Greta, égérie de l’éducation inversée?

Aujourd'hui, soyons fiers de nos jeunes. « À défaut d’avoir fait ce qu’il fallait pour préserver l’équilibre climatique, nous leur avons fourni les bons outils pour prendre leur place dans un monde où les adultes prennent parfois toute la place. »
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Les leçons de l’été 2020 à retenir pour l’éducation

[Dans l'oeil du directeur] Des plages de la Gaspésie à l'explosion de Beyrouth, en passant par les théories du complot lorsqu'on parle de COVID-19, les événements récents qui traduisent, pour la plupart, une mutation de notre société. Et si on en tirait des leçons pour faire muter à son tour l’éducation?

L’effet Dunning-Kruger en éducation

|Dans l'oeil du directeur| En éducation, l’effet Dunning-Kruger, soit l’opinion qu’une personne a de sa propre connaissance d’un domaine en particulier par rapport à son niveau réel de compétence, peut essentiellement être envisagé de quatre façons différentes. Notre collaborateur, Marc-André Girard, les expose dans son plus récent billet.

Semer des graines de leadership

[Dans l'oeil du directeur] Lorsqu’il est question de leadership à l’école, on fait le plus souvent référence à la direction. Oui, on s’attend d’une direction d’école qu’elle soit un leader dans son milieu. Or, doit-elle être le seul leader à bord? Et si le leadership, ce n’était pas tout à fait cela? Une réflexion de Marc-André Girard.

À l’aube d’une année incertaine : ouverture, solutions locales et autres tâches connexes

[Dans l'oeil du directeur] Marc-André Girard, directeur d'une école primaire publique dans les Laurentides, parle des défis de l'année qui débute. Il invite les directions à faire preuve de plus d'ouverture que jamais! « L'ouverture de la direction a un important potentiel de mobilisation. En effet, en moment de crise, donner du pouvoir à toutes les parties prenantes est une démonstration que la direction a bel et bien confiance en son équipe, et ce, même lorsque la marge de manœuvre est mince. »

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L’ACELF veut célébrer les initiatives éducatives faisant place à la langue française en temps de pandémie

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Investissements supplémentaires pour renforcer le soutien et la sécurité des élèves et du personnel

85 millions de dollars en investissements supplémentaires ont été annoncés samedi au Québec. Embauche et formation de personnel, entretien des systèmes de ventilation, transport scolaire et enseignement à distance sont visés. En effet, 25 millions de dollars de plus seront consacrés notamment à l'acquisition de licences d'abonnement à des ressources éducatives numériques, l'embauche de techniciens en informatique, la formation du personnel enseignant, professionnel et de soutien et le développement de ressources pour les parents.

Un guide pratique pour basculer vers l’enseignement à distance en 24 heures

Peut-être l'avez-vous vu circuler récemment sur les réseaux sociaux : une équipe du CSS de la Baie-James a développé et partagé son « Pense-bête » pour guider simplement et concrètement un éventuel basculement en enseignement à distance. Pour en savoir plus sur cet outil de référence, nous avons discuté avec Marc Nolet, personne-ressource au RÉCIT local du CSSBJ.

Ça y est, l’ordre traditionnel des choses est inversé; les plus jeunes font désormais la morale à leurs ancêtres. Depuis la nuit des temps, il semblait inéluctable que cette morale se fasse nécessairement dans le sens traditionnel : des plus vieux vers les plus jeunes. C’est pratiquement le cas dans tous les systèmes scolaires : les uns, plus expérimentés et mieux instruits éduquent la postérité. Nos jeunes nous servent désormais notre propre médecine. Après la « classe inversée », assistons-nous à l’ « éducation inversée »?

Greta Thunberg vient mettre du sable dans l’engrenage. En matière d’environnement, elle n’accepte pas de se faire dicter le pas par des adultes qui n’ont pas su démontrer avoir fait le nécessaire pour sauver la planète. Le point de non-retour est atteint : le cycle de la confiance, longtemps mis à rude épreuve, s’est finalement brisé et la jeune femme prend les choses en main. En fait, des millions de jeunes issus des quatre coins du monde prennent désormais les choses en main.

Greta met en jeu ce qui lui est le plus cher : sa démarche d’éducation. Depuis un peu plus d’un an, la jeune activiste fait la grève scolaire les vendredis après-midi pour aller protester au parlement suédois contre ce qu’elle estime être le désengagement des décideurs pour résoudre de façon durable la crise climatique.

Trois réflexions s’imposent.

Un espace « sécurisant et fertile »?

