Que restera-t-il de l’apprentissage en ligne?

Des élèves et étudiants ont eu l’occasion de s’exprimer sur leur expérience d’apprentissage en ligne au cours de la dernière année lors d’un panel de discussion présenté récemment par le REFAD. Parmi les panélistes, de futurs enseignants ont témoigné de certains apprentissages qui guideront leur manière d’aborder leur carrière.

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Des élèves et étudiants ont eu l’occasion de s’exprimer sur leur expérience d’apprentissage en ligne au cours de la dernière année lors d’un panel de discussion présenté récemment par le Réseau d’enseignement francophone à distance (REFAD). Parmi les panélistes, de futurs enseignants ont témoigné de certains apprentissages qui guideront leur manière d’aborder leur carrière.

C’est sous le thème « Passage forcé à l’apprentissage en ligne, la perspective étudiante » que s’est déroulée la discussion. Bien sûr, l’enseignement à distance a représenté des défis (maîtrise des outils numériques, motivation et concentration nécessaire à l’apprentissage, etc.) et des avantages (moins de déplacement, écouter un cours enregistré au moment de son choix, etc.). Nous avons choisi de vous présenter davantage les commentaires en lien avec les méthodes pédagogiques et l’évaluation.

Pour Alain Lavoie, étudiant en éducation et vice-président académique à la Fédération des étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton au Nouveau-Brunswick, la situation s’est avérée difficile, car les vraies bonnes conversations que l’on peut avoir en présence n’étaient plus au rendez-vous. Par contre, il a vraiment apprécié le fait de pouvoir « sortir du contexte d’évaluation traditionnel ». 

« Le contexte a forcé les professeurs à aborder l’évaluation autrement. J’ai adoré avoir mes notes de cours avec moi lors des examens. J’ai eu l’occasion de démontrer ma compréhension de la matière plutôt que de seulement déverser du contenu par cœur sur l’écran ou une feuille », a-t-il dit, ajoutant qu’il ferait de même avec ses futurs élèves.

Même son de cloche du côté de Zoic Jolin-Couture, étudiant à la maîtrise en Sciences politiques et conseiller politique au Regroupement étudiant de maîtrise, diplôme et doctorat à l’Université de Sherbrooke. « Comprendre plutôt que savoir, voilà ce à quoi devraient ressembler les évaluations à distance (et même en classe). Par contre, ce ne sont pas tous les professeurs qui sont prêts à changer leur façon d’évaluer. »

Il a même observé des professeurs qui voulaient « trop » évaluer et qui donnaient une note à tout ce que les étudiants produisaient, chaque intervention dans un forum de discussion par exemple. « Cela peut avoir eu pour effet d’augmenter leur charge de travail et leur laisser croire que l’évaluation à distance, c’est plus de travail », fait-il remarquer.

D’ailleurs, les panélistes se sont questionnés sur la pertinence de tenir des examens à distance à caméra et micro ouverts. « Est-ce que cela ne cause pas un stress supplémentaire chez les élèves? Est-ce que cette méthode permet vraiment de savoir si quelqu’un triche ou non? »

Apprendre à son rythme

Les panélistes ont fait remarquer que l’enseignement à distance leur avait permis d’apprendre à leur rythme. « La formation à distance a ses avantages. Elle respecte davantage le rythme d’apprentissage de chacun. Lorsque les séances étaient enregistrées, nous pouvions les écouter, arrêter, réécouter certains passages puis poursuivre. En classe, ce n’est pas possible de faire cela », indique Alain.

Il dit avoir eu accès, grâce au contexte pandémique, à des cours offerts dans d’autres universités canadiennes, ce qui lui a permis d’élargir ses horizons. De même, il a observé que certains étudiants qui s’exprimaient rarement en classe étaient plus enclins à le faire en ligne. « La dynamique de groupe a changé. L’enseignement à distance a donné une nouvelle voix aux étudiants. »

« De mon expérience de cours en ligne, ce que j’ai le plus apprécié, c’est la pédagogie de classe inversée. Les professeurs nous proposaient des lectures, des visionnements de capsules vidéo et autres ressources à consulter. Ensuite, lors des séances de cours, les étudiants pouvaient en discuter en sous-groupes », fait valoir Valentine Kropf, étudiante de maîtrise en Technologie éducative à l’Université Laval.

Zoic a également apprécié le fait de pouvoir progresser à son propre rythme. « Des professeurs nous donnaient un plan de cours et nous laissaient avancer de façon autonome. Cela amène à se discipliner. » Par contre, il a tenu à préciser que les enseignants et professeurs doivent être disponibles pour pouvoir interagir avec leurs élèves et étudiants en cas de besoin. « Ils doivent être présents. »

Brunette Lafleur, étudiante en Sciences infirmières et directrice de l’Association générale des étudiants et étudiantes au Collège Boréal, en Ontario, a indiqué que les enseignants avaient bien compris l’importance de maintenir un lien fort avec leurs élèves. Cependant, elle ajoute que « certains ont peut-être négligé de trouver des façons de permettre aux élèves de tisser des liens entre eux. Il ne faut pas prendre pour acquis que ces liens existent. »

Avoir les bons outils

Au cours de la dernière année, Valentine a vécu les deux côtés de la médaille : elle a été étudiante et enseignante. « Oui, les interactions sont différentes en ligne, mais avec les bons outils pédagogiques, on peut enseigner de façon aussi efficace autant en présentiel qu’à distance », croit-elle. 

Elle ajoute : « Enseigner, c’est amener les jeunes à chercher et trouver de l’information. Il faut les guider là-dedans. Par contre, il ne faut pas oublier que les enseignants doivent être accompagnés pour pouvoir utiliser les technologies ».

La mot de la fin revient à Alain : « La technologie n’est pas le problème ou la solution. Cela prend une volonté de l’intégrer à des fins pédagogiques. J’ai vu des méthodes d’enseignement que j’ai aimées et d’autres que j’ai questionnées, cela va me permettre d’adapter mon futur enseignement »

​​Pour ceux qui n’ont pas pu assister à la rencontre ou si vous souhaitez entendre de nouveau la discussion, l’enregistrement du panel est disponible en ligne.

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À propos de l'auteur

Martine Rioux
Après des études en communication publique, Martine a été journaliste pour différentes publications, avant de poursuivre sa carrière comme conseillère en communications interactives chez La Capitale, groupe financier, puis chez Québec numérique, organisme dont elle a pris la direction générale avant de faire le saut comme conseillère politique au cabinet du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale. Elle est aujourd'hui rédactrice en chef adjointe et chargée de projets spéciaux à l'École branchée. Son rêve : que chacun ait accès à la technologie et puisse l'utiliser comme outil d’apprentissage et d’ouverture sur le monde.

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