L’éducation, rempart contre le populisme?

Quel rôle peut jouer l’éducation face aux problèmes liés à la montée du populisme dans la société, dans ses différentes déclinaisons et manifestations? Retour sur des discussions sur le sujet à l'occasion du congrès de l'ACFAS.

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À l’occasion du dernier congrès de l’ACFAS qui s’est tenu en ligne au début du mois de mai, le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) a organisé un colloque d’une journée sur le thème « L’éducation, rempart contre le populisme? ». Les échanges ont pris la forme de quatre panels au sujet de la démocratie, de l’environnement, des médias et de l’inclusion. 

Par la tenue de ce colloque, le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) souhaitait d’abord « créer un espace de réflexion autour du rôle que peut jouer l’éducation face aux problèmes liés à la montée du populisme dans la société, dans leurs différentes déclinaisons et manifestations ». Le Conseil avait également comme objectif d’alimenter ses réflexions sur les besoins en éducation.

Cette discussion devenait nécessaire en raison du contexte actuel où plusieurs paradoxes cohabitent. D’un côté, le niveau général de scolarité atteint des sommets dans le monde, la technologie et les sciences se développent à un rythme effréné, les moyens de communication se multiplient et n’ont plus de frontière. De l’autre, les discours anti-intellectuels et anti-scientifiques sont légions, la prolifération des fausses nouvelles devient un véritable problème démocratique, une crise de confiance envers les médias et même les institutions prend forme.

« Dans ce contexte, quel rôle doivent jouer l’éducation obligatoire, l’enseignement supérieur et la formation continue? Comment devons-nous préparer les citoyens, ainsi que les futurs citoyens, à affronter les problèmes auxquels ils devront faire face au cours du 21e siècle? », se demandait le Conseil.

Populisme négatif

Notons que le terme « populisme » n’a pas toujours eu la connotation négative qu’on lui connaît aujourd’hui. Historiquement, il faisait plutôt référence à la façon de dépeindre la vie des gens du peuple. Il faisait aussi référence aux discours politiques s’adressant spécifiquement aux citoyens des classes populaires.

Fondé sur la critique des systèmes établis et de leurs représentants, l’expression a pris des allures opportunistes et démagogiques au fil du temps alors que des groupes l’ont récupérée à des fins politiques. « Au lieu de chercher à comprendre les systèmes, à les critiquer de manière constructive, le mouvement populiste d’aujourd’hui vise à les vaincre », a résumé Mathieu Gagnon de l’Université de Sherbrooke.

Pour Guy Laforest, directeur général de l’École nationale d’administration publique (ENAP), qui a animé une partie des discussions, « ce n’est pas parce qu’on fait plus d’éducation à la citoyenneté dans les écoles qu’il n’y aura plus de populisme au sens où on l’entend aujourd’hui. En plus d’éduquer, il faut essayer de comprendre pourquoi ce mouvement existe ». Il a rappelé qu’il faudra être patient pour construire petit à petit une conception plus positive du populisme et rétablir la confiance envers les institutions démocratiques.

Les médias aussi

Par ailleurs, il n’y a pas que l’école qui peut jouer un rôle comme « rempart contre le populisme ». Johanne Lapierre, la rédactrice en chef de RAD, le laboratoire de nouvelles de Radio-Canada, a témoigné de différentes stratégies que son organisation met en œuvre afin de rejoindre les jeunes (principalement les 18-25 ans) qui ont délaissé les médias traditionnels et n’écoutent pas les bulletins de nouvelles à la télévision.

Ainsi, RAD explore la publication de nouvelles sur Instagram, sous forme de tuile à défiler. L’équipe produit aussi de plus en plus de courtes vidéos qu’elle diffuse dans les « reels » des médias sociaux (NDLR : Il n’existe pas encore de terme officiel en français pour ce type de contenu). « Nous décortiquons l’information et présentons le contenu de façon à ce qu’il suscite la curiosité. Nous ne faisons pas dans le superficiel. Nous traitons de sujets parfois complexes », dit-elle. Le but est de rejoindre les jeunes sur les plateformes qu’ils utilisent et leur fournir une information crédible et de qualité.

L’École branchée a assisté aux échanges portant sur l’éducation aux médias et l’éducation à la démocratie à l’occasion du dernier congrès de l’ACFAS. Nous vous présentons quelques points de vue dans les prochains textes.

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À propos de l'auteur

Martine Rioux
Après des études en communication publique, Martine a été journaliste pour différentes publications, avant de poursuivre sa carrière comme conseillère en communications interactives chez La Capitale, groupe financier, puis chez Québec numérique, organisme dont elle a pris la direction générale avant de faire le saut comme conseillère politique au cabinet du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale. Elle est aujourd'hui rédactrice en chef adjointe et chargée de projets spéciaux à l'École branchée. Son rêve : que chacun ait accès à la technologie et puisse l'utiliser comme outil d’apprentissage et d’ouverture sur le monde.

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