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(France) Mieux protéger les données des élèves, une priorité pour l’Éducation nationale

Applications, plateformes d’évaluation, IA éducative… Les données personnelles circulent de plus en plus dans les milieux scolaires. Pour aider les enseignants à naviguer dans ce labyrinthe numérique, le ministère de l’Éducation nationale de la France et la CNIL renouvellent leur partenariat. Objectif : protéger les élèves, outiller les profs et former des citoyens numériques avertis.
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Table des matières

par Audrey MIller

Le ministère de l’Éducation nationale de la France et la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) ont annoncé, le 16 décembre 2025, le renouvellement de leur partenariat initié en 2018. Ensemble, ils entendent renforcer l’éducation au numérique tout en assurant une meilleure protection des données personnelles dans les établissements scolaires.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les outils numériques sont omniprésents dans l’enseignement : plateformes d’apprentissage, évaluations en ligne, visioconférences, intelligences artificielles… autant de technologies qui collectent des données parfois sensibles sur les élèves, les enseignants et les personnels scolaires. Le partenariat vise donc à accompagner les acteurs de l’éducation dans l’usage de ces outils, en plaçant la vie privée et la sécurité des données au cœur des pratiques.

Qu’est-ce que la CNIL et à quoi sert-elle ?

Créée en 1978, la CNIL est l’autorité administrative indépendante chargée en France de veiller à la protection des données personnelles. Elle a été mise en place à une époque où l’informatisation des services publics soulevait déjà des inquiétudes. Son rôle est devenu encore plus central depuis l’entrée en vigueur du Règlement général sur la protection des données (RGPD) en 2018, une législation européenne qui encadre la manière dont les données des citoyens peuvent être collectées, utilisées et conservées.

Pour les lecteurs non familiers avec le système français, la CNIL a une mission semblable à celle d’organismes comme l’Information Commissioner’s Office (ICO) au Royaume-Uni et le Commissariat à la protection de la vie privée au Canada en matière de protection des consommateurs. Elle agit à la fois comme gardienne des droits des citoyens, conseillère des institutions et, si nécessaire, sanctionne les abus. Toutefois, contrairement à l’organisme canadien, elle détient un pouvoir de sanction direct et peut infliger des amendes allant jusqu’à 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires mondial d’une entreprise. De plus, comme elle est une Autorité Administrative Indépendante (AAI), elle n’est pas sous les ordres du gouvernement, ce qui lui permet de sanctionner même des ministères ou des organismes publics.

La CNIL est souvent celle qui donne le ton au niveau mondial. Par exemple, ses décisions sur les cookies ou sur l’utilisation de Google Analytics ont forcé des entreprises américaines à changer leurs pratiques pour toute l’Europe, et parfois pour le reste du monde.

Quatre priorités pour un numérique éducatif plus éthique

Le partenariat renouvelé entre le ministère et la CNIL repose sur quatre axes de travail :

  • Sensibilisation et formation : proposer des ressources pédagogiques et des actions de sensibilisation auprès des élèves, des enseignants et des parents pour développer une culture numérique respectueuse de la vie privée.
  • Accompagnement à la conformité : fournir aux établissements scolaires un cadre clair pour respecter les obligations du RGPD, en particulier dans l’utilisation de nouveaux outils, comme l’intelligence artificielle.
  • Valorisation pédagogique des données : encourager des projets éducatifs qui exploitent les données de manière éthique et réfléchie, tout en incitant les entreprises du secteur à intégrer les bonnes pratiques de protection.
  • Coopération internationale : faire rayonner l’expertise française à l’étranger et contribuer à des projets communs sur la transformation numérique de l’éducation.

Ce que cela change dans la réalité des enseignants

Sur le terrain, cette collaboration peut faire une vraie différence dans le quotidien des enseignants français. Quand un professeur souhaite utiliser une application pour organiser un quiz interactif ou une plateforme de suivi des apprentissages, se pose rapidement la question : les données collectées seront-elles stockées en France ou à l’étranger? Sont-elles partagées avec des tiers? Et surtout, est-ce que cela respecte le droit des élèves?

Ce partenariat vise à simplifier la vie des équipes éducatives. Au lieu de devoir déchiffrer des conditions d’utilisation longues et opaques, les enseignants pourront s’appuyer sur des référentiels validés, des fiches pratiques, des formations et des interlocuteurs identifiés (comme les délégués à la protection des données) pour faire des choix éclairés. En somme, il s’agit de permettre à chacun d’utiliser les outils numériques en toute confiance, sans compromettre la vie privée des élèves.

Une ambition : former des citoyens numériques éclairés

À travers cette démarche, l’Éducation nationale française affirme sa volonté de former non seulement des utilisateurs du numérique, mais aussi des citoyens responsables et informés, capables de comprendre leurs droits et de faire des choix conscients dans un monde de plus en plus connecté. De son côté, la CNIL réaffirme l’importance de protéger les publics les plus vulnérables, en particulier les enfants et les adolescents.

Ce partenariat s’inscrit dans une dynamique plus large que la seule France : partout en Europe et dans le monde, les questions de données personnelles, de souveraineté numérique et d’éthique technologique s’imposent désormais comme des enjeux majeurs dans les politiques éducatives.

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