Les classes portables : de St-Léonard à Yaoundé

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Montréal – Le Québec est loin d’être la seule région du monde où l’on se questionne sur l’intégration des TIC dans l’enseignement. Lors du colloque Odyssée des classes-portables…du primaire au postsecondaire, présenté dans le cadre du 78e congrès de l’ACFAS à l’Université de Montréal, plusieurs intervenants sont venus présenter leurs projets.

Des ordinateurs portables au Cameroun
Ella Ondoua, de l’Université de Yaoundé, a fait le long voyage jusqu’à Montréal pour venir parler du Projet pilote pour l’amélioration de la qualité de l’éducation de base (PAQUEB). Ce projet, encore à l’étape de l’expérimentation, vise à offrir à 37 500 élèves de 51 écoles des ordinateurs portables XO, offerts par l’organisme One Laptop Per Child. 140 portables ont déjà été achetés, 7 000 restent à venir.

Pour l’instant, l’expérience est vécue par 622 élèves et 14 enseignants. Au Cameroun, les classes sont très nombreuses : celles ciblées pour le projet comptent en moyenne 104 élèves.

Ella Ondoua a constaté que les enseignants collaborent davantage avec les directions d’école, responsables de la gestion des ordinateurs, et préparent davantage les activités en classe. Les enseignants participants ont tous reçu une semaine complète de formation, donnée en collaboration avec l’Université Laval.

Le problème principal relevé par les enseignants est le nombre restreint d’ordinateurs et la faible autonomie de la batterie. Ella Ondoua, quant à lui, constate que ce projet, d’abord politique, doit sans cesse être réajusté avec l’aide de pédagogues.

50 millions d’euros pour des portables
En septembre 2009, le gouvernement grec a offert un coupon de 400 euros à tous les étudiants de la première année du secondaire pour s’acheter un portable, soit à 120 000 étudiants de 12 et 13 ans. 7 000 enseignants ont aussi reçu un portable. Vassilis Komis, de l’Université de Patras, a dressé un premier bilan de cette opération devant ses collègues de Montréal.

D’abord, M. Komis précise que la Grèce a une longue tradition de l’enseignement de l’informatique au secondaire et possède donc un corps professoral important en informatique.

Malgré cela, la situation est parfois difficile : comme ses collègues québécois et camerounais, le professeur Komis constate que les enseignants ont un besoin urgent de formation. De plus, il y a peu de logiciels éducatifs appropriés. Aussi, si tous les collèges possèdent en théorie un réseau wifi efficace, en pratique seulement 62% des collèges possèdent un réseau utilisable.

La Grèce vit présentement une situation économique extrêmement difficile. Vassilis Komis espère que ce projet ne sera pas touché par les mesures d’austérité budgétaire puisqu’il serait impossible d’évaluer la réussite du projet avec une seule cohorte.

Une classe sans pupitre ni manuel scolaire
La classe de 6e année de Pierre Poulin à St-Léonard ressemble à un café Internet. Dans cette icl@sse très particulière, la technologie sert à assurer la motivation des élèves et à développer leur autonomie. De nombreux outils sont à leur disposition, ils doivent désormais choisir lequel utiliser. Derrière cette autonomie, on perçoit tout de même l’intervention discrète, mais efficace de l’enseignant, qui maîtrise parfaitement ses outils.

Le projet de icl@sse montréalaise a d’abord dû être accepté par la direction et la commission scolaire. En cette fin d’année, les élèves de Pierre Poulin doivent désormais surmonter un nouveau défi : entrer dans une école secondaire qui n’est pas prête à les recevoir.

Pour visiter le site internet du colloque et consulter les présentations des conférenciers : http://acfas2010.crifpe.ca/

Pour en savoir plus : http://www.crifpe.ca/

Par Marie-Philippe Gagnon-Hamelin