La collaboration enseignant-orthopédagogue : dépister les retards en début d’année

Comme on se doute bien, le confinement du printemps dernier a eu des conséquences sur l'avancement des apprentissages de certains élèves. Voici une idée de collaboration pour le dépistage et l'établissement de stratégies de rattrapage, à mettre de l'avant dès maintenant!

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Catherine Turcotte, professeure au Département d’éducation et formation spécialisées de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) suggère une collaboration entre enseignants et orthopédagogues qui pourrait se concrétiser assez simplement dans le contexte actuel.

Malgré le fait que les professionnels en milieu scolaire soient déjà débordés, elle rappelle qu’il est important de travailler de pair afin de repérer les élèves qui ont pu accumuler de « petits retards » en raison du confinement printanier.

Voici sa recommandation. Si un enseignant soupçonne ou observe des difficultés particulières chez un élève, il peut valider la situation en lui faisant passer de petits tests de dépistage. « Par exemple, l’enseignant peut préparer des tests de lecture avec des exercices de compréhension de l’écrit, ou faire rédiger de courts textes pour déceler des lacunes spécifiques en respectant le niveau où l’élève devrait être », indique-t-elle.

Avec les résultats en main, l’enseignant va ensuite consulter l’orthopédagogue de l’école pour que celui-ci l’oriente sur les actions à prendre rapidement. Des activités très ciblées pourront être proposées à l’élève, sans qu’il y ait nécessairement de consultation officielle. Dans le contexte où les listes tendent à s’allonger pour consulter un spécialiste, cette collaboration devient essentielle. En effet, elle pourrait permettre à certains élèves de rattraper les « petits retards » et éviter que ceux-ci ne s’aggravent. 

« Si le même type de difficultés est décelé chez plusieurs élèves, pourquoi ne pas organiser quelques séances de récupération en petits groupes? Cela pourrait être pendant l’heure du dîner ou après la classe lorsque c’est possible », propose-t-elle.

Mme Turcotte est convaincue que, pour les élèves qui n’ont pas de troubles d’apprentissage, mais qui ont simplement un rattrapage à faire en raison du contexte, cette façon de faire pourra leur donner un solide coup de main.

Sans trop de pression

Isabelle Gadbois, présidente de l’Association des orthopédagogues du Québec, accueille très favorablement la proposition de Mme Turcotte. « La collaboration entre enseignants et orthopédagogues est encore plus déterminante en ce moment. »

Elle ajoute que les enseignants des niveaux précédents, qui ont côtoyé les élèves l’année dernière, peuvent aussi devenir de bons alliés pour valider certaines observations. Certaines difficultés étaient-elles déjà présentes? Est-ce que de nouvelles se sont ajoutées ou même résorbées?

Sans minimiser la nécessité pour certains élèves de faire du rattrapage, la présidente tient cependant à rappeler aux professionnels de ne pas se mettre trop de pression avec le dépistage . « Il faut toujours se demander : « en retard par rapport à quoi? ». Le programme de l’école québécoise est un continuum d’apprentissage, il y a une façon de réorganiser les contenus pour s’assurer que les élèves puissent arriver à la fin de l’année avec le même bagage d’apprentissage ».

Madame Gadbois utilise d’ailleurs une métaphore pour illustrer son propos : « Si vous avez été malade cette semaine et que n’avez pas mangé, allez-vous manger 21 repas samedi? Bien sûr que non! Vous allez recommencer à vous nourrir progressivement pour refaire le plein de nutriments. Cela devrait être exactement la même chose avec l’apprentissage scolaire. »

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À propos de l'auteur

Martine Rioux
Après des études en communication publique, Martine a été journaliste pour différentes publications, avant de poursuivre sa carrière comme conseillère en communications interactives chez La Capitale, groupe financier, puis chez Québec numérique, organisme dont elle a pris la direction générale avant de faire le saut comme conseillère politique au cabinet du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale. Elle est aujourd'hui rédactrice en chef adjointe et chargée de projets spéciaux à l'École branchée. Son rêve : que chacun ait accès à la technologie et puisse l'utiliser comme outil d’apprentissage et d’ouverture sur le monde.

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