Faire rayonner les pratiques gagnantes de son milieu

Il y a quelques semaines, j’ai reçu un courriel de la part d’une enseignante qui tenait à me partager les réalisations de ses élèves. Ceux-ci avaient réalisé des capsules vidéo à partir d’un projet que je faisais en classe il y a quelques années. J’avais présenté ce projet dans un colloque et cette enseignante l’a non seulement utilisé, elle l’a même modifié, voire bonifié, avec ses élèves. Quelle fierté que de voir cette situation d’apprentissage, que j’ai tant aimé faire avec mes propres élèves, être utilisée ailleurs et continuer de vivre!

Par Alexandra Coutlee,
Conseillère pédagogique en intégration du numérique
Fondatrice d’Espaceprof

L’importance de partager

J’aime partager et je le fais de différentes façons. Je participe à des colloques, je publie sur les réseaux sociaux et dans des groupes de discussion. Il m’arrive de partager des réussites et des projets d’élèves sur un blogue ou même sur le site de ma commission scolaire. Pourtant, lorsque j’en parle autour de moi, avec des amis enseignants, ceux-ci me disent être gênés de partager leurs bons coups et leurs projets. Ils ne veulent pas « se vanter », disent que ce qu’ils font n’est peut-être pas si bien que ça, après tout…

Pour ma part, je ne vois pas du tout le partage de bons coups, de réussites, de projets, d’essais (et même d’erreurs) comme de la vantardise. Il s’agit plutôt de faire rayonner, de valoriser notre travail et d’en être fier. Partager ses réussites et ses explorations pédagogiques, c’est aussi une façon de s’entraider. Notre projet ou notre expérimentation en classe donnera peut-être une idée à un collègue à l’autre bout de la province. Ce sera peut-être le petit coup de pouce qui manquait pour donner le courage à un autre de se lancer dans un projet similaire. Partager ses bons coups, c’est devenir un agent multiplicateur bien au-delà des murs de sa propre école. 

Partager, c’est réseauter et s’entraider!

Partager ses bons coups et ses réflexions pédagogiques permet de se mettre en réseau. Les collègues posent des questions, nous proposent un document qu’ils ont utilisé dans un projet similaire et nous aident à bonifier et à enrichir notre propre pédagogie. C’est aussi une belle fierté pour notre milieu. Mes élèves avaient toujours les yeux bien brillants quand ils voyaient passer un article dans les coups de cœur de ma commission scolaire et disaient fièrement : « C’est dans notre classe, ça! » Les parents étaient aussi heureux de voir les réalisations faites en classe et un sentiment de fierté envers NOTRE école se développait grâce à ces partages.

Des trucs pour favoriser une culture de partage

  • Utiliser la charte de l’ananas dans notre école (voir l’article de l’École branchée pour savoir comment s’y prendre)
  • Utiliser un compte Twitter (ou tout autre réseau social) et utiliser des mots-clés (par exemple: #eduprof #éducation #EduQc) dans notre publication. Pourquoi ne pas également créer un « hashtag » propre à son école?
  • Démarrer un site Web classe ou école pour partager nos réalisations. Par exemple, à l’aide d’un Google Site, on peut y ajouter photos, vidéos et témoignages! On invite ensuite nos collègues à y collaborer et à y ajouter leurs propres réussites pédagogiques!
  • Offrir un atelier lors d’un colloque comme le Sommet du numérique, l’AQUOPS ou encore lors d’un Edcamp.

Il faut arrêter d’avoir peur de vanter notre travail en éducation. Il faut, au contraire, vanter notre créativité pédagogique, nos projets, nos réussites et nos apprentissages. On parle souvent de valorisation de la profession enseignante… eh bien, quelle belle façon de la valoriser que d’utiliser les réseaux sociaux, les blogues, les courriels et tout autre moyen de communication pour diffuser nos bons coups!

Alors, allez-y, vantez-vous! On fait de belles choses en éducation au Québec et on se doit de les faire rayonner!


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