Le secteur des technologies éducatives est bien vivant au Québec, mais fait face à certains défis

Les entreprises québécoises du secteur edtech ont une connaissance fine du système d’éducation, présentent des ressources de qualité en français et adaptées au programme ainsi qu’au contexte culturel québécois. Néanmoins, elles font face au conservatisme qui perdure dans le système scolaire et demeurent méconnues des enseignants. Une étude fait le bilan de la situation.

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Le Québec compte plus de 110 organisations du secteur edtech : 72 % d’entre elles œuvrent dans la conception de solutions numériques et la création de contenu. « Ces entrepreneurs du numérique sont là pour avoir un impact positif dans le milieu de l’éducation. Ils connaissent bien le système scolaire québécois et souhaitent participer à la réussite des élèves », soutient Shawn Young, président de l’Association Edteq (Entreprises pour le développement des technologies éducatives au Québec).

L’Association Edteq* a rendu publique une étude du secteur des technologies éducatives au Québec. Celle-ci, réalisée en collaboration avec le ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec, offre un portrait complet de cette filière économique en croissance, en présentant ses forces et ses défis. Elle donne aussi un aperçu des tendances mondiales.

Sans surprise, l’étude révèle que la majorité des entreprises de technologies éducatives sont situées à Québec et Montréal. Le secteur est composé d’un grand nombre d’organisations de petite taille : plus des trois quarts ont moins de 20 employés. Plus des deux tiers ont des clients à l’extérieur du Québec; certaines y réalisant même la majorité de leur chiffre d’affaires.

Au niveau des exportations, le reste du Canada constitue la clientèle la plus importante des organisations québécoises avec 80 % de toutes les ventes hors Québec, suivi par l’Europe avec 58 % et les États-Unis avec 44 %.

Fine connaissance du système scolaire québécois

Les entreprises du secteur edtech d’ici peuvent se targuer d’avoir une connaissance fine du système d’éducation, de présenter des ressources de qualité en français et adaptées au programme ainsi qu’au contexte culturel québécois.

Plusieurs de leurs fondateurs sont eux-mêmes des acteurs de l’éducation à la recherche de solutions technologiques pouvant contribuer à la réussite des élèves (motivation scolaire, dépistage d’élèves à risque, etc.) ou faciliter la vie des enseignants (communication avec les parents, différenciation pédagogique, etc.). 

Ils peuvent également compter sur le savoir-faire technologique bien présent au Québec, notamment en intelligence artificielle, en réalité virtuelle et en analyse de données massives. Le besoin grandissant pour des technologies éducatives, qui a été décuplé avec la pandémie, leur donne également un élan de croissance.

Enjeux d’approvisionnement et de visibilité

Néanmoins, ces entreprises font face à différents défis, à commencer par le conservatisme de certains acteurs du système scolaire qui mettent encore en opposition les ressources traditionnelles avec les ressources numériques. De plus, une méconnaissance des solutions numériques perdure chez les enseignants.

« Le marché québécois est très compliqué : le manque de visibilité des entreprises edtech et la résistance des établissements scolaires représentent les principaux freins à la croissance du secteur, bien que la récente pandémie ait commencé à changer les perceptions et les comportements », lit-on dans l’étude.

Les processus d’approvisionnement en place représentent un autre enjeu alors que les responsables des achats dans le système scolaire ne sont pas les utilisateurs finaux. « L’accès aux décideurs et les processus d’approvisionnement restent compliqués, limitant l’essor et l’innovation des acteurs québécois. »

Grand défi pour les Edtech : Les processus d’approvisionnement en place représentent un autre enjeu alors que les responsables des achats dans le système scolaire ne sont pas les utilisateurs finaux.

Finalement, comme dans plusieurs autres secteurs technologiques, les géants américains ont rapidement réussi à occuper une grande part du marché au détriment des entreprises locales. Celles-ci, de par leur petite taille, n’ayant généralement pas les ressources nécessaires pour répondre aux appels d’offres gouvernementaux, qui fonctionne de façon entre très traditionnelle.

Tendances mondiales

La firme Aviseo, qui a réalisé l’étude, a aussi dressé un portrait du secteur edtech à l’international afin d’identifier des bonnes pratiques et conditions gagnantes. 

Il apparaît qu’à travers le monde, les marchés les plus vigoureux sont ceux qui peuvent compter sur une accessibilité à des panels d’essais au sein du système d’éducation local, à du soutien gouvernemental et à du capital de risque. Ces marchés peuvent généralement compter sur la présence d’incubateurs ou d’accélérateurs. Les villes de New York, San Francisco et Pékin sont celles qui se démarquent en ce sens à l’échelle mondiale.

Les pays scandinaves, où les entreprises edtech font énormément de codéveloppement et d’expérimentation directement dans les écoles, représentent également un modèle inspirant, selon les auteurs de l’étude. 

Par ailleurs, le secteur des technologies éducatives est en pleine croissance. Même s’il ne représente que 3 % des dépenses totales en éducation, il est estimé que celui-ci devrait croître rapidement au cours des 5 prochaines années. « Le marché nord-américain des edtech devrait poursuivre sa croissance, portée par l’adoption des appareils numériques mobiles et par la prise de conscience collective des avantages liés à l’intégration des technologies éducatives dans le système scolaire », indique-t-on dans l’étude.

Pistes de développement

L’Association Edteq formule maintenant des recommandations afin de contribuer plus activement à la transition numérique du secteur éducatif québécois. Elle suggère d’encourager l’adoption des edtech dans les établissements scolaires par l’organisation d’événements de promotion et des formations dans les établissements scolaires ou par l’allocation directe aux enseignants de budget spécifique pour l’achat de technologies éducatives.

Elle propose de structurer l’écosystème en mettant en place un accélérateur d’organisations de technologies éducatives, en renforçant les liens entre les centres de savoir en intelligence artificielle et les organisations edtech ou en créant une plateforme de co-création avec des centres de services scolaires et des panels d’essai.

Finalement, afin de promouvoir les technologies éducatives comme des solutions efficaces pour s’attaquer à des problématiques précises, l’Association Edteq amène l’idée de créer des groupes de travail pour la réussite scolaire des garçons et pour la recherche de solutions aux difficultés d’apprentissage exacerbées par la pandémie.

Pour consulter l’étude complète.
Pour (re)lire le communiqué de presse de l’Association Edteq

*L’École branchée est membre de l’Association Edteq.

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À propos de l'auteur

Martine Rioux
Après des études en communication publique, Martine a été journaliste pour différentes publications, avant de poursuivre sa carrière comme conseillère en communications interactives chez La Capitale, groupe financier, puis chez Québec numérique, organisme dont elle a pris la direction générale avant de faire le saut comme conseillère politique au cabinet du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale. Elle est aujourd'hui rédactrice en chef adjointe et chargée de projets spéciaux à l'École branchée. Son rêve : que chacun ait accès à la technologie et puisse l'utiliser comme outil d’apprentissage et d’ouverture sur le monde.

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