Les logiciels antiplagiat : des outils utiles, mais imparfaits

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Le plagiat a toujours existé, mais l’ère numérique favorise ce comportement, notamment en raison du si pratique « copier-coller ». Les logiciels pour contrer les faussaires sont des outils intéressants, mais qui comportent aussi des limites, selon trois chercheurs qui ont présenté le résultat de leurs travaux lors du colloque du Réseau d’enseignement francophone à distance (REFAD), récemment.

Selon deux études françaises, 97 % des étudiants emploient Internet comme principale source de documentation et 80 % avouent avoir « copié-collé » des informations dans des travaux scolaires sans en citer la source. Les causes les plus souvent évoquées sont la facilité (60 %), le manque de temps (35 %) et « parce que tout le monde le fait » (8 %), notent les chercheurs dans leur rapport rédigé pour le compte de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ). Selon une étude du CEFRIO, 91 % des jeunes Québécois âgés de 12 à 24 ans utilisent un ordinateur pour faire leurs travaux scolaires. Il serait donc étonnant que la province échappe à ce phénomène!

Les deux principaux logiciels antiplagiat à l’échelle mondiale sont Compilatio et Turnitin. Leur prix varie en fonction du nombre de professeurs et d’étudiants ainsi que de l’utilisation, mais la facture peut facilement atteindre 40 000 $ pour une université. Les deux logiciels ont sensiblement le même fonctionnement. Ainsi le professeur (ou l’étudiant) téléverse son texte, le logiciel compare ensuite le contenu à une immense banque de données et produit un rapport. Mais attention, un taux de similitude de 90 % ne garantit pas le plagiat et un taux de 10 % ne garantit pas l’originalité du travail, préviennent les chercheurs. Il faut donc vérifier les détails.

Parmi les avantages, ils mentionnent notamment l’occasion de discuter de la question avec les étudiants et, bien entendu, l’effet dissuasif! Toutefois, ils constatent aussi certaines limites, notamment le fait que la banque de données est principalement constituée de textes publics (excluant le contenu payant) et la possibilité de contourner le logiciel. Chez les enseignants, le fait de se fier au logiciel peut aussi favoriser la persistance de certaines pratiques pédagogiques alors que d’autres moyens d’évaluation pourraient être utilisés.

Pour les chercheurs, il s’agit donc d’une solution qui doit être incluse dans une stratégie plus globale. La lutte contre le plagiat doit, selon eux, s’appuyer sur la sensibilisation, la prévention et la sanction. Il est important de s’y atteler, plaident-ils, afin de protéger la valeur des diplômes et favoriser de réels apprentissages.

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