Entente TÉLUQ-MEES : Kit de survie pour l’enseignement à distance

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Le cours en ligne « J’enseigne à distance », préparé par la TÉLUQ dans le cadre d’une entente avec le MEES, a commencé la semaine dernière à aider les enseignants qui font leurs premiers pas dans le domaine. Notre collaborateur a rencontré (virtuellement!) deux professeurs impliqués dans son développement, Cathia Papi et Steve Bissonnette.

La pandémie fait en sorte que le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) fait un pas vers la formation en enseignement à distance pour l’ensemble des enseignants québécois. La TÉLUQ, seule université francophone en Amérique du Nord à offrir tous ses programmes à distance, en est le maître d’œuvre.

À la suite d’une entente avec le MEES, dans un communiqué diffusé le 1er mai dernier, la TÉLUQ annonçait « que le personnel enseignant des niveaux primaire, secondaire, collégial et universitaire » pourrait suivre dès le 4 mai 2020 « une formation sur l’enseignement à distance. »

C’est le MEES qui a initialement approché la TÉLUQ. Après tout, ils ont une expérience de près de 50 ans de cours à distance.

Cathia Papi, responsable à la TÉLUQ du projet de formation pour l’enseignement à distance destiné tant aux enseignants qu’aux professeurs. Photo : gracieuseté TÉLUQ

Face à l’urgence du moment, la TÉLUQ n’a eu que deux semaines pour se préparer, confie Cathia Papi, professeure au Département d’éducation et responsable de cette formation offerte gratuitement aux enseignants du préscolaire jusqu’aux professeurs d’université. Celle-ci ne donne pas de crédits, « pour l’instant », mentionne Mme Papi. De plus, « cette formation n’est pas disciplinaire », tient-elle à préciser. On ne donnera pas d’exercices à faire pour le français, les maths ou la géo. 

« C’est un kit de survie, c’est une formation de base », complète son collègue Steve Bissonnette, lui aussi professeur au Département d’éducation. En revanche, c’est une occasion en or de se familiariser avec la formation à distance. C’est le moment pour les enseignants « de penser autrement, de passer de la présence à la distance », mentionne Cathia Papi, même si la TÉLUQ se défend bien de faire un X sur l’enseignement en présence.

S’appuyer sur des praticiens

En principe, d’ici le 5 juin, les quatre microprogrammes composés chacun de trois à quatre modules devraient être mis en ligne sur le site de la TÉLUQ. Seront abordés des thèmes comme l’adaptation des cours à la formation à distance, la diffusion des contenus et activités d’apprentissage, la communication et la collaboration, les interactions, les collaborations à distance et, bien sûr, l’évaluation à distance.

Pour l’instant, c’est celui sur l’accompagnement qui est disponible, ainsi que les premiers mots du glossaire, histoire de se sensibiliser au jargon de l’enseignement à distance. Pourquoi faire tout ça alors qu’on commence à parler déconfinement? « En cas de deuxième vague, les enseignants pourraient ainsi être prêts à enseigner à distance », assure la professeure. Et vous avez manqué le lancement du 4 mai? Aucune importance. Vous y allez à votre rythme.

Professeur au Département d’éducation de la TÉLUQ, Steve Bissonnette coordonne la formation préscolaire, primaire et secondaire dans le cadre du nouveau projet de formation sur l’enseignement à distance pour les enseignants québécois. Photo : gracieuseté TÉLUQ

Construit à partir des compétences de praticiens de l’enseignement à distance qui sont déjà sur le terrain, comme les conseillers pédagogiques de la Commission scolaire de la Beauce-Etchemin, ou encore les intervenants de l’École en réseau (EER), de la Formation à distance interordres (FADIO) et du RÉCIT-FP, M. Bissonnette estime que ce coffre à outils « fournit aux enseignants un produit presque clés en main afin de minimiser la résistance » que pourraient avoir certains, face à l’enseignement à distance. Et ce n’est pas uniquement une question d’âge. Selon les représentants de la TÉLUQ, il importe que les étudiants à l’université soient aussi plus sensibilisés à l’enseignement à distance.

Le déconfinement est sur le point de commencer. Les enseignants ont tout un défi devant eux. Steve Bissonnette ne croit pas qu’à l’arrivée de septembre, tout redeviendra comme avant. « On se retrouvera avec une façon hybride d’enseigner, en présence et à distance. » Alors, à la question, qu’est-ce qu’on peut faire pour la prochaine rentrée scolaire? Selon Cathia Papi, « il semble nécessaire de profiter de l’été pour suivre cette formation et réfléchir aux adaptations à apporter dans ses contenus et pratiques d’enseignement ».


En lien avec la formation J’enseigne à distance, Carrefour éducation a élaboré un répertoire d’outils gratuits de formation à distance.


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Depuis plus de 30 ans, André Magny fait les allers-retours entre le journalisme et l'enseignement du français tant auprès des ados que des adultes. Pigiste régulier pour divers médias dont Francopresse, il a également été journaliste culturel au Droit d’Ottawa et s'occupait des nouvelles technologies au Soleil de Québec. Il a aussi fait du journalisme sportif en France. Il a un faible pour la francophonie, la culture, les sports, la cuisine et la politique.