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La tolérance à l’ambiguïté : un facteur clé pour favoriser la créativité

À l’occasion du colloque #Clair2018, nous avons rencontré Margarida Romero, directrice du Laboratoire d’Innovation et de Numérique pour l’Éducation (LINE), qui a prononcé la conférence d’ouverture sur le thème de la co-créativité et du numérique.
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À l’occasion du colloque #Clair2018, nous avons rencontré Margarida Romero, directrice du Laboratoire d’Innovation et de Numérique pour l’Éducation (LINE), qui a prononcé la conférence d’ouverture sur le thème de la co-créativité et du numérique.

Du 25 au 27 janvier, L’École branchée était à Clair au Nouveau-Brunswick. C’est dans cette petite école au grand coeur, le Centre d’apprentissage du Haut-Madawaska (CAHM) que se tient le colloque annuel CLAIR – Voir l’éducation autrement. Plus de 325 personnes s’y sont réunies, en plus des presque 200 élèves.

Margarida effectue ses recherches sur la co-création numérique et vise le développement des compétences du 21e siècle par le biais de la programmation créative (FRQSC #CoCreaTIC), la robotique pédagogique et l’apprentissage par la construction physico-numérique de maquettes (#SmartCityMaker #CréeTaVille).

Au coeur de son passage au CAHM, elle a reconnu les facteurs qui favorisent la co-créativité tels que que la tolérance à l’ambiguïté et à l’erreur au cours des défis techno-créatifs. À son avis, la démarche de co-créativité est vraiment bien intégrée au CAHM. L’ambiance de travail et les espaces créatifs sont des éléments qui peuvent faciliter le déroulement de projets créatifs. Ces espaces permettent aux jeunes, comme dans le cas du labo créatif du CAHM, de conserver un travail tant qu’il n’est pas terminé. Rappelons que le temps est un facteur qui favorise la créativité dans des activités de type projet d’une certaine complexité. Il y a dans l’air de cette école un vent de liberté, de respect mutuel et de confiance dans les capacités des autres, qui permet de développer un sentiment d’auto-efficacité, tant individuellement que collectivement. C’est un environnement qui permet de pousser des idées au-delà de ce qu’on pourrait obtenir en guidant de façon très directive.

La course aux nouveautés technologiques? Fini!

Comme plusieurs, Margarida a déjà vécu la course aux nouveautés technologiques. Cette course la poussait à essayer tout ce qui arrivait sur le marché pour pouvoir bien l’enseigner. Le stress était présent. Puis, elle a passé beaucoup de temps dans les écoles à observer des enseignants qui semblaient plutôt calmes et confiants dans un contexte de découverte numérique. Elle s’est intéressée à ce qu’ils mettent en oeuvre pour demeurer à l’aise et confiants même sans connaître la technologie. Ce qu’elle a découvert, c’est qu’ils se donnaient la chance d’apprendre et de découvrir le numérique avec leurs élèves. Ils étaient plutôt orientés sur la démarche d’accompagnement autour de la découverte que sur la technologie comme tel. C’est cette capacité de découvrir le numérique avec les élèves qui leur permettait de ne pas être dans un stress constant en essayant de sur-préparer ou  de tout contrôler. Finalement, ils faisaient tout avec leurs élèves.

(Les enseignants qui sont plus à l’aise sont) plutôt orientés sur la démarche d’accompagnement autour de la découverte que sur la technologie comme tel.

Donner moins de consignes pour surpasser les attentes

Pour Margarida Romero, chacun de nous possède un potentiel créatif. L’un des facteurs de succès de son développement est, estime-t-elle, la tolérance à l’ambiguïté. Elle l’a constaté au travers du projet de création de maquettes de villes intelligentes #SmartCityMaker (« Crée ta ville »). À titre d’exemple, en donnant des consignes très précises et en présentant un exemple de maison avant de demander aux élèves d’en réaliser une à leur tour, son équipe de recherche a constaté que le produit final était chaque fois très similaire à ce qui avait été présenté. Par contre, en demandant aux élèves de réaliser une maquette de maison sans ajouter de consignes très précises, l’équipe a vu l’inconfort de certains élèves et enseignants qui sont moins tolérants à l’ambiguïté. Cependant, c’est dans ce contexte que les productions finales ont surpassé les attentes qu’ils pouvaient avoir.

En résumé, elle croit fermement que créer un contexte qui favorise la tolérance à l’ambiguïté et à l’erreur permet de libérer le potentiel créatif de chacun. On vous invite à écouter l’entrevue!

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