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De quelle façon l’intelligence artificielle peut-elle soutenir l’éducation?

À première vue, il est facile de penser que l’intelligence artificielle (IA) est bien loin du secteur de l’éducation. Pourtant, celle-ci est déjà utilisée dans des projets bien concrets, comme la prédiction du risque de décrochage des élèves. Elle pourrait aussi contribuer à réduire la charge cognitive du personnel du milieu scolaire. 

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À première vue, il est facile de penser que l’intelligence artificielle (IA) est bien loin du secteur de l’éducation. Pourtant, celle-ci est déjà utilisée dans des projets bien concrets, comme la prédiction du risque de décrochage des élèves. Elle pourrait aussi contribuer à réduire la charge cognitive du personnel du milieu scolaire. 

« Comme l’IA en est à ses débuts, il appartient au personnel scolaire de s’intéresser à ses possibilités et de se les approprier afin de les orienter vers les besoins du milieu. Elle viendra ainsi s’insérer dans ce qui se fait déjà », ont soutenu Simon Bouchard et Carolanne Tremblay de l’entreprise Optania, spécialisée en intelligence artificielle et technologies éducatives. Ils offraient une conférence à l’occasion de la Semaine de la FAD, organisée par FADIO.

Tout au long de leur présentation, ils ont vulgarisé le potentiel de l’IA pour le secteur de l’éducation, tout en rassurant les participants. « L’IA ne viendra jamais remplacer le cerveau d’un intervenant scolaire, son jugement ou son expérience professionnelle. Même si le logiciel fait une première analyse, la prise de décision et l’analyse des résultats sera et devra toujours être faite par les humains. Ceux-ci possèdent des données qualitatives essentielles que la machine ne peut interpréter. Par contre, l’IA peut être utilisée comme un outil d’aide à la décision. Elle apporte des informations quantitatives qui peuvent guider cette dernière ».

Par exemple, à partir de l’analyse de données factuelles comme l’âge, les résultats scolaires antérieurs et le lieu de résidence, un algorithme pourrait prévoir si un élève est plus à risque d’échec ou de décrochage scolaire. « Loin de stigmatiser des élèves, cela peut permettre d’intervenir de façon plus précoce ou soutenue. À ce moment, l’intervenant pourra se donner comme mandat de réussir à faire mentir la prédiction de l’IA par son accompagnement », affirment les deux conférenciers.

Le Cégep de Chicoutimi utilise déjà un outil nommé ISA pour identifier des étudiants en difficulté. Auparavant, la détection se faisait vers la mi-session et demandait beaucoup de travail d’analyse de la part des équipes. Avec l’utilisation d’ISA, le travail est effectué par la machine en quelques secondes seulement. De plus, il peut être réalisé dès la rentrée scolaire, à partir des informations dont disposent l’établissement d’enseignement, ce qui permet aux intervenants de concentrer immédiatement leur effort sur des activités de prévention et d’accompagnement. « Ils ont l’opportunité de faire en sorte qu’une situation arrive… ou dégénère! »

D’autres projets jumelant éducation et IA ont permis le développement de plateformes d’apprentissage personnalisé, qui peuvent prendre la forme d’exerciseurs qui adaptent les questions posées à l’utilisateur en fonction de ses réponses précédentes, et de robots conversationnels, qui peuvent donner des réponses de première ligne aux questions des élèves. Dans ce dernier cas, le robot Ali, qui prend la forme d’une application mobile, est aussi utilisé au Cégep de Chicoutimi. Il accompagne les étudiants dans leur intégration lors de la première session et peut les suivre tout au long de leurs études collégiales. Au final, Ali peut même guider les étudiants vers des intervenants du Cégep.

L’importance des données

Évidemment, impossible de parler d’IA sans parler de collecte et d’utilisation des données. « Ce qui soutient l’IA, ce sont les données. Meilleures seront les données, meilleur sera le travail accompli par l’IA. »

C’est ainsi que l’éthique n’est jamais très loin de l’IA. Les données utilisées sont-elles sensibles? Sont-elles réellement représentatives d’une population? Dans quel contexte ont-elles été recueillies? Seront-elles bien anonymisées? La personne a-t-elle donné son consentement à leur utilisation? Ce sont toutes des questions à se poser et qui doivent faire partie de chaque projet d’IA, peu importe le secteur d’affaires. Et voilà pourquoi les acteurs du milieu de l’éducation ont tout avantage à s’intéresser au développement de l’IA : ils pourront influencer les choix éthiques qui seront faits en matière de données pour qu’ils correspondent le plus possible à leurs valeurs.

En conclusion, Simon Bouchard et Carolanne Tremblay sont convaincus que l’IA, puisqu’elle pourra libérer le personnel scolaire de la réalisation de tâches répétitives et d’analyses complexes, pourra également lui « redonner du temps afin qu’il puisse revenir à l’essentiel : construire des relations bienveillantes avec les apprenants ».

Il est possible d’écouter l’intégralité de la conférence

En complément : 


Dimension(s) de la compétence numérique en lien avec cet article
2- Développer et mobiliser ses habiletés technologiques
11- Développer sa pensée critique envers le numérique

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À propos de l'auteur

Martine Rioux
Martine Rioux
Après des études en communication publique, Martine a été journaliste pour différentes publications, avant de poursuivre sa carrière comme conseillère en communications interactives chez La Capitale, groupe financier, puis chez Québec numérique, organisme dont elle a pris la direction générale avant de faire le saut comme conseillère politique au cabinet du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale. Elle est aujourd'hui rédactrice en chef adjointe et chargée de projets spéciaux à l'École branchée. Son rêve : que chacun ait accès à la technologie et puisse l'utiliser comme outil d’apprentissage et d’ouverture sur le monde.

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