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La redéfinition du rôle de médiateur culturel de l’enseignant dans l’univers numérique

Le développement des grandes plateformes de distribution de contenu numérique a complètement bouleversé le rapport à la culture. On dit maintenant que la culture québécoise se retrouve noyée dans un océan de contenus internationaux. Comment mettre nos contenus québécois en valeur? Comment les faire découvrir par le plus grand nombre? Et si le personnel enseignant avait un rôle à jouer auprès des jeunes?

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Le développement des grandes plateformes de distribution de contenu numérique a complètement bouleversé le rapport à la culture. On dit maintenant que la culture québécoise se retrouve noyée dans un océan de contenus internationaux. Comment mettre nos contenus québécois en valeur? Comment les faire découvrir par le plus grand nombre? Et si le personnel enseignant avait un rôle à jouer auprès des jeunes?

« Les enseignants ont toujours eu un rôle de passeur culturel à jouer. Aujourd’hui, avec les enjeux associés à l’univers du numérique, ce rôle est plus important que jamais. En effet, les enseignants peuvent aider les jeunes à déjouer les algorithmes qui leur proposent sans cesse les mêmes contenus à visionner et à poser un regard critique sur différents objets de culture. Ils deviennent des médiateurs d’éléments de culture. » 

C’est ce que rappellent Annie Turbide et Marjorie Paradis, toutes deux du Service national du RÉCIT, domaine du développement de la personne (RÉCIT DP). Elles ont présenté un atelier sur le sujet dans le cadre de la Journée du numérique en éducation qui s’est tenue le 4 novembre 2022.

Le médiateur d’éléments de culture assume pleinement son rôle d’interprète, de critique et de passeur de culture. 

En effet, dans le Référentiel de compétences professionnelles – Profession enseignante, publié en 2020 par le ministère de l’Éducation du Québec, la Compétence 1 est celle d’Agir en tant que médiatrice ou médiateur d’éléments de culture. Dans le cadre de ce rôle, le personnel enseignant doit : 

  • initier les élèves à une variété de repères culturels issus du patrimoine de l’humanité;
  • rendre explicite et pertinent le sens des objets culturels;
  • tisser des liens entre les objets de culture, les contenus disciplinaires et la culture des jeunes; 
  • stimuler à l’égard de la culture l’esprit critique et la réflexivité.

Bien que les disciplines scolaires n’ouvrent pas toutes les mêmes portes et n’offrent pas toutes autant de contextes pour traiter d’éléments culturels avec les jeunes, les enseignantes se doivent d’avoir une sensibilité pour la culture et la présentation d’objets culturels en classe. De plus, le numérique offre désormais de nouveaux accès à la culture. Il permet un accès immédiat à la culture des jeunes, de visiter des lieux de culte internationaux, des musées, etc. 

Intégrer la culture québécoise en classe en six étapes

« Les habitudes de consommation ont changé et les accès à la culture se sont multipliés; pour le meilleur et pour le pire pour la culture québécoise! Effectivement, il existe des enjeux énormes de découvrabilité pour les contenus québécois sur les grandes plateformes de distribution de contenu numérique. Certains contenus ne seront jamais découverts. Cela représente un véritable risque pour la diversité culturelle. N’oublions pas que les algorithmes traitent tous les contenus de la même façon, sans égard au lieu de provenance et au lieu d’écoute ou de visionnement des internautes », rappelle Annie Turbide.

Que peuvent faire les enseignants pour contribuer à la découvrabilité de la culture québécoise par les jeunes?

1- Garder une planification souple et flexible

  • Se garder des moments pour partager des éléments de culture.
  • Laisser place à la curiosité des élèves et alimenter sa propre curiosité.

2- Modéliser des modes d’accès à la culture

  • Montrer des chemins différents pour accéder à la culture (par ex. : présenter des plateformes que les jeunes connaissent moins).
  • Refaire le fil d’une recherche en groupe (par ex. : pour montrer l’impact des algorithmes sur la découvrabilité des contenus).
  • Avoir le souci du droit d’auteur et en discuter avec les élèves. (Guide interactif des droits d’auteur en milieu scolaire)

3- S’informer sur l’actualité

  • Suivre ce qui se passe dans l’industrie culturelle pour en discuter en classe (par ex. : Spotify, partenaire de l’ADISQ).
  • Tirer profit des enjeux liés à l’actualité pour discuter d’éléments culturels en classe.
  • Cultiver sa culture générale.

4- Dynamiser les façons d’intégrer la culture à sa planification

  • Utiliser des éléments de culture comme amorce à certaines activités.
  • Construire certaines activités autour d’éléments culturels.
  • Amener les élèves à nommer leurs repères culturels pour faire des liens.

5- Mettre en contexte les repères culturels présentés

  • Donner des clés de compréhension aux élèves pour aller plus loin que les tendances sur les réseaux sociaux. 
  • Remettre en contexte certains phénomènes et faire des liens avec le passé. (par ex. : Pourquoi la chanson Baby, It’s Cold Outside a-t-elle été censurée). 

6- Susciter l’esprit critique face à l’univers numérique

  • Aider les jeunes à comprendre le fonctionnement des plateformes de diffusion en ligne. 
  • Questionner les jeunes sur la place de la culture québécoise dans leur vie, ce qu’ils consomment et comment (et se sortir de la culture folklorique québécoise).
  • S’abonner à des médias qui ne promeuvent pas nécessairement nos idées de base afin de déjouer les algorithmes et d’ouvrir nos horizons.

« En tant que médiateur d’éléments de culture, l’enseignant doit avoir conscience de son influence sur les jeunes. Il doit agir en bon pédagogue, faire preuve d’ouverture et d’inclusion. Cependant, il ne faut pas oublier que tous les éléments de culture ne sont pas égaux. Il faut apprendre à discerner la culture jeunesse, la culture générale et la culture de l’humanité. De quoi alimenter des heures de discussions! », ont conclu les présentatrices.

Consulter leur présentation >

Pour (re)voir la présentation :

Pour aller plus loin : 

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À propos de l'auteur

Martine Rioux
Martine Rioux
Après des études en communication publique, Martine a été journaliste pour différentes publications, avant de poursuivre sa carrière comme conseillère en communications interactives chez La Capitale, groupe financier, puis chez Québec numérique, organisme dont elle a pris la direction générale avant de faire le saut comme conseillère politique au cabinet du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale. Elle est aujourd'hui rédactrice en chef adjointe et chargée de projets spéciaux à l'École branchée. Son rêve : que chacun ait accès à la technologie et puisse l'utiliser comme outil d’apprentissage et d’ouverture sur le monde.

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