ANNONCE

Des idées d’usages de l’intelligence artificielle pour le personnel enseignant et pour les élèves

À l’occasion des 40 ans du Centre pour l’éducation aux médias et à l’information (CLEMI), la Mission laïque française (MLF) a lancé du 20 au 24 mars la 1re édition de son cycle de web-conférences sur l’éducation aux médias et à l’information. Évidemment, la semaine aurait été incomplète sans un atelier consacré au déjà célèbre ChatGPT.

Publié le :

Classé dans :

Par André Magny, avec la collaboration d’Audrey Miller

À l’occasion des 40 ans du Centre pour l’éducation aux médias et à l’information (CLEMI), la Mission laïque française (MLF) a lancé du 20 au 24 mars la 1re édition de son cycle de web-conférences sur l’éducation aux médias et à l’information. Évidemment, la semaine aurait été incomplète sans un atelier consacré au déjà célèbre ChatGPT.

« Promenons-nous dans les bois de l’intelligence artificielle » : c’est le titre qu’avait donné à sa présentation Yann Houry, directeur de l’innovation pédagogique et technologique au lycée français d’Hong Kong, offerte dans le cadre d’une série de webconférences sur l’éducation aux médias et à l’information organisée par Mlfmonde. L’atelier a permis de mettre en lumière les diverses applications de l’intelligence artificielle (IA) dans le milieu scolaire, pour le personnel enseignant comme pour les élèves.  Trouve-t-on vraiment un loup déguisé en ChatGPT dans cette forêt de l’IA?

Pour en savoir davantage sur l’utilisation en classe de ChatGPT, on se référera, non seulement aux diapositives de la présentation de Yann Houry, mais également aux ressources qu’il a proposées à la fin de son intervention.
Crédit : capture d’écran

Depuis 1956, les chercheurs tentent de reproduire une intelligence artificielle. Aujourd’hui, l’IA est omniprésente et nous l’utilisons parfois sans même le savoir. Ses usages dans le domaine de l’éducation sont multiples et profitent autant aux enseignants qu’aux élèves.

Parlons notamment de ChatGPT, ce nouvel outil dont on parle abondamment, au moins depuis le mois de décembre dans les médias. Il semble particulièrement hérisser dans le milieu enseignant, en raison du plagiat dont pourrait abuser certains étudiants. Yann Houry, lui, a plutôt misé sur divers aspects positifs de ce dialogueur ou agent conversationnel (chatbot) fonctionnant grâce à un réseau complexe de neurones, connu sous le nom de Generative Pre-Trained Transformer.

Pour le personnel enseignant

Il a d’abord axé sa présentation sur ce que peut retirer le personnel enseignant de ces fameux outils alimentés par l’intelligence artificielle, à partir de l’expérience qu’il en a. Par exemple, l’IA peut faciliter les tâches administratives et éducatives. Des outils comme ChatGPT permettent de répondre plus rapidement aux courriels (module ChatGPT Writer pour Google Chrome), rédiger des commentaires de bulletins à partir de simples mots-clés, rechercher et résumer des documents, mettre en forme des notes de réunion ou encore organiser des sorties scolaires. De plus, ChatGPT peut créer des quiz personnalisés, générer des dictées adaptées aux niveaux des élèves et faciliter la transposition audio avec des applications comme TTSMAKER. Il est important de noter que l’usage de ces outils doit être suivi d’une vérification et d’ajustements, mais il sauve tout de même beaucoup de temps qui peut ensuite être consacré à l’interaction directe avec les élèves.

Et pour les élèves!

Les applications pour les élèves sont aussi nombreuses. Faire des bandes dessinées, créer des images pour améliorer le vocabulaire des élèves, proposer des questions sur un sujet précis et générer un quiz du type Kahoot ou encore donner de la rétroaction sur des écrits, par exemple. 

Il a donné, comme autres exemples, la possibilité de demander à ChatGPT de créer des questions sur l’étude d’un roman. Ou de concocter des dictées ayant différents niveaux de difficulté. Il parle même de ChatGPT comme d’une aide précieuse pour les étudiants de l’Hexagone afin qu’ils soient mieux préparés à passer le fameux bac français. La chose pourrait être utilisée de ce côté-ci de l’Atlantique pour la préparation aux examens du ministère de l’Éducation. ChatGPT deviendrait alors une espèce de tuteur personnel.

