Les enjeux incontournables de la rentrée 2020

Lorsque les écoles ont fermé temporairement à la mi-mars 2020, la situation sanitaire exceptionnelle nous a forcés à prendre des décisions unilatérales. Près de six mois plus tard, bien que la situation ne se soit pas résorbée, il y a des enjeux incontournables quant au retour à l’école qui s'en vient. Voici quelques-unes des considérations exprimées par notre collaborateur Marc-André Girard.
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Les leçons de l’été 2020 à retenir pour l’éducation

[Dans l'oeil du directeur] Des plages de la Gaspésie à l'explosion de Beyrouth, en passant par les théories du complot lorsqu'on parle de COVID-19, les événements récents qui traduisent, pour la plupart, une mutation de notre société. Et si on en tirait des leçons pour faire muter à son tour l’éducation?

L’effet Dunning-Kruger en éducation

|Dans l'oeil du directeur| En éducation, l’effet Dunning-Kruger, soit l’opinion qu’une personne a de sa propre connaissance d’un domaine en particulier par rapport à son niveau réel de compétence, peut essentiellement être envisagé de quatre façons différentes. Notre collaborateur, Marc-André Girard, les expose dans son plus récent billet.

Semer des graines de leadership

[Dans l'oeil du directeur] Lorsqu’il est question de leadership à l’école, on fait le plus souvent référence à la direction. Oui, on s’attend d’une direction d’école qu’elle soit un leader dans son milieu. Or, doit-elle être le seul leader à bord? Et si le leadership, ce n’était pas tout à fait cela? Une réflexion de Marc-André Girard.

À l’aube d’une année incertaine : ouverture, solutions locales et autres tâches connexes

[Dans l'oeil du directeur] Marc-André Girard, directeur d'une école primaire publique dans les Laurentides, parle des défis de l'année qui débute. Il invite les directions à faire preuve de plus d'ouverture que jamais! « L'ouverture de la direction a un important potentiel de mobilisation. En