Dans un premier temps, comment une jeune peut-elle s’absenter de l’école l’équivalent d’un après-midi par semaine et, aussi, comment peut-elle oser manquer l’école pour traverser l’Atlantique en voilier et aller militer en Amérique du Nord? La réponse est facile! Si nous considérons qu’« éduquer, c’est donner à la génération suivante un espace sécurisant et fertile (…) » (Gopnik, 2017), les jeunes pourraient être tentés de poser la question qui tue : quel est cet espace sécurisant et fertile? À quoi ça sert d’aller en classe, apprendre des choses, développer des compétences pour ensuite tout réinvestir dans un monde qui se dérègle? À quoi ça sert d’apprendre à résoudre des problématiques complexes si tout est perdu d’avance? Je vous rappelle qu’on parle ici d’un dérèglement climatique. Ce que nous tenons pour acquis depuis des lustres est en train de changer et de menacer l’humanité entière. Pourquoi aller à l’école si leur vie est menacée? À quoi bon aller à l’école s’ils sont d’abord occupés à survivre? Ils mettent en jeu ce qu’ils devraient avoir et qu’ils estiment ne plus avoir : un futur.

Libres de penser et d’agir?

En second lieu, nous les éduquons à développer leur esprit critique et à développer leur compétence à collaborer, à se mobiliser et à se responsabiliser. Nous voulons en faire des citoyens libres de penser et d’agir dans un système démocratique, alors que nous leur imposons une dictature climatique. Lorsqu’ils transfèrent ces compétences dans des contextes authentiques ou qu’ils transforment leurs connaissances et les mettent au service de leurs actions, nous les critiquons ou remettons en question leur démarche. Cela est profondément paradoxal, non?

Fini, le temps de reporter au suivant?

Troisièmement, les adultes comprennent mal les aspirations de ces jeunes pour qui ils se sont sacrifiés. Ces enfants gâtés se plaignent de quoi au juste? En fait, ils protestent par souci d’équité. Nous les avons élevés dans un monde dans lequel ils ne pourront vraisemblablement pas jouir des mêmes bénéfices que leurs parents. Ces parents pouvaient toujours profiter de la vie sans se soucier des conséquences climatiques de leurs gestes, mais nos jeunes n’ont plus ce luxe. La longue chaine où les conséquences de nos actions sont portées au suivant vient de se rompre. Nos jeunes militent pour le climat, certes, mais surtout, ils militent pour un principe élémentaire d’équité.

(…) à défaut d’avoir fait ce qu’il fallait pour préserver l’équilibre climatique, nous leur avons fourni les bons outils pour prendre leur place dans un monde où les adultes prennent parfois toute la place.

Ceux qui marcheront dans la rue aujourd’hui ou ailleurs, le font pour les bonnes raisons, et ce, que cela plaise ou non aux adultes. En fait, nous devrions être fiers d’eux. Même, nous devrions être fiers de nous : à défaut d’avoir fait ce qu’il fallait pour préserver l’équilibre climatique, nous leur avons fourni les bons outils pour prendre leur place dans un monde où les adultes prennent parfois toute la place. Nos jeunes ont un courage que nous n’avons pas. Ils prennent la situation en main. C’est une bonne nouvelle! N’est-ce pas pour cela que nous sommes en éducation? Ils ont été mis au monde et il faut désormais les écouter.

Gopnik, A. (2017). Halte au surinvestissement parental! (Interview par Audrey Minart). Sciences Humaines, 297(11), 30–33.

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À propos de l'auteur

Marc-André Girard
Marc-André Girard
Marc-André Girard est détenteur d’un baccalauréat en enseignement des sciences humaines (1999), d’une maitrise en didactique de l’histoire (2003) et d’une maitrise en gestion de l’éducation (2013). Il est actuellement doctorant en administration scolaire. Il s’est spécialisé en gestion du changement en milieu scolaire ainsi qu’en leadership pédagogique. Il s’intéresse également aux compétences du 21e siècle à développer en éducation. Il occupe un poste de direction à la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord et donne des conférences sur le leadership en éducation, les approches pédagonumériques, le changement en milieu scolaire ainsi que sur la professionnalisation de l’enseignement. Il a participé à des expéditions pédagogiques en France, en Finlande, en Suède, au Danemark et au Maroc. En septembre 2014, il a publié le livre « Le changement en milieu scolaire québécois » aux Éditions Reynald Goulet et, en 2019, il a publié une trilogie portant sur l'école du 21e siècle chez le même éditeur. Il collabore fréquemment à L’École branchée sur les questions relatives à l’éducation. Il est très impliqué dans tout ce qui entoure le développement professionnel des enseignants et des directions d'école ainsi que l’intégration des TIC à l’éducation. En mars 2016, il a reçu un prix CHAPO de l’AQUOPS pour l’ensemble de son implication.

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