Les nouvelles approches pédagogiques : un regard objectif

Yves Reuter, didacticien réputé et professeur à l’Université de Lille 3, présente sa vision des nouvelles approches pédagogiques en contexte scolaire.
LIRE CET ARTICLE EN :
English EN French FR

Traduction automatisée - des erreurs (parfois hilarantes) vont se glisser! 😉

Les leçons de l’été 2020 à retenir pour l’éducation

[Dans l'oeil du directeur] Des plages de la Gaspésie à l'explosion de Beyrouth, en passant par les théories du complot lorsqu'on parle de COVID-19, les événements récents qui traduisent, pour la plupart, une mutation de notre société. Et si on en tirait des leçons pour faire muter à son tour l’éducation?

L’effet Dunning-Kruger en éducation

|Dans l'oeil du directeur| En éducation, l’effet Dunning-Kruger, soit l’opinion qu’une personne a de sa propre connaissance d’un domaine en particulier par rapport à son niveau réel de compétence, peut essentiellement être envisagé de quatre façons différentes. Notre collaborateur, Marc-André Girard, les expose dans son plus récent billet.

Semer des graines de leadership

[Dans l'oeil du directeur] Lorsqu’il est question de leadership à l’école, on fait le plus souvent référence à la direction. Oui, on s’attend d’une direction d’école qu’elle soit un leader dans son milieu. Or, doit-elle être le seul leader à bord? Et si le leadership, ce n’était pas tout à fait cela? Une réflexion de Marc-André Girard.

À l’aube d’une année incertaine : ouverture, solutions locales et autres tâches connexes

[Dans l'oeil du directeur] Marc-André Girard, directeur d'une école primaire publique dans les Laurentides, parle des défis de l'année qui débute. Il invite les directions à faire preuve de plus d'ouverture que jamais! « L'ouverture de la direction a un important potentiel de mobilisation. En effet, en moment de crise, donner du pouvoir à toutes les parties prenantes est une démonstration que la direction a bel et bien confiance en son équipe, et ce, même lorsque la marge de manœuvre est mince. »

Ces textes pourraient aussi vous intéresser :

Habiter sur Vénus? Possible il y a 700 millions d’années

Présentement la planète la plus chaude du système solaire avec ses 450 degrés Celsius et ses pluies d'acide sulfurique, Vénus n'est pas vraiment synonyme d'hospitalité. Pourtant, jusqu'à il y a 715 millions d'années, des scientifiques avancent que la planète voisine de la Terre aurait pu être habitable, avec des températures clémentes et plusieurs étendues d'eau. Regards sur ce qui distinguent les huit planètes de notre système solaire.

Les environnements immersifs au service des apprenants

Le projet de recherche « Les environnements immersifs au service des apprenants » piloté par une équipe de l'UQAM, cherche à développer de nouvelles façons d’apprendre pour les enfants avec des besoins particuliers.

Le CL!C : un rassemblement autour de la classe inversée et des pédagogies actives

Favoriser le passage de l’enseignement « face à face » à « côte à côte », c’est l’un des objectifs de l’association qui prépare la 4e édition du CL!C, du 28 au 30 juin à Paris.

Le numérique au service de notre cerveau

Il y a deux ans, Steve Masson présentait un Webinaire qui proposait des techniques d’étude basées sur la reproduction des situations d’évaluation en contexte de révision. En 2019, comment le numérique peut-il soutenir et motiver nos élèves dans leur révision? Il existe plusieurs applications intéressantes pour les aider, en voici quelques-unes.

Le dimanche 26 novembre 2017 à la Villa Arson de l’Université de Nice Sophia Antipolis, Yves Reuter, didacticien réputé et professeur à l’Université de Lille 3, a présenté sa vision des nouvelles approches pédagogiques en contexte scolaire.

Pourquoi changer d’approche pédagogique?

Pour Reuter, l’école doit « construire des passerelles et non des fossés ». Il dénonce les
cloisons qui existent entre les matières, entre les enseignants, avec les parents, etc. Il parle de l’école comme étant un milieu inclusif dans tous les sens du terme.

Également, il dénonce le fait que l’école passe son temps à répondre aux questions que les
élèves ne se posent pas, tout en négligeant de répondre à celles qu’ils se posent!

Enfin, la vie à l’école doit être une vraie vie et non une succession d’activités décontextualisées au quotidien. En effet, il faut cesser d’être en mode « simulation » dans les problématiques qui sont abordées. Les jeunes d’aujourd’hui doivent souvent s’extraire du réel pour se placer dans une posture académique qui détonne de leur monde réel.

Se questionnant sur ce qu’il appelle « les nouvelles pédagogies », Reuter soutient qu’il y
a essentiellement trois raisons pour lesquelles les enseignants choisissent de tourner le
dos aux approches classiques ou traditionnelles de l’enseignement :

    1. Des raisons personnelles pour lesquelles les principes des enseignants changent. À la suite d’une pratique réflexive et d’une remise en question, ces derniers réalisent fréquemment qu’avec les mêmes approches, ils se retrouvent confrontés aux mêmes problèmes, bien souvent au même moment, et ce année après année.
    2. L’enseignement traditionnel s’adapte mal aux nouvelles réalités de la classe d’aujourd’hui. Cette dernière n’est plus homogène et les rapports scolaires ont grandement changé. D’ailleurs, les effets positifs de l’enseignement traditionnel semblent s’amenuiser pour laisser place à l’ennui, au décrochage scolaire, aux pertes de temps et au simple présentéisme de l’élève.
    3. L’intérêt des pratiques alternatives plus centrées sur les besoins de l’élève semblent être mieux vécues par les principaux intéressés, en l’occurrence les apprenants.

