Être ou ne pas être un enseignant influenceur?

Gabriel Dumouchel croit que le phénomène des enseignants influenceurs peut avoir des impacts très positifs sur la valorisation de la profession. Retour sur sa conférence au Sommet du numérique en éducation.
Temps de lecture estimé : 4 minutes
PROPAGER VIA :

Table des matières

Gabriel Dumouchel croit que le phénomène des enseignants influenceurs peut avoir des impacts très positifs sur la valorisation de la profession. Retour sur sa conférence au Sommet du numérique en éducation.

Lors du Sommet du numérique en éducation, Gabriel Dumouchel, chargé de cours en éducation à l’UQAC et à l’UQO, conférencier et consultant, a présenté une courte conférence sur le phénomène des influenceurs et l’intérêt pour l’éducation de s’approprier ce mode de communication dont les jeunes raffolent. En effet, comme il le rappelle d’emblée, c’est la nouvelle façon de rejoindre cette clientèle, qui ne consomme plus vraiment de radio ni de télévision.

Si certains « influenceurs » très connus se permettent de parler d’éducation, il demeure que c’est particulièrement important de laisser un espace aux « vrais » enseignants, soit ceux qui peuvent réellement témoigner de la réalité des salles de classe d’aujourd’hui.

En tant que chargé de cours à l’UQO et à l’UQAC, Gabriel Dumouchel se fait un devoir de parler de ce phénomène à ses étudiants en technologie éducative. Et il se rend compte que la plupart connaissent et suivent certains « influenceurs » en éducation, tels Marydotcom (que nous avons déjà rencontrée), Madame Valérie (que nous avons aussi rencontrée!), Jay Belzile ou Jonathan le Prof.

Il souligne quatre approches généralement adoptées par les enseignants influenceurs :

  • Approche collaborative : pour partager des façons de faire entre enseignants.
  • Approche militante : pour défendre une cause ou faire de la sensibilisation (ex. Jonathan le Prof sensibilise à la protection de l’environnement).
  • Approche entrepreneuriale : pour vendre des produits (ex. « 3 filles et l’enseignement autrement » ont une ligne de vêtements et de cahiers de planification).
  • Approche humoristique : pour partager par exemple des réponses d’exercices amusantes qu’ils ont relevé chez leurs élèves.

Il a relevé différentes occasions positives de ce format de communication :

  1. Rejoindre les apprenants hyperconnectés
    • Valorisation des élèves, de la profession, profiter de l’effet viral qui peut être créé via les élèves.
  2. Valoriser la profession enseignante
    • Via les médias traditionnels : par exemple, La Presse a parlé de Jonathan Le Prof et il a été invité sur le plateau l’émission télévisée 2 hommes en or, et ce n’était pas pour parle de problèmes en éducation.
    • Soi-même via les médias sociaux : le format offre par exemple la possibilité de poser des questions sur l’enseignement à de vrais profs.
  3. Partager l’expérience professionnelle. Exemple de thèmes de YouTubeurs :
    • 1 semaine dans ma vie de prof
    • Tour de ma classe
    • Prendre soin de moi
  4. Partager son contenu et/ou ses approches
  5. Soutenir les futurs enseignants
    • Ex. 7 conseils de stage
  6. Soutenir les profs d’université
    • Faire un lien entre ce qui se passe pour « vrai » en classe
  7. Soutenir l’insertion professionnelle. Des exemples de thèmes de YouTubeurs :
    • Trucs et conseils pour la suppléance
    • Premier contrat
    • Survivre en début de carrière
  8. Vendre promouvoir du matériel pédagogique, des produits dérivés ou du contenu
  9. Transmettre les savoirs de la recherche scientifique

Il y a cependant des défis, tels que :

  • Surcharge de travail : effectivement, il n’est pas simple de concilier YouTube et enseignement ou vie privée. Ça prend du temps et ce n’est pas donné à tous.
  • Identité numérique des élèves : il faut s’assurer de la respecter en tout temps.
  • Critique : on s’expose effectivement à la critique.
  • Éthique professionnelle : vente de matériel pédagogique, contenu sponsorisé, liberté d’expression.
  • Décrochage enseignant (quand ça marche trop bien, tenter de décrocher?)

