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À quoi ressemble l’identité numérique des jeunes Québécois?

Certains croient que, dès leur naissance, tous les milléniaux auraient troqué leur sucette pour un téléphone intelligent. Et pourtant, les natifs du XXIe siècle ne sont pas nécessairement tous égaux en matière de numérique. Une sociologue s’est penchée sur la question et a présenté ses constats à l’occasion de l’événement MTL Connecte 2021.

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Certains croient que, dès leur naissance, tous les milléniaux auraient troqué leur sucette pour un téléphone intelligent. Et pourtant, les natifs du XXIe siècle ne sont pas nécessairement tous égaux en matière de numérique. Une sociologue s’est penchée sur la question et a présenté ses constats à l’occasion de l’événement MTL Connecte 2021.

Amina Yagoubi est gestionnaire de projets en innovation – société et culture au sein de AKY Conseils. Mme Yagoubi est aussi sociologue. Avec la Chaire de recherche du Canada sur les enjeux socioculturels du numérique en éducation de l’UQAM, elle a réalisé l’étude Cultures et inégalités numériques : usages numériques des jeunes au Québec. Celle-ci a  été complétée dans le cadre du projet Jeunesse Qc 2030, soutenu par le Secrétariat à la jeunesse (SEJ) du gouvernement du Québec.

L’étude a permis de démontrer que les jeunes Québécois ne sont pas tous égaux devant un écran numérique. Ils ne sont pas les seuls : c’est le cas aussi d’autres jeunes à travers le monde.

Dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), par exemple, les parcours professionnels des garçons et des filles divergent vers 15 ans. D’après les chiffres donnés par la sociologue, ce sont 23 % des diplômés des pays de l’OCDE qui choisissent les sciences naturelles, l’ingénierie et les technologies de l’information et des communications (TIC). Une grande majorité d’entre eux sont des garçons.

Des usages liés au divertissement

Selon Amina Yagoubi, 80 % des jeunes Québécois utiliseraient le Web pour se divertir. Chez les garçons, divertissement rimerait avec jeux vidéo. Ils seraient en effet 70 % à jouer. Les filles, elles, seraient plus éclectiques dans leurs choix et plus nombreuses sur les réseaux sociaux. 

Cependant, ce n’est pas parce qu’on aime jouer aux jeux vidéo ou publier sur Instagram qu’on sait automatiquement comment fonctionne le numérique. Si on voulait dresser un portrait global et réaliste de l’adolescent québécois devant l’écran numérique, d’après la conférencière, il faudrait souligner qu’il possède en réalité peu de compétences numériques, qu’il a une faible culture informationnelle, que son esprit critique n’est pas très développé et qu’il est vulnérable face aux arnaques. Un portrait qui n’est pas très reluisant.

L’influence familiale

Si les filles ont des usages plus diversifiés du numérique, c’est qu’elles sont davantage influencées par leur milieu familial que ne le sont les garçons. Ce faisant, elles augmentent leurs compétences transversales, comme la créativité, et développent de nouveaux champs d’intérêt.

En tant qu’enseignant, il importe de lutter contre les stéréotypes, et ils sont encore nombreux dans l’univers numérique. Il faut aussi être conscient que tous les élèves ne sont pas égaux devant un écran numérique et éviter de prendre pour acquis qu’ils en savent tout. Ainsi, ce qu’on nomme la fracture numérique serait peut-être plus facile à cicatriser. 

Comme l’a rappelé Amina Yagoubi, « dans un contexte de transformation numérique, il faut être vigilant face aux fossés qui peuvent se creuser et qui risqueraient d’exclure une partie de la population du développement futur, social, économique et culturel de notre société ».

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