Jour 10 de l’Expédition Québec – Finlande : l’école vocationnelle

L'école vocationnelle finlandaise... un modèle hybride entre la formation professionnelle et les cégeps québécois, où le numérique joue un rôle prépondérant autant pour l'enseignant que pour l'étudiant qui est aux portes du marché du travail.

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Notre collaborateur Marc-André Girard effectue une expédition pédagogique en Finlande et la documente ici!

(co-écrit avec Marie-Andrée Croteau)

Comme écrit dans un article précédent, dès la fin de l’école inclusive, les élèves choisissent un parcours : l’école secondaire (programme général préuniversitaire) ou l’école vocationnelle. Aujourd’hui, nous avons visité deux écoles vocationnelles.

En premier lieu, il faut démystifier ce type d’école, car il est souvent perçu, même en Finlande, que seuls les élèves de 16 à 19 ans peuvent s’inscrire au volet vocationnel. Or, c’est faux; des étudiants de 16 à 66 ans fréquentent ces écoles. Les plus jeunes le font dans la poursuite de leurs études, après l’école inclusive. Les autres y reviennent dans le cadre d’une réorientation professionnelle ou à la demande de leur employeur pour y développer de nouvelles compétences dans une démarche de développement professionnel. Également, des offres de cours à temps partiel sont aussi possibles. Notons qu’en Finlande, à la fin de l’école inclusive, la moitié des élèves choisit de poursuivre son parcours au secteur vocationnel pour s’inscrire dans des programmes comme ceux de soins infirmiers auxiliaires, l’électricité, la plomberie, le commerce, les arts, etc. Pour le Québec, cela correspondrait à une version hybride entre la formation professionnelle et celle technique du cégep.

Comme au secteur général, les enseignants des écoles vocationnelles doivent détenir des études en pédagogie en plus d’autres en lien avec leur domaine de formation appliquée. Toutefois, ils ne sont pas tenus de détenir une maîtrise. Bref, l’enseignant qui apprend aux étudiants à conduire un fardier est un conducteur expérimenté lui-même, et il a suivi des études en pédagogie dans un programme universitaire appliqué en éducation. Notons qu’en Finlande, comme dans d’autres pays, il y a une distinction entre des universités classiques et les autres dites « appliquées » (« University of applied science« ), offrant des programmes plus concrets, justement, plus appliqués.

Ces élèves quittent le parcours vocationnel avec un diplôme en poche après trois années d’études (certains le font toutefois en quatre ans) et la possibilité de rejoindre dès lors le marché du travail. Ceux qui le souhaitent peuvent poursuivre leurs études dans des programmes universitaires appliqués.

Selon les enseignants rencontrés, l’approche pédagogique offerte aux élèves de ce type d’établissement scolaire correspond à une proportion d’environ 20% de théorie et 80% de pratique et de mise en application de différentes façons. Notons aussi que ces élèves continuent à suivre le programme de base de leurs confrères du secondaire général, tels que les mathématiques, le finnois, l’éducation physique et une langue seconde comme l’anglais ou le suédois. Ils n’ont toutefois pas d’épreuve ministérielle à subir en fin de parcours.

Notre première visite a été à l’école vocationnelle Pohjoisen Keski-Suomen Ammattiopisto, aussi simplement surnommée POKE. Cette dernière accueille 2 500 élèves répartis dans six bâtiments disséminés dans le centre-nord du pays. POKE jouit d’une renommée panfinlandaise sur le plan des technologies en éducation. Nous avons pu visiter leur laboratoire 3D qui ressemble à tous les makerspaces de ce monde avec des numériseurs et des imprimantes 3D. Toutefois, ils sont en train de développer des environnements de réalité virtuelle qui permettent non seulement la simulation pour l’apprentissage de métiers spécialisés, mais d’autres environnements permettant les échanges et les collaborations entre les étudiants et les membres du personnel. À titre d’exemple, ils ont reproduit fidèlement le petit salon feutré situé à l’accueil du bâtiment G (voir la photo plus haut). Pour Pekka Ouli, membre de la direction de l’école et ancien enseignant, la formation appliquée permet l’apprentissage non seulement de compétences techniques, mais surtout l’adaptation, la créativité et la résolution de problématiques complexes. L’échec y est incontournable et est à la base de l’apprentissage. En effet, lorsque les élèves pratiquent des gestes techniques, ils se trompent régulièrement et doivent pratiquer régulièrement. C’est le coeur de la formation pratique et l’échec est le point de départ pour propulser ces derniers vers des sommets professionnels.