Ce dialogueur peut aussi être utilisé dans des matières autres qu’en français. En mathématique, un ou une élève peut y recourir pour comprendre la démarche afin de résoudre un problème. En géographie, il n’est pas impossible de penser que ChatGPT soit utilisé pour créer un guide touristique.

Pour Yann Houry, « chaque jour, on a des nouveaux usages » avec ce ChatGPT. Et une nouvelle compétence à maitriser pour les élèves comme pour la population en général se dessine à l’horizon : celle de générer des demandes, ou lignes de commande (prompts), précises et riches. En effet, dans son atelier, il a mis en évidence l’importance de savoir interroger l’IA de manière pertinente pour obtenir des résultats réellement intéressants. Comme le soulignent Franck Amadieu et André Tricot dans leur ouvrage « Apprendre avec le numérique », c’est la connaissance qui permet de se poser des questions, pas l’ignorance. L’IA est donc un outil précieux pour l’éducation, à condition de savoir l’utiliser avec discernement.

Si les nombreux participants présents virtuellement à l’atelier de Yann Houry semblaient avoir moins de réticences face à la nouvelle bête numérique, l’enseignant français n’est pas allé jusqu’à dire qu’il ne fallait pas se poser des questions sur son usage. « Il faut s’en emparer rapidement, non pas pour que ChatGPT se substitue à nous , mais pour qu’il soit une façon pour l’élève de s’améliorer. » Pour Yann Houry, si l’utilisation de ChatGPT consiste simplement à se contenter du minimum, « c’est peut-être là que se cache le loup dans la forêt de l’intelligence artificielle. »

À propos de l'auteur

André Magny
André Magny
Depuis plus de 30 ans, André Magny fait les allers-retours entre le journalisme et l'enseignement du français tant auprès des ados que des adultes. Pigiste régulier pour divers médias dont Francopresse, il a également été journaliste culturel au Droit d’Ottawa et s'occupait des nouvelles technologies au Soleil de Québec. Il a aussi fait du journalisme sportif en France. Il a un faible pour la francophonie, la culture, les sports, la cuisine et la politique.

Recevez l'infolettre Hebdo

Recevez l'Info #DevProf et l'Hebdo pour ne rien manquer des nouveautés de l'École branchée!


Vos commentaires

Pour commenter un article et y ajouter vos idées, nous vous invitons à nous suivre sur les réseaux sociaux. Tous les articles y sont publiés et il est aussi possible de commenter directement sur Facebook, Twitter, Instagram ou LinkedIn.

Faites briller vos projets d'école et pratiques gagnantes!

L'École branchée fait circuler l'information dans le milieu scolaire afin d'alimenter la veille professionnelle et valoriser les initiatives émanant du terrain. Allez-y, proposez-nous un texte! >

À lire aussi

Les actualités de Thot Cursus (février 2024)

Chaque mois, Thot Cursus propose trois articles de son fil de nouvelles aux lecteurs de l’École branchée (et même quelques bonus). Voici les suggestions du mois de février : l'intelligence artificielle peut-elle faire mes devoirs ?, la classification facettée des connaissances, user des dilemmes moraux en classe, simulateurs robotiques éducatifs.

L’intelligence artificielle accompagnera les élèves français

La France deviendra le premier pays à généraliser l’usage d’une intelligence artificielle à tous les élèves d’un même niveau pour les accompagner dans leur progression scolaire. L’outil sera offert à tous les élèves de seconde (environ 15 ans) à partir de la rentrée 2024. Le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Gabriel Attal, en a fait l’annonce en décembre 2023.

Un « choc des savoirs » pour l’éducation française

En décembre 2023, le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse de la France, Gabriel Attal, a rendu public un plan d’action nommé Choc des savoirs : Élever le niveau de notre école. La publication de ce plan fait suite à une importante consultation à laquelle près d’une centaine d’acteurs éducatifs, scientifiques et syndicaux ont participé, de même qu’à une consultation en ligne à laquelle plus de 230 000 professeurs ont répondu.