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Les défis de la formation des enseignants au Québec

Hier, nous faisions un retour sur le chemin parcouru au niveau de la formation à l’enseignement au Québec, selon Clermont Gauthier, professeur à l’Université Laval. Aujourd’hui, on jette avec lui un regard sur les nombreux défis!

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Hier, nous faisions un retour sur le chemin parcouru au niveau de la formation à l’enseignement au Québec, selon Clermont Gauthier, professeur à l’Université Laval. Aujourd’hui, on jette avec lui un regard sur les nombreux défis!

(Mise en contexte : Clermont Gauthier, professeur à la faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval, est l’un des fondateurs du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE). C’est ce regroupement qui est derrière l’organisation du Colloque international en éducation, tenu les 2 et 3 mai derniers à Montréal. Dans sa participation à la conférence d’ouverture, il a fait un intéressant portrait de la formation à l’enseignement.)

De l’avis de Clermont Gauthier, les défis actuels dans la formation des futurs enseignants sont nombreux.

Le défi organisationnel :
« En 1993, on a unifié le ministère de l’Éducation et celui de l’Enseignement supérieur pour assurer un lien entre celui qui s’occupe de la formation des maîtres et celui qui s’occupe des écoles. On a voulu rapprocher les universités et le milieu scolaire. Aujourd’hui, on est les sépare à nouveau. Il faudra donc maintenir l’effort de concertation. »

Le défi de l’efficacité des programmes de formation :
« Selon les recherches, la formation initiale des enseignants aurait un impact très faible, voire nul, sur leur capacité à aider leurs élèves à réussir. » M. Gauthier considère que les programmes de formation à l’enseignement sont vulnérables aux pressions externes. Il donne comme exemple la tendance à la diminution de la durée de la formation dans le monde, la popularité des programmes courts alternatifs, la pénurie d’enseignants de maths, sciences et anglais langue seconde au Québec. À son avis, « on favorise la logique de la main d’œuvre plutôt que la professionnalisation. »

Le défi de l’intégration de la recherche dans les programmes :
« Comment démontrer la preuve d’efficacité de nos programmes? De quels programmes sont issus les enseignants performants? On ne le sait pas, mais c’est difficile à évaluer sans la recherche. »

Le défi de l’approche programme :
M. Gauthier croit que les professeurs d’université devraient avoir une vision globale du programme de formation des futurs enseignants, et non seulement de « leur cours ». Cette approche a d’ailleurs été instaurée en 2007-2008, mais on continue à fonctionner comme si elle n’existait pas. « Les cours sont donnés à 75-80 % par des chargés de cours. Ces derniers ne connaissent bien souvent même pas le référentiel de compétences et n’ont pas la vision du programme. C’est une bonne idée l’approche programme, mais ça prend du temps à mettre en place. Il faut un appui de la faculté, une vision commune, des ressources, bref, c’est beaucoup d’ouvrage! » Il ajoute que même dans les stages, les enseignants qui reçoivent les étudiants et les superviseurs ne connaissent pas nécessairement les compétences non plus. Donc, l’évaluation des compétences professionnelles pose un défi majeur. « On a toujours de la difficulté à les évaluer, même en 2011-2012 », exprime-t-il en référant au CAPFE, chargé de l’agrément des programmes de formation à l’enseignement au Québec.

Le défi du référentiel de compétences :
« Le CAPFE estime qu’il tient toujours la route, c’est un langage commun et pertinent pour parler de la profession. Mais l’appropriation est toujours à refaire. De plus, le contexte a changé depuis le début des années 2000, il devrait donc évoluer. » M. Gauthier cite en exemple l’intégration des notions liées au multiculturalisme et à l’omniprésence des TIC dans la société.

Lors de sa conférence, Clermont Gauthier a aussi parlé du défi de la qualité de la langue d’enseignement, particulièrement à l’oral, des groupes négligés comme les enseignants en formation professionnelle ou à l’éducation des adultes, et le niveau de recrutement (« il faut pouvoir attirer les meilleurs candidats! »).

En résumé, il considère que beaucoup de travail a été fait au cours des dernières années, mais que des acquis pertinents sont constamment fragilisés en raison de pressions de toutes sortes. À son avis, la mémoire et la recherche sont des clés pour répondre à ces défis.

À propos de l'auteur

Audrey Miller
Audrey Millerhttps://ecolebranchee.com
Directrice générale de l'École branchée, Audrey détient une formation universitaire de 2e cycle en technologies éducatives et un baccalauréat en communication publique. Membre de l'Ordre de l'Excellence en éducation du Québec, elle s'intéresse particulièrement au développement professionnel des enseignants, à l'information à l'ère du numérique et à l'éducation aux médias, tout en s'activant à créer des ponts entre les acteurs de l'écosystème éducatif depuis 1999.

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