Notre seconde visite a été à l’école vocationnelle Jyväskylän koulutuskuntayhtymä Gradia. Celle-ci accueille 10 000 étudiants à temps plein et 7 000 à temps partiel. De plus, elle renferme aussi une école secondaire générale de 3 000 élèves. Au total, 750 enseignants y travaillent. Le campus est immense, un des plus grands de Finlande. Nous y avons rencontré une équipe de sept conseillers pédagonumériques qui sont à pied d’oeuvre pour épauler les enseignants dans leurs changements de pratiques, dans leurs spécialités et au respect de leur expertise. Pour cette équipe, la flexibilité pédagogique est incontournable, car l’école accueille des élèves à tout moment de l’année et, aussi, depuis une réforme datant d’il y a quelques années, des élèves de 16 ans côtoient régulièrement des étudiants de plus de 50 ans qui font un retour aux études. Il faut donc savoir adapter son enseignement aux réalités de chacun : le plus jeune qui ne connaît rien en soudure, par exemple et l’adulte en fin de carrière, qui détient possiblement une expérience dans le domaine ou, à tout le moins, un historique de vie qui fait en sorte que certaines notions ou pratiques pourraient être accélérées.

Selon les dires des membres de l’équipe, sans aucune fierté dissimulée, les élèves de Gradia n’ont manqué absolument aucune journée d’enseignement depuis le début de la pandémie en mars 2020. Les enseignants plus ou moins prêts à faire le saut en enseignement à distance, étaient toutefois habitués à enseigner dans des environnements qui détonnent de la salle de classe : ateliers, garages, salons de coiffure, etc. Le virtuel n’avait rien de bien effrayant pour eux!

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Il vous est aussi possible de contribuer au financement de l’Expédition (jusqu’au 22 décembre) : https://gofund.me/4cafa552

(NDLR : L’École branchée est heureuse d’être partenaire média de cette expédition! Notez que nous ne sommes toutefois pas associés à la campagne de financement.)

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À propos de l'auteur

Marc-André Girard
Marc-André Girard est détenteur d’un baccalauréat en enseignement des sciences humaines (1999), d’une maitrise en didactique de l’histoire (2003) et d’une maitrise en gestion de l’éducation (2013). Il est actuellement doctorant en administration scolaire. Il s’est spécialisé en gestion du changement en milieu scolaire ainsi qu’en leadership pédagogique. Il s’intéresse également aux compétences du 21e siècle à développer en éducation. Il occupe un poste de direction dans une école primaire publique et donne des conférences sur le leadership en éducation, les approches pédagonumériques, le changement en milieu scolaire ainsi que sur la professionnalisation de l’enseignement. Il a participé à des expéditions pédagogiques en France, en Finlande, en Suède, au Danemark et au Maroc. En septembre 2014, il a publié le livre « Le changement en milieu scolaire québécois » aux Éditions Reynald Goulet et, en 2019, il a publié une trilogie portant sur l'école du 21e siècle chez le même éditeur. Il collabore fréquemment à L’École branchée sur les questions relatives à l’éducation. Il est très impliqué dans tout ce qui entoure le développement professionnel des enseignants et des directions d'école ainsi que l’intégration des TIC à l’éducation. En mars 2016, il a reçu un prix CHAPO de l’AQUOPS pour l’ensemble de son implication.

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