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Des outils concrets pour une gestion efficace des comportements

Établir des relations positives, expliciter les attentes comportementales, effectuer des interventions spécifiques en salle de classe, ciblées ou intensives… Voilà autant de stratégies auxquelles toute personne qui enseigne devrait s’intéresser. Vous en appliquez possiblement plusieurs d’instinct, mais voici les suggestions de Nancy Roy Halun.

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Établir des relations positives, expliciter les attentes comportementales, effectuer des interventions spécifiques en salle de classe, ciblées ou intensives… Voilà autant de stratégies auxquelles toute personne qui enseigne devrait s’intéresser. Vous en appliquez possiblement plusieurs d’instinct, mais voici les suggestions de Nancy Roy Halun.

« Je suis convaincue que le travail collaboratif peut faire une différence dans la vie d’une école. Quand tout le monde s’arrime, il est plus facile de mettre en place des stratégies globales. En tant que professionnelle de l’éducation, c’est efficace de réfléchir à des orientations et actions en groupe. Les retombées seront nécessairement là pour les élèves. Ainsi, ils savent à quoi s’attendre d’une année à l’autre et d’un lieu à l’autre dans l’école », a fait valoir Nancy Roy Halun lors d’une conférence pour l’événement conjoint Lever les voiles et Festin pédagogique, du Conseil scolaire acadien provincial et de la Division scolaire Franco-manitobaine.

Nancy Roy Halun est directrice de l’École Notre-Dame, du ​​Conseil scolaire Centre-Nord en Alberta. Le modèle collaboratif mis en place dans son milieu scolaire pour une gestion plus efficace des comportements des élèves à partir du modèle de Réponse à l’intervention (RAI) permet à l’équipe de développer des stratégies d’intervention concrètes qui ont des retombées directes sur les élèves.

S’inspirer de la Réponse à l’intervention (RAI)

Dans son milieu, l’équipe-école s’inspire du modèle de la Réponse à l’intervention (RAI) pour établir les actions qui seront mises en place. Au départ, des pratiques universelles sont établies. Lorsque celles-ci ne donnent pas les résultats escomptés avec des élèves, des interventions spécifiques peuvent être faites en salle de classe par l’enseignant. Si celles-ci ne fonctionnent toujours pas, des interventions ciblées sont planifiées avec les élèves. À ce moment, des collègues peuvent intervenir. Dans certains cas, l’élève peut même choisir avec quel adulte les interventions auront lieu. Finalement, lorsque rien ne va, on passe à un niveau d’intervention plus intensif qui pourra aussi inclure les parents et d’autres intervenants.

« L’objectif est de développer une pyramide, inspirée de la RAI, qui sera personnalisée. Adaptez-la à votre réalité. Identifiez les pratiques universelles à prioriser dans votre école et dans chaque salle de classe, de même que les interventions ciblées qui seront ensuite mises de l’avant. 80 % des actions devraient être en mode préventif », dit-elle.

Elle propose de commencer par faire un inventaire des pratiques existantes dans son école. Elle rend disponible un Gabarit du continuum de soutien qui peut devenir un document de référence. Dans sa propre école, celui-ci sert de base de discussion et de suivi lors des rencontres d’équipe qui ont lieu à chaque six semaines. Voici par ailleurs un exemple de Continuum de soutien en comportement qui aurait été préparé par une équipe.

Des pratiques universelles

Établir des relations positives

La première mesure que devrait être mise en place est d’avoir un souci pour entretenir une relation positive avec les élèves (et avec ses collègues). Elle a donné deux exemples mis en place dans son école. 

  1. Avant la rentrée, les enseignant(e)s envoient une vidéo pour se présenter aux élèves et à leurs parents. Cela permet de briser la glace et se connaître dès le départ. 
  2. À chaque matin, une période d’accueil de 10 minutes est explicitement mise à l’horaire de tous. Cela permet de prendre le temps de se dire bonjour.

Des idées pour entretenir une relation positive : 

  • Regarder l’élève lors des échanges
  • Interpeler l’élève par son prénom
  • Poser des questions ouvertes (pas de questions qui peuvent être répondues par oui ou non)
  • Adopter une expression faciale appropriée (SOURIEZ!!)
  • Accueillir l’élève à la porte de la classe
  • Écouter l’élève
  • Démontrer de l’empathie
  • Manifester de l’intérêt envers l’élève
  • Utiliser l’humour
  • Être un modèle en gestes et en paroles
  • Favoriser la rétroaction positive

Développer une matrice d’attentes comportementales

« Il est nécessaire d’être explicite en ce qui concerne les attentes comportementales dans chaque aire de vie de l’école et dans les classes. Prenez-le temps d’en discuter en équipe et de construire un document qui présente le tout simplement. De plus, les comportements doivent être considérés comme des objets d’enseignement. Il est important de prendre le temps d’en discuter avec les élèves, de leur présenter les comportements attendus de façon explicite », souligne la conférencière. 

