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Les enjeux incontournables de la rentrée 2020

Lorsque les écoles ont fermé temporairement à la mi-mars 2020, la situation sanitaire exceptionnelle nous a forcés à prendre des décisions unilatérales. Près de six mois plus tard, bien que la situation ne se soit pas résorbée, il y a des enjeux incontournables quant au retour à l’école qui s'en vient. Voici quelques-unes des considérations exprimées par notre collaborateur Marc-André Girard.

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Lorsque les écoles ont fermé temporairement à la mi-mars 2020, la situation sanitaire exceptionnelle nous a forcés à prendre des décisions unilatérales. Près de six mois plus tard, bien que la situation ne se soit pas résorbée, il y a des enjeux incontournables au retour à l’école, qui s’en vient bien vite. Voici quelques-unes de ces considérations. 

L’éducation, un service essentiel

Je crois fermement que l’éducation est un service essentiel, au Québec comme ailleurs. Pour vous faire une confidence, mon orgueil professionnel a été heurté lorsque les épiceries, stations-services, dépanneurs et certains commerces de détail ont été identifiés comme services « essentiels ». Orgueil mal placé? Probablement! À l’épicerie, la douleur était vive lorsque je me trouvais dans la file de la caisse devant une pancarte peinte à la main : « merci à nos héros ». Sans vouloir diminuer la portée de leur noble travail qui est d’alimenter le Québec et de voir au maintien de l’intégrité de la chaîne d’approvisionnement, l’éducation est un service essentiel. Point.

Sauf que les écoles étaient fermées et nous ne pouvions plus exercer nos fonctions dans un domaine pourtant névralgique pour la société. Ce ne sont pas les héros qui manquent dans les écoles! Les professionnels de l’éducation doivent jouer un rôle tout aussi essentiel. Ce rôle se résume à continuer d’offrir des services scolaires dans un contexte différent et d’une façon tout aussi différente. 

La fréquentation obligatoire

À mon sens, il y a une différence entre l’éducation et l’école. S’il est clair que l’éducation est une activité essentielle pour la société, ses activités peuvent toutefois être menées hors de l’établissement scolaire. L’école n’a pas le monopole de l’éducation. Si la COVID-19 forçait la fermeture des écoles à nouveau, l’éducation des élèves devrait impérativement se poursuivre. 

Cela fait presque 80 ans que la fréquentation scolaire est obligatoire au Québec. Grâce à la multitude d’outils dont nous disposons en 2020, il est désormais possible de fréquenter l’école autrement que sur une chaise dans une classe. Il est évident que la scolarité des élèves, qu’elle soit virtuelle ou présentielle, se doit d’être obligatoire plutôt que facultative. La pandémie a démontré que le réseau de l’éducation n’était pas préparé à un tel événement. La fermeture temporaire des écoles a aussi eu un impact sur l’organisation familiale quotidienne, d’où la nécessité de faire preuve de flexibilité quant à la fréquentation scolaire. Sauf qu’en septembre, nous en serons au sixième mois de la pandémie. Si l’école devait fermer à nouveau, il faudra maintenir la présence obligatoire des élèves aux activités pédagogiques offertes par les écoles. 

Oui, il y a des cas particuliers, des exceptions. Il y aura des élèves qui ne seront pas en mesure de participer aux activités pédagogiques à distance. Cependant, il ne faut pas faire de ces exceptions une norme pour tous. Il revient aux autorités scolaires de voir à ce que les élèves puissent bénéficier des outils nécessaires à l’apprentissage à distance. Elles doivent aussi s’assurer de la collaboration parentale pour l’encadrement des enfants. Ceux qui recevront une exemption de fréquentation scolaire devront faire l’objet d’une approbation ministérielle, tel qu’appliqué dans les cas de sanction des études. Les parents dont les élèves sont dans l’impossibilité de fréquenter virtuellement l’école devraient prouver cette incapacité plutôt de bénéficier d’une règle universelle basée sur une minorité.

Les environnements de travail et les approches pédagogiques

Si l’école est dorénavant considérée comme un service essentiel et que la fréquentation scolaire demeure toujours la norme (peu importe la forme de la fréquentation), il faudra revoir les environnements de travail des enseignants et ceux des apprenants. Le modèle d’aménagement et d’organisation scolaire, même s’il a été malmené par la COVID-19, nous ramène à quelques siècles derrière nous.

Le décalage entre l’école et le milieu du travail est notoire, on le remarque depuis plusieurs années. L’organisation et l’aménagement de l’école détonne du monde du travail, surtout en termes d’utilisation des technologies et de la capacité à collaborer. Et si on appliquait ce fonctionnement aux établissements scolaires? Si on aménageait des espaces de travail flexibles, collaboratifs et décloisonnés, dans lesquels des partenariats avec la communauté sont possibles, voire souhaités? 

Avec un retour à l’école en mode hybride, avec des élèves sur place et d’autres à la maison, optimiser les technologies et les espaces pédagogiques implique non seulement des changements physiques aux établissements actuels, mais également le changement des approches pédagogiques qui permettront de superviser les apprentissages des élèves à distance comme sur le terrain.

La gestion de l’incertitude

La gestion de l’urgence est terminée et, dans un certain sens, celle de l’inconnu et de l’imprévisible! Bien que cette période d’incertitude soit sans précédent, on cherche à savoir si l’école, telle que nous la connaissions avant mars 2020, sera de retour. Notre besoin d’obtenir des réponses dans l’attente des décisions de nos dirigeants traduit notre difficulté à faire le deuil d’un modèle scolaire dépassé, pour lequel nous continuons d’alimenter des espoirs de retour. 

Mais c’est terminé. Cessons d’attendre et travaillons maintenant à repenser nos écoles, nos approches et les services à offrir à notre communauté. L’occasion est là! Faisons évoluer notre système d’éducation en remettant en question les dogmes et les réflexes professionnels qui dictent nos pratiques depuis trop longtemps sans égard aux besoins actuels de nos élèves. 

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