La nécessaire bienveillance du milieu scolaire envers nos ados

Les adolescents n'ont pas la vie facile en cette période de pandémie. Et si la bienveillance dans les pratiques éducatives pouvait les aider à traverser cette période plus facilement?

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L’adolescence est une période de transition critique. Le passage d’un mode d’enseignement à un autre représente une transition supplémentaire avec laquelle les jeunes doivent composer. Et si la bienveillance était de mise pour les aider à traverser cette période plus facilement?

« Les adolescents ont vécu de nombreuses transitions au cours de la dernière année; le passage de l’enseignement en présence à l’enseignement à distance, puis le retour à l’école à temps complet. Cela n’est pas sans conséquence pour eux. À chaque fois, ils doivent s’adapter à nouveau », indique Marie-Josée Marineau-Harnois, conseillère au service national du RÉCIT en adaptation scolaire.

Et ceci, sans compter que les adolescents ont un énorme besoin de socialisation et que le fait de côtoyer leurs amis à l’école est une source de motivation pour eux. Privés de vie sociale, ils ont été nombreux à se chercher de nouveaux repères au cours de la dernière année.

Dans ce contexte, Mme Marineau-Harnois en appelle à la bienveillance des enseignants. Elle note quelques éléments à garder en tête pour intervenir efficacement auprès d’élèves en transition (peu importe la situation) :

  • Se rappeler que chaque élève arrive à la puberté en son temps et la vit à sa façon;
  • Miser sur la capacité d’enthousiasme des adolescents; 
  • S’assurer que l’école fournit un soutien à l’élève qui en a besoin; 
  • Assurer une gestion de classe structurée; 
  • Établir une priorité dans ses interventions; 
  • Modeler la collaboration et le travail d’équipe avec ses collègues; 
  • Croire en eux pour avoir un impact à long terme. 

Les 5 pratiques qui illustrent la bienveillance dans l’intervention éducative

Mme Marineau-Harnois invite les enseignants à s’intéresser aux 5 pratiques qui illustrent la bienveillance dans l’enseignement. Elles sont tirées de la thèse de doctorat La bienveillance dans le champ scolaire de Gwénola Réto (2018, Université de Sherbrooke et Université catholique de l’Ouest, France). Nous les reproduisons ici.

1. Manifester de l’intérêt à l’égard des élèves

·  Encourager les élèves à penser et à accepter l’expression de points de vue divergents;

·  Se montrer ouvert aux différentes réponses apportées aux questions posées;

·  Témoigner de l’importance au fait que les élèves apprennent pendant les cours et travaillent en mobilisant au maximum leurs capacités.

2. Prendre en compte les besoins de base des élèves (affectifs, cognitifs, spirituels)

·  Proposer des adaptations de dispositifs;

·  Permettre le développement d’une réalisation autonome, indépendante de l’aide du maître;

·  Ajuster la charge de travail des élèves, le temps alloué pour réaliser les différentes tâches et évaluations en fonction des besoins;

·  Ajuster les règles au contexte si nécessaire.

3. Manifester dans sa pratique le souci des élèves

·  Prendre en compte le bien-être des élèves, le fait qu’ils puissent être à l’aise, intéressés, motivés en classe;

·  Mettre en œuvre des modalités de travail qui le permettent.  

4. Ne pas s’appuyer sur les seules évaluations normées, scolaires pour guider les élèves dans leurs apprentissages

·  Considérer chacun comme une personne, au-delà de ses résultats et de son travail.

5. Manifester de la compréhension et de la compassion face aux difficultés des élèves

·  Valoriser les réussites, et les prendre en compte pour poursuivre le travail inlassable d’adaptations à proposer.

·  Lorsque les élèves progressent, souligner ces progrès.

Comme le fait remarquer Mme Marineau-Harnois, plusieurs des éléments de la bienveillance se retrouvent dans les pratiques de différenciation pédagogique. « Lorsqu’on différencie, on est bienveillant envers nos élèves », dit-elle.

Lorsque les enseignants mettent en pratique ces éléments, les élèves se sentent davantage compris et considérés. Ils seront en mesure de fournir plus d’efforts et leur motivation augmente, fait-elle valoir.

Marie-Josée Marineau-Harnois a présenté la conférence L’école virtuelle différenciée pour les adolescents dans le cadre du 46e Congrès de l’Institut des troubles d’apprentissage. Sa présentation est disponible pour tous en ligne.

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À propos de l'auteur

Martine Rioux
Après des études en communication publique, Martine a été journaliste pour différentes publications, avant de poursuivre sa carrière comme conseillère en communications interactives chez La Capitale, groupe financier, puis chez Québec numérique, organisme dont elle a pris la direction générale avant de faire le saut comme conseillère politique au cabinet du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale. Elle est aujourd'hui rédactrice en chef adjointe et chargée de projets spéciaux à l'École branchée. Son rêve : que chacun ait accès à la technologie et puisse l'utiliser comme outil d’apprentissage et d’ouverture sur le monde.

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