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Palmarès québécois des écoles secondaires : fait-on fausse route?

Fait-on fausse route avec un palmarès des écoles secondaires? Marc-André Girard, directeur d'école depuis 15 ans est d'avis que oui car selon lui, une école ne se choisit pas qu’en fonction des résultats aux examens du ministère.
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Collaborateur à l’École branchée, Marc-André Girard est aussi directeur d’école depuis 15 ans. L’ancien enseignant d’univers social a signé un texte dans La Presse+ le 1er novembre dernier concernant le fameux palmarès québécois publié annuellement sur les écoles secondaires. Une sortie publique qui lui aura valu d’être invité au micro de Catherine Gaudreault du 106,9 Mauricie, à Trois-Rivières.

« Fait-on fausse route avec un palmarès? ». D’entrée de jeu, la réponse est on ne peut plus claire pour M. Girard : « Oui, parce que ça met l’accent sur les mauvaises choses. ». Il précise qu’une école ne se choisit pas qu’en fonction des résultats aux examens du ministère. Depuis 20 ans, le palmarès annuel mis au point par l’Institut Fraser, sous forme d’un bulletin des écoles secondaires du Québec, tient compte principalement des notes obtenues par les élèves québécois aux différents examens du ministère de l’Éducation.

Écoles à vocation particulière

Selon Marc-André Girard, une école devrait se choisir en fonction des programmes qui sont offerts et des approches proposées par les enseignants. À ceux qui pensent que le bulletin des écoles secondaires est à l’origine d’écoles à vocation particulière, le directeur répond que pour lui ce type d’écoles est évidemment bénéfique, car « elles permettent aux élèves de développer des compétences autres que celles au programme. »

Vous avez un enfant qui a en lui une fibre technologique et qui voudrait aller dans une école qui propose l’usage des ordinateurs, des tablettes numériques, des imprimantes 3D, de la pensée design? Allez-y! Ce sont des choix qui sont à faire au même titre que les écoles proposant l’apprentissage des élèves axé sur l’entrepreneuriat, le leadership, les sports ou les arts. « Pour moi, l’enjeu est justement de créer des écoles à l’image des jeunes, ce qui est plus important que de bien figurer dans le palmarès. »

Cette pensée sur l’importance de l’apprentissage plutôt que sur les notes, elle vient en partie grâce à deux conférences du professeur Pasi Salhberg auxquelles Marc-André Girard a assisté. L’architecte de la réforme du système d’éducation en Finlande « nous rappelle que ce sont les observations du quotidien qui comptent, lesquelles sont réalisées dans l’action par les enseignants, plutôt que les résultats aux épreuves ministérielles. » D’ailleurs en 1968, les chercheurs Robert Rosenthal et Lenore Jacobson avaient déjà mis en lumière l’effet Pygmalion, c’est-à-dire l’importance pour un enseignant de croire dans la capacité d’apprentissage de ses élèves plutôt que de se fier uniquement à les catégoriser d’après une note.

La créativité coincée par la norme

« Ce qu’on veut, c’est que les enseignants modulent leurs interventions en fonction du besoin des élèves », rappelle M.Girard.

Toutefois, la notion de créativité est plus difficile à maintenir pour les enseignants de 4e et 5e année du secondaire, aux prises avec les matières sanctionnées par le Ministère. « Parce qu’on veut que les élèves réussissent leur examen, on va faire des pratiques. Donc, exit toute la question de la créativité quand, en bout de ligne, tout ce qui compte dans les matières à sanction d’étude, c’est la réussite de cet examen-là pour bien figurer dans le palmarès. »

En terminant sa lettre dans La Presse+, Marc-André Girard pose un constat pertinent pour l’ensemble des enseignants et tous ceux qui gravitent autour du monde de l’éducation : « Je m’enorgueillis bien plus de ce que mes élèves deviennent plutôt que des notes qu’ils ont eues, desquelles je ne me souviens pas! »

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À propos de l'auteur

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André Magny
Depuis plus de 30 ans, André Magny fait les allers-retours entre le journalisme et l'enseignement du français tant auprès des ados que des adultes. Pigiste régulier pour divers médias dont Francopresse, il a également été journaliste culturel au Droit d’Ottawa et s'occupait des nouvelles technologies au Soleil de Québec. Il a aussi fait du journalisme sportif en France. Il a un faible pour la francophonie, la culture, les sports, la cuisine et la politique.