Hypertrucage : De la désinformation à l’hyperpersonnalisation

L’hypertrucage, aussi appelé deepfake, est une forme de trucage qui gagne du terrain sur les médias sociaux. Nous vous proposons un aperçu du phénomène ainsi que quelques ressources pour l’aborder en classe avec vos élèves.

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L’hypertrucage, aussi appelé deepfake, est une forme de trucage qui gagne du terrain sur les médias sociaux. Si la technologie peut être intéressante, elle fait aussi craindre le pire à certains égards. Nous vous proposons un aperçu du phénomène ainsi que quelques ressources pour l’aborder en classe avec vos élèves.

Selon le Grand dictionnaire terminologique, l’hypertrucage est un « procédé de manipulation audiovisuelle qui recourt aux algorithmes de l’apprentissage profond pour créer des trucages ultraréalistes ». En d’autres mots, il s’agit de superposer des fichiers audio sur des fichiers vidéo ou même de modifier l’image d’une vidéo déjà existante puis de faire passer ce nouveau vidéo comme étant authentique.  

Bien que les effets spéciaux existent depuis longtemps, l’hypertrucage fait passer la capacité de modifier des vidéos à un niveau supérieur. Le procédé ne nécessite pas de savoir-faire technique; des applications et logiciels gratuits, comme l’application ZAO en Chine (qui est l’application la plus téléchargée du pays), permettent d’ailleurs de générer aisément des vidéos truquées, ce qui le rend accessible beaucoup plus largement.

« L’hypertrucage offre beaucoup de potentiel que l’on pourrait qualifier de positif; pour reproduire des scènes de film sans avoir à faire déplacer des acteurs par exemple. Par contre, ses effets négatifs potentiels sont énormes. Avec l’hypertrucage, il est plus facile que jamais de faire passer une scène fausse pour une scène véridique », a expliqué Vincent Bergeron, avocat associé, spécialisé en technologie de l’information chez ROBIC, lors d’une conférence présentée dans le cadre de la Semaine numériQC.

L’un des enjeux avec le deepfake est qu’il est extrêmement difficile à reconnaître, à moins qu’il soit de piètre qualité. M. Bergeron donne en exemple Facebook et Microsoft qui déploient des robots informatiques spécialement dédiés à identifier ce type de vidéo. Ceux-ci échouent dans 30 % des cas.

Nécessaire sensibilisation

Le phénomène de l’hypertrucage est bien réel. Il contribue à la désinformation. Comme les jeunes sont de grands consommateurs de vidéos en ligne. Il devient d’autant plus important de les sensibiliser à l’existence de ce procédé. Ils ne seront probablement pas capables de les reconnaître à tout coup, mais ils pourront au moins développer le réflexe de double vérifier leurs sources d’information.

En 2020, afin de sensibiliser la population à l’existence de l’hypertrucage, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a produit une fausse vidéo et un faux site Web reproduisant une allocution du président des États-Unis, Richard Nixon, en 1969. Dans la vidéo, le président Nixon informait la population que les astronautes d’Apollo II étaient contraints de rester à tout jamais sur la Lune, ce qui est contraire à l’histoire. « Comme quoi, si on ne se méfie pas, le cours de l’histoire pourrait être carrément transformé. »

Pour sensibiliser plus largement les élèves à la désinformation, voici quelques ressources approuvées par Maxime Laflamme, conseiller pédagogique à l’École branchée :

En complément :
– Un dossier du Fonds des médias du Canada : Quels impacts pour l’industrie des médias et du divertissement?
Infocalypse : la propagation des hypertrucages menace la société, La Conversation, résultat d’une recherche de Nadia Naffi, Ann-Louise Davidson et François Berger des universités Laval et Concordia.

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À propos de l'auteur

Martine Rioux
Martine Rioux
Après des études en communication publique, Martine a été journaliste pour différentes publications, avant de poursuivre sa carrière comme conseillère en communications interactives chez La Capitale, groupe financier, puis chez Québec numérique, organisme dont elle a pris la direction générale avant de faire le saut comme conseillère politique au cabinet du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale. Elle est aujourd'hui rédactrice en chef adjointe et chargée de projets spéciaux à l'École branchée. Son rêve : que chacun ait accès à la technologie et puisse l'utiliser comme outil d’apprentissage et d’ouverture sur le monde.

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