se rappelle qu’au départ, la plupart s’en sentaient incapables. « Le numérique, dans ce projet, a permis d’exercer une compétence plus sociale, en montrant que rien n’est impossible et que l’on est tous capables d’y arriver à différents niveaux. »

J’ai voulu savoir si l’usage du numérique avait eu un impact sur la qualité de la relation qu’il a pu développer avec ses élèves cette année. À cette question, il a répondu oui sans hésiter. « Je peux dire qu’on s’entendait déjà très bien à la base, mais qu’après cela, on aurait tous pu décrocher la lune les uns pour les autres tellement l’énergie déployée était positive. »

Il ajoute que la solidarité dans les groupes s’est vite installée aussi. Par exemple, comme il doit changer de local à chaque période, il lui fallait parfois démonter et réinstaller tout le matériel 3 fois par jour. « Les groupes ont tout mis en oeuvre pour qu’on y arrive ensemble, c’était très gratifiant. » Il indique aussi avoir assisté à des situations émouvantes lors des tournages, comme la fois où un groupe entier a applaudi pour donner du courage à l’un de ses membres qui fondait littéralement en larmes étant devant la caméra, ou cette autre fois où tous les élèves se sont retournés pour donner du courage à un autre… « C’était beau, et ça nous a fait grandir. »

Découvrez les détails du projet et les productions des élèves ici sur son site!

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Audrey Miller est directrice générale et éditrice de L’École branchée. Détenant une formation de 2e cycle en technologies éducatives et un bacc en communication publique, elle a participé depuis 1998 à la mise sur pied de nombreuses initiatives destinées à stimuler le développement professionnel des enseignants en lien avec le numérique et l’innovation pédagogique, telles EdCamp Québec et les CréaCamps. Elle est vice-présidente de l'AQUOPS, secrétaire du conseil d’administration de l’Association Edteq et membre du comité #Francosphère de l'ACELF.