Pourquoi les nouvelles approches pourraient fonctionner ?

Sceptique dans l’âme et se refusant à toute promotion ou fanatisme en soutien à une
approche ou une autre, Reuter pose néanmoins des jalons explicatifs exprimant les raisons pour lesquelles les nouvelles pédagogies, qu’il appelle aussi « pédagogies actives » ou
« pédagogies alternatives » pourraient potentiellement fonctionner dans les classes des
enseignants qui les adoptent :

  • Tout élève est fondamentalement capable d’apprendre, en autant que le milieu pédagogique offre des conditions favorables à cet apprentissage;
  • On diminue le nombre de règles de vie restrictives imposées aux élèves (ce qu’il dénonce au passage) comme l’interdiction de boire, d’aller aux toilettes, d’échanger entre eux, etc.;
  • Des enseignants exigeants envers les élèves encouragerait les élèves à être exigeants envers eux-mêmes aussi;
  • On y retrouve souvent l’implantation de stratégies de réflexivité et métacognitives;
  • Le rôle des parents est souvent reconnu et valorisé;
  • Il y a place à l’erreur. La classe devient un milieu sécuritaire pour l’apprentissage, exempt d’humiliation et d’intimidation en lien avec les difficultés rencontrées en cours d’apprentissage. On y respecte les rythmes d’apprentissage.

Pourquoi les nouvelles approches pourraient ne pas fonctionner ?

Reuter cite une série d’éléments qui pourraient faire en sorte que les nouvelles approches pédagogiques ne fonctionnent pas :

  • La dimension politique est prédominante en éducation, et nos gouvernements ont le pouvoir d’imposer des politiques ou des réformes qui pourraient miner les initiatives;
  • Elles font souvent l’objet d’un traitement médiatique décontextualisé et incohérent par rapport aux pratiques qui ont réellement cours sur le terrain;
  • Elles peuvent faire l’objet de résistances syndicales, car elles vont parfois à l’encontre des droits acquis;
  • Contenus disciplinaires sont parfois bradés au profit des compétences transversales;
  • La culture organisationnelle peut agir en tant que frein à leur implantation;
  • Les parents sont parfois mal informés et peuvent être intrusifs s’ils ne comprennent pas bien ce qui se passe en classe. Reuter souligne l’importance de bien informer les parents de la démarche scolaire.

En conclusion, Reuter met l’accent sur sa posture de chercheur dans son analyse qu’il tente de rendre objective. Il énonce donc des éléments en soutien à ces nouvelles approches pédagogiques tout en demeurant lucide et capable d’identifier ce qui risque d’achopper.

 

Cet article fait partie d’une série publiée par notre auteur et collaborateur Marc-André Girard, dans le cadre de sa participation au Laboratoire d’innovation et du numérique en éducation (LINE) à l’Université de Nice Sophia Antipolis.

Vous pouvez lire l’ensemble des articles de cette série ici.

Quelques annonces

Vous avez une nouvelle à nous communiquer?

Écrivez-nous sans tarder à info@ecolebranchee.com

Vous pouvez aussi publier votre propre texte!
Faites connaître votre projet pédagogique ou partagez vos idées via nos sections Opinion, Témoignages ou Communiqués! Voici comment faire!

Recevez nos nouvelles chaque semaine

Recevez chaque mardi l'École branchée | Hebdo, la publication qui alimente votre veille professionnelle en éducation!



À propos de l'auteur

Marc-André Girard
Marc-André Girard
Marc-André Girard est détenteur d’un baccalauréat en enseignement des sciences humaines (1999), d’une maitrise en didactique de l’histoire (2003) et d’une maitrise en gestion de l’éducation (2013). Il est actuellement doctorant en administration scolaire. Il s’est spécialisé en gestion du changement en milieu scolaire ainsi qu’en leadership pédagogique. Il s’intéresse également aux compétences du 21e siècle à développer en éducation. Il occupe un poste de direction à la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord et donne des conférences sur le leadership en éducation, les approches pédagonumériques, le changement en milieu scolaire ainsi que sur la professionnalisation de l’enseignement. Il a participé à des expéditions pédagogiques en France, en Finlande, en Suède, au Danemark et au Maroc. En septembre 2014, il a publié le livre « Le changement en milieu scolaire québécois » aux Éditions Reynald Goulet et, en 2019, il a publié une trilogie portant sur l'école du 21e siècle chez le même éditeur. Il collabore fréquemment à L’École branchée sur les questions relatives à l’éducation. Il est très impliqué dans tout ce qui entoure le développement professionnel des enseignants et des directions d'école ainsi que l’intégration des TIC à l’éducation. En mars 2016, il a reçu un prix CHAPO de l’AQUOPS pour l’ensemble de son implication.

Vos commentaires sur l'article

Vous pouvez commenter cet article ici et y ajouter vos idées!

Vous avez quelques minutes pour nous aider?

Voici le sondage à nos lecteurs que nous menons présentement!