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3 recommandations pour l’usage pédagogique de la programmation informatique au Québec

Le rapport découlant des journées de réflexion sur l’usage pédagogique de la programmation informatique dans les écoles primaires et secondaires au Québec a été publié au début de l'été. Nous vous présentons les trois recommandations principales.

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Au cours de la dernière année, plus de 70 acteurs du milieu scolaire ont participé à quatre demi-journées de réflexion au sujet de l’usage pédagogique de la programmation. Ensemble, ils ont discuté des meilleures pratiques et des conditions gagnantes pour l’intégrer dans les écoles primaires et secondaires du Québec. Leur rapport propose trois recommandations concrètes.

La démarche menant à la tenue de ces quatre demi-journées de réflexion a débuté lorsque Sylvie Barma, professeure titulaire à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval, s’est vu confié le mandat de réfléchir à la question par le ministère de l’Éducation du Québec. Elle a alors choisi de réunir des chercheurs, conseillers pédagogiques, enseignants du primaire et du secondaire, directions d’établissement, membres d’organismes communautaires (dont la directrice de l’École branchée) et représentants du ministère afin de discuter du sujet pour en venir à un constat partagé par le plus grand nombre.

« Considérant les visions divergentes des différents acteurs scolaires quant à l’intégration de la programmation informatique, il est nécessaire de déployer des conditions favorables pour engager un dialogue constructif sur la programmation informatique dans les classes », lit-on dans l’énoncé du mandat.

Le RAPPORT Journées de réflexion sur l’usage pédagogique de la programmation informatique : Constats sur l’intégration de la compétence numérique a été publié en juin dernier.

Une définition commune

Les quelque 70 participants ont d’abord eu à échanger sur ce que représente la programmation informatique pour eux. Ils ont dégagé une définition commune.

« La programmation, c’est le développement de la pensée algorithmique, de la créativité informatique et des compétences numériques des élèves. Elle doit être là pour résoudre des problèmes de façon créative, méthodologique et coopérative. Cela permet aux élèves de rester motivés et d’être valorisés. Pour être efficace, elle doit être au service des apprentissages, elle doit être transversale et concrète. De plus, un changement de posture de la part des enseignants doit avoir lieu. Ils doivent développer une plus grande tolérance au risque et à l’erreur. Les enseignants ont donc besoin de formation continue, de matériel et de collaboration dans leur communauté afin de rendre cette vision de la programmation possible. »

Les travaux

Par la suite, ils ont eu l’occasion d’entendre des chercheurs internationaux au sujet des études menées sur l’intégration de la programmation dans les écoles ailleurs dans le monde, ils ont assisté à des présentations de projets en cours dans les écoles québécoises.

Finalement, ils ont participé à un atelier de type World Café. Cela signifie qu’en équipe, ils devaient formuler des propositions et, à tour de rôle, construire sur les idées énoncées par les autres sur divers thèmes. Sept thèmes ont été discutés : 1) le temps; 2) l’argent; 3) la formation continue et l’accompagnement; 4) l’accès aux ressources; 5) le programme de formation et sa transversalité; 6) la formation initiale et la collaboration chercheurs-praticiens; et 7) l’évaluation des apprentissages. Un exercice de priorisation des propositions a été réalisé à postériori.

La nécessité d’innover

Au terme de la démarche, 3 recommandations ont été formulées par Mme Barma et son équipe. Elles sont introduites comme suit dans le rapport : « Ces recommandations s’inscrivent dans la nécessité que nous avons, en tant qu’acteurs du monde de l’éducation, de mettre de l’avant l’audace, la créativité et l’esprit d’innovation nécessaires dont nous avons besoin pour développer chez nos jeunes une identité numérique forte dans une visée d’émancipation collective. Il ne fait nul doute que l’apprentissage et la pratique de la programmation informatique favorisent le développement de compétences plus larges dans toutes les matières scolaires ainsi que dans les domaines d’apprentissage tels que la résolution de problèmes, la pensée créative et l’esprit critique. »

Il est aussi précisé que : « Apprendre à programmer doit être envisagé dans un ensemble plus large et ne pas se limiter à coder pour coder. Tout au long des journées de réflexion sur l’enseignement de la programmation informatique, un consensus entre les participants (enseignants, chercheurs, conseillers pédagogiques, directions, représentants d’organismes) s’est établi autour de l’importance de tenir compte des aspects éthiques, d’une compréhension plus large des enjeux liés au numérique, des questions sociales et identitaires, de la connaissance de critères pertinents pour la recherche d’informations, tout comme des éléments sous-jacents aux algorithmes de l’IA et aux réseaux sociaux si importants dans la vie des jeunes Québécois. ».

Les 3 recommandations


Ainsi, les 3 recommandations sont les suivantes :

1. Intégrer le développement et l’évaluation de la compétence numérique dans toutes les matières scolaires du Programme de formation de l’école québécoise du préscolaire-primaire jusqu’à la fin du secondaire

Il est recommandé de réexaminer chaque programme et d’y inscrire des exigences formelles pour orienter l’enseignement et l’évaluation de la compétence numérique en :

–   créant une progression des apprentissages (PDA) pour les 12 dimensions de la compétence numérique;

–   mettant en place des projets pilotes dans les écoles primaires et secondaires pour identifier et valider les indicateurs de développement de la compétence numérique et de la programmation informatique;

–   attribuant un pourcentage de 10 % de l’évaluation pour rendre compte de l’intégration de la compétence numérique dans chacune des matières scolaires.

2. Mettre en place et pérenniser des partenariats entre le ministère de l’Éducation, les universités, les organismes et les milieux scolaires.

Cela pourra se traduire par :

–   Forcer le partage des connaissances développées par les organismes qui œuvrent sur le terrain dans le monde du numérique avec le monde de la recherche et ouvrir des canaux de communication avec les instances ministérielles.

–   Documenter les bonnes pratiques et ne pas perdre de vue les changements rapides de la société et leurs impacts sur les jeunes, en allouant une enveloppe budgétaire récurrente (apolitique) pour documenter l’impact du numérique sur les jeunes Québécois du préscolaire à la fin du secondaire.

3. Répondre aux besoins des milieux scolaires quant à l’apprentissage et à l’évaluation de la compétence numérique et reconnaître l’engagement des enseignants.

Cela pourra se décliner ainsi :

–   Soutenir le développement professionnel du personnel enseignant afin qu’il maintienne une attitude d’auto-efficacité quant à la compétence numérique.

–   Reconnaître l’engagement des enseignants lorsqu’ils participent à des projets pilotes ou à toute autre activité sur l’usage pédagogique de la programmation informatique, sous la forme de crédits universitaires ou de temps de dégagement dans leur grille-horaire.

Le rapport complet est disponible en ligne sur le site Web du ministère de l’Éducation du Québec. 

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À propos de l'auteur

Martine Rioux
Martine Rioux
Après des études en communication publique, Martine a été journaliste pour différentes publications, avant de poursuivre sa carrière comme conseillère en communications interactives chez La Capitale, groupe financier, puis chez Québec numérique, organisme dont elle a pris la direction générale avant de faire le saut comme conseillère politique au cabinet du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale. Elle est aujourd'hui rédactrice en chef adjointe et chargée de projets spéciaux à l'École branchée. Son rêve : que chacun ait accès à la technologie et puisse l'utiliser comme outil d’apprentissage et d’ouverture sur le monde.

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