Des idées pour construire une matrice d’attentes comportementales : 

  1. Établir les valeurs de votre école.
  2. Préciser les aires de vie.
  3. Transformer chacune des valeurs de l’école en attentes comportementales. « Que vais-je voir ou entendre… ».
  4. Formuler les attentes en « Je », de façon simple, précise et positive (pas de « ne pas »).
  5. Présenter les attentes sur des affiches et les rendre visibles.
  6. Enseigner explicitement les attentes de chaque contexte de vie à l’aide d’un modelage, d’une pratique guidée et d’une pratique autonome.
  7. Offrir de la rétroaction positive face aux comportements attendus.

Donner de la rétroaction par rapport aux comportements

« La rétroaction ne devrait pas seulement concerner les apprentissages des élèves. Elle doit aussi être utilisée pour guider les jeunes dans les comportements à adopter afin qu’ils puissent progresser dans leur développement social et émotionnel. En ce sens, chaque petit gain devrait être souligné pour indiquer aux élèves qu’ils sont sur la bonne voie et les encourager à persévérer », mentionne celle qui est aussi consultante chez Jigsaw Learning.

Des interventions spécifiques en salle de classe

Les interventions spécifiques sont faites en salle de classe par l’enseignant. Les interventions peuvent être définies à l’échelle de l’école alors que les enseignants collaborent pour partager des stratégies différenciées qui fonctionnent avec les élèves. Elles impliquent d’adopter une approche différente pour répondre aux besoins de certains élèves, le but étant de développer l’autonomie et la motivation.

Des idées pour des interventions spécifiques : 

  • Enseigner de nouveau les comportements attendus
  • Guider l’élève
  • Offrir des choix
  • Fixer des objectifs avec l’élève
  • Prévoir un système de renforcement positif individualisé
  • Rester neutre et calme en tout temps

Des interventions ciblées

Les interventions ciblées sont fournies par des professionnels dans l’école (autre que l’enseignant principal de l’élève ou son tuteur). Elles peuvent appuyer un élève en particulier ou des sous-groupes qui auraient le même besoin.

Des idées pour des interventions ciblées : 

  • Check-in/Check-out (CICO) : avant et à la fin de la journée (ou de chaque période), l’élève rencontre un adulte de son choix pour discuter avec lui de comment il se sent.
  • Groupe de travail sur des thématiques (ex. gestion du stress, habiletés d’études, organisation du travail, groupe de révision)

Des interventions intensives

Les interventions intensives sont personnalisées en fonction de chaque élève. Elles s’ajoutent aux autres mesures mises en place précédemment. Elles font l’objet d’un plan d’intervention et peuvent demander l’expertise de ressources externes à l’école, notamment les parents. 

Des idées pour des interventions intensives : 

  • Évaluation psychoéducationnelle
  • Analyse fonctionnelle du comportement
  • Thérapie individuelle 
  • Programmation modifiée 
  • Suivi des progrès

Quelques erreurs fréquentes à éviter

En terminant, Nancy Roy Halun a énuméré quelques pièges qu’elle observe dans certains milieux.

  • Sous-estimer les retombées positives des pratiques efficaces du niveau 1 et 2.
  • Utiliser des interventions punitives plutôt qu’éducatives.
  • Intervenir sans avoir vraiment observé et analysé les données.
  • Perdre son objectivité et le prendre personnel.
  • Oublier l’importance de préserver la relation avec l’élève.

En complément : visitez la section Français SVP! du site Web Jigsaw Learning.

Pour aller plus loin : 

À propos de l'auteur

Martine Rioux
Martine Rioux
Martine Rioux est rédactrice et gestionnaire de projets d’éditions numériques. Au fil de ses expériences, elle a développé une solide expertise en lien avec la transformation numérique dans divers secteurs d’activités (éducation, culture, administration publique, etc.). Elle maîtrise les subtilités de l’univers numérique, ses enjeux, ses possibilités et sait les vulgariser en deux clics de souris. Elle est notamment rédactrice en chef des médias de l’École branchée. Son rêve : que chacun ait accès à la technologie et puisse l'utiliser comme outil d’apprentissage et d’ouverture sur le monde.

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