En terminant, il invite à une réflexion professionnelle avant que les grands « influenceurs » d’opinion des médias traditionnels ne s’en chargent! D’ailleurs, il se donne lui-même le défi de devenir un « influenceur » et d’accompagner les enseignants qui souhaitent aller dans cette voie.

À propos de l'auteur(e)
Ça pourrait être vous!
Chaque histoire positive a le potentiel d'inspirer des centaines de personnes à innover pour améliorer la réussite éducative. L'École branchée est VOTRE média! Profitez de ses pages virtuelles pour mettre en valeur vos réalisations tout en alimentant la veille professionnelle de vos collègues, d'ici et d'ailleurs. Allez-y, proposez un texte! >
NOS ANNONCEURS ET PARTENAIRES :
PROPAGER VIA :
À lire aussi
Gouvernance de l’IA : Québec publie de nouvelles lignes directrices pour les organismes publics

Alors que les projets d’intelligence artificielle se multiplient dans l’administration publique, notamment en éducation, le gouvernement du Québec a précisé en décembre le cadre de gouvernance devant encadrer leur déploiement. Deux nouveaux documents publiés par le ministère de la Cybersécurité et du Numérique viennent baliser l’utilisation de l’IA — dont l’IA générative — afin d’en assurer un usage responsable, transparent et sécuritaire, tout en permettant la reprise encadrée des assistants virtuels au sein des organismes publics.

Lire la suite
Littératie en intelligence artificielle : apprendre, comprendre et agir dès le plus jeune âge

Apprendre l’IA, c’est comme apprendre à nager : on ne peut pas le faire en restant sur le bord de la piscine. C’est avec cette image parlante que la professeure franco-albertaine Martine Pellerin a invité les participants du Symposium Élève Exposant IA à plonger dans la littératie en intelligence artificielle. Pour elle, enseignants et élèves doivent apprendre ensemble, en explorant et en manipulant les outils, tout en développant leur pensée critique et leur sens éthique. Une approche « main à la pâte » qui redonne à l’éducation un rôle essentiel : comprendre avant d’utiliser.

Lire la suite
Naviguer l’IA en éducation : la volonté d’apprendre vs la forte tentation de déléguer l’effort

L’IA s’est invitée dans les classes comme une « magnifique perturbation » : parfois alliée, parfois raccourci tentant pour éviter l’effort. Pour la professeure Margarida Romero, l’essentiel n’est pas de trancher pour ou contre l’outil, mais de comprendre que son impact dépend avant tout de la volonté d’apprendre de l’élève. Cet article fait état du cadre simple et pratique qu’elle propose pour aider les enseignants à transformer l’IA en véritable levier pédagogique : favoriser l’effort, encourager la créativité et accompagner les élèves vers des usages actifs qui développent leur pensée critique et leur agentivité.

Lire la suite
Commentaires, reproduction des textes et usage de l'intelligence artificielle

Pour commenter un article et y ajouter vos idées, nous vous invitons à nous suivre sur les réseaux sociaux. Tous les articles y sont publiés et il est aussi possible de commenter directement sur FacebookX, Instagram, Bluesky ou LinkedIn.

Sauf dans les cas où la licence est expressément indiquée, il n’est pas permis de reproduire les articles de l’École branchée. Toute demande de reproduction doit être adressée directement à l’organisme.

Dans son processus éditorial, notre équipe fait appel à des technologies intégrant l’intelligence artificielle pour améliorer les textes, entre autres par la reformulation de passages, la révision linguistique, la traduction et la synthèse des idées. Tous les textes sont révisés par des humains avant leur publication.

Connectez-vous!