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Le président de l’Association canadienne d'éducation note 3 facteurs qui font obstacle au changement en éducation : vieillissement, structure et mentalité.
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Le président de l’Association canadienne d’éducation, M. Ron Canuel, identifie 3 facteurs qui feraient obstacle au changement en éducation : vieillissement, structure et mentalité.

Ron Canuel est président directeur général de l’Association canadienne d’éducation (ACE). Dans sa conférence lors du dernier Sommet de l’iPad et du numérique en éducation, il a décrit partiellement sa vision pancanadienne : « Les TIC en éducation : le virage qui dure plus de 35 ans! ». Il a d’ailleurs fait la démonstration de son point en montrant intégralement, à l’insu des gens dans l’assistance, les diapositives d’une conférence présentée il y a 35 ans. Le changement en éducation existe, estime-t-il, mais il se produit à un rythme très, très lent!

Il a d’ailleurs fait la démonstration de son point en montrant intégralement, à l’insu des gens dans l’assistance, les diapositives d’une conférence présentée il y a 35 ans.

Alors, qu’est-ce qui fait obstacle au changement?

En premier lieu, Ron Canuel associe une partie des causes de ce phénomène au vieillissement de la population canadienne. La génération baby-boomers atteint progressivement l’âge de la retraite et formera sous peu la majorité de la population du pays. Même si plusieurs d’entre eux sont de dévoués « papis » et « mamies », l’éducation n’est pas leur principal intérêt. Ils vieillissent et désirent qu’on prenne soin de leur santé. Ils sont retraités. Aussi, ils veulent de belles routes pour voyager confortablement avec leurs véhicules récréatifs pendant leurs dernières années de vie active. Et ce sont eux qui votent aux élections, rappelle M. Canuel.

Il identifie deux autres causes qui font obstacle aux changements en éducation : la structure de nos systèmes et la mentalité des personnels.

 

La structure de nos systèmes d’éducation

Le système scolaire public est encore fortement marqué par le taylorisme. Friedrich Winslow Taylor, un ingénieur américain, a fait à la fin du 19e siècle la promotion de l’organisation scientifique du travail au sein des entreprises dans le but d’en augmenter la rentabilité.

Certains intellectuels ont adopté cette approche de gestion des populations. On l’a aussi instaurée dans les écoles où il fallait d’une part intégrer le flot d’enfants d’immigrants à la culture de leur nouveau pays, et d’autre part les préparer à leur rôle de travailleur dans les nombreuses usines qui ont fait la richesse des État-Unis.

Mettre les enfants sur des lignes de production, c’est ainsi qu’est né le système scolaire qui prévaut encore de nos jours : élèves en rangs d’oignons, cloches pour marquer l’entrée au travail et les moments de pause, élèves sous la domination d’un « maître », sorte de « superviseur » dont l’évaluation permet l’avancement du travailleur, etc. Or, plusieurs études et observations démontrent que l’aménagement de la salle de classe fait une énorme différence dans les apprentissages des élèves.

 

La mentalité des personnels

Dans l’ensemble du Canada, quantité d’enseignants considèrent Internet comme de la plomberie, illustre Ron Canuel. En effet, une majorité utilise l’informatique dans sa vie personnelle, mais conçoit difficilement son application pédagogique. De plus, la formation universitaire des futurs enseignants laisse encore peu de place à l’utilisation pédagogique des technologies numériques. Alors qu’à 87 ans, Michel-Ange disait Ancora imparere – « J’apprends encore », trop d’enseignants considèrent leur formation terminée à la sortie de l’université.

 

La conclusion de Ron Canuel : deux qualités sont essentielles pour réussir la migration vers l’usage des technologies de l’information dans nos classes : sagesse et courage.

 

 

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