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« Quand la profession enseignante devient dangereuse parce qu'elle fait naître des êtres libres, capables de changer le monde pour le mieux, car dotés de la capacité de penser, plus que jamais, #JeSuisProf. » Une réflexion de notre collaborateur Marc-André Girard.
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L’effet direction : vouloir contribuer à amplifier l’effet enseignant

Bien qu'aucun lien clair entre le leadership de la direction et la réussite des élèves n'ait été démontré par la recherche, contrairement à l'important effet enseignant, les directeurs et directrices d'établissements scolaires peuvent tout de même avoir un effet indirect sur les élèves. Marc-André Girard nous en parle dans sa chronique Le Coin du directeur.

Hommage aux directions d’école

En cette Semaine québécoise des directions d’établissement scolaire, notre collaborateur Marc-André Girard rend hommage à ses pairs et souligne trois rôles incontournables qui font partie de leur quotidien bien inhabituel!

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« Quand la profession enseignante devient dangereuse parce qu'elle fait naître des êtres libres, capables de changer le monde pour le mieux, car dotés de la capacité de penser, plus que jamais, #JeSuisProf. » Une réflexion de notre collaborateur Marc-André Girard.

Les leçons de l’été 2020 à retenir pour l’éducation

[Dans l'oeil du directeur] Des plages de la Gaspésie à l'explosion de Beyrouth, en passant par les théories du complot lorsqu'on parle de COVID-19, les événements récents qui traduisent, pour la plupart, une mutation de notre société. Et si on en tirait des leçons pour faire muter à son tour l’éducation?

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Retour sur le Sommet pancanadien sur la profession enseignante

Les 29 et 30 mars derniers se tenait le 5e Sommet international sur la profession enseignante à Banff en Alberta. La veille, le 28 mars, était consacrée au volet pancanadien et réunissait, entre autres, les membres du Conseil des ministres de l’Éducation du Canada (CMEC). Le Ministère de l’Éducation supérieur, de la Science et de la Recherche (MEESR) du Québec y a invité divers acteurs du monde de l’éducation, dont la Fédération des établissements d'enseignement privés (FÉEP).

Le choix d’études postsecondaires à l’ère du numérique

D’ici le mois de mars, les élèves de 5e secondaire devront faire un choix important dans leur vie : celui de leur orientation postsecondaire. Cégep? Études professionnelles? En quoi? Où? Voici quelques ressources en ligne à leur proposer pour les aider dans ce grand moment!

La professionnalisation de l’enseignement : un mouvement bloqué

À l’occasion du Colloque international en éducation, tenu les 2 et 3 mai derniers à Montréal, le professeur Maurice Tardif a fait l’état de la situation quant à la reconnaissance du statut des enseignants au Québec. Un constat peu reluisant, un mouvement qu’il dit bloqué, même après plus de 30 ans d’efforts.

Lorsque l’enseignant travaille auprès de ses élèves, dans la classe, il est absorbé par son quotidien. En priorité, il œuvre à répondre aux besoins manifestés par ses élèves. Il travaille dans le présent, pour le futur. Or, bien souvent, il ne réalise pas la portée de ses gestes, attitudes et de ses mots. Il ne réalise pas qu’il est un modèle continuellement actif auprès de ses élèves. Peut-être oublie-t-il qu’il est l’autre adulte significatif et présent auprès de ce jeune, avec ses parents? C’est normal. Les enseignants sont professionnels et humbles et ils ne s’attardent pas toujours à ce rôle incontournable qu’ils exercent en tant que modèle auprès des jeunes qu’ils côtoient.  

Dans la même veine, nous pouvons estimer qu’un enseignant titulaire au primaire aura côtoyé entre 750 et 900 élèves qui auront séjourné dans ses classes au cours de ses 35 années d’expérience en éducation. Au secondaire, selon les matières, cela peut varier entre 4500 et 15 000 selon la matière enseignée. N’oublions pas qu’au Québec, nous pouvons compter sur un contingent de près de 100 000 enseignants qui sont à pied d’œuvre auprès de nos jeunes. C’est une véritable force sociale qui est au service des idéaux démocratiques. S’attaquer à un enseignant, c’est hautement symbolique. C’est ce qui s’est malheureusement produit en France hier.

On conçoit souvent la profession enseignante comme celle qui transmet des savoirs. Évidemment, un enseignant, c’est bien plus : notamment, c’est un passeur culturel, c’est la pierre angulaire des valeurs sociales. C’est celui par qui passe le courant démocratique. Pour ma part, j’ai toujours voulu être enseignant, même étant tout petit. Pour moi, c’est une profession de puissance : par qui je suis, je contribue à ce que mes élèves deviendront. C’est vrai! Il y a un peu de chacun de nos enseignants en nous. On enseigne d’abord qui on est. Et nous sommes libres. Nous enseignons donc la liberté et cette première liberté, c’est celle de penser.

C’est ça que le meurtrier a décapité : la profession enseignante. Il s’est attaqué à la liberté de penser par soi-même.

Nos enseignants forment les jeunes à, entre autres, exercer leur esprit critique et vaincre l’obscurantisme. Oui, en 2020, avec la démocratisation des médias, nous vivons le contraire de ce que nous aurions été en droit de nous attendre; nous vivons à une époque sombre où les mentalités rétrogrades ont le culot d’utiliser les canaux de la démocratisation de l’information pour véhiculer leurs conceptions opaques de l’humanité, et ce, à coup de fake news, de propagande, de théories du complot et de désinformation. Dans les faits, nous ne devrions pas nous insurger de ce constat outre mesure. Au contraire, si nous nous inquiétons, c’est que nous savons que le problème est que les humains sont mal parés à faire face à ce flot d’informations vitrioliques. Le tissu de l’esprit critique, formant leur bouclier, n’est probablement pas assez tissé serré et les mailles laissent trop souvent passer ce genre d’information qui atteint notre intellect et induit d’importants biais cognitifs.

S’attaquer à un enseignant, c’est s’attaquer à ce qu’il y a de plus noble dans notre société démocratique. Pour une profession en quête continuelle de valorisation, c’est triste à dire, mais ce geste déplorable est une grande reconnaissance de notre statut social, reconnaissance que nous n’aurions toutefois jamais voulu constater.

Quand la profession enseignante devient dangereuse parce qu’elle fait naître des êtres libres, capables de changer le monde pour le mieux, car dotés de la capacité de penser, plus que jamais, #JeSuisProf.

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À propos de l'auteur

Marc-André Girard
Marc-André Girard
Marc-André Girard est détenteur d’un baccalauréat en enseignement des sciences humaines (1999), d’une maitrise en didactique de l’histoire (2003) et d’une maitrise en gestion de l’éducation (2013). Il est actuellement doctorant en administration scolaire. Il s’est spécialisé en gestion du changement en milieu scolaire ainsi qu’en leadership pédagogique. Il s’intéresse également aux compétences du 21e siècle à développer en éducation. Il occupe un poste de direction à la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord et donne des conférences sur le leadership en éducation, les approches pédagonumériques, le changement en milieu scolaire ainsi que sur la professionnalisation de l’enseignement. Il a participé à des expéditions pédagogiques en France, en Finlande, en Suède, au Danemark et au Maroc. En septembre 2014, il a publié le livre « Le changement en milieu scolaire québécois » aux Éditions Reynald Goulet et, en 2019, il a publié une trilogie portant sur l'école du 21e siècle chez le même éditeur. Il collabore fréquemment à L’École branchée sur les questions relatives à l’éducation. Il est très impliqué dans tout ce qui entoure le développement professionnel des enseignants et des directions d'école ainsi que l’intégration des TIC à l’éducation. En mars 2016, il a reçu un prix CHAPO de l’AQUOPS pour l’ensemble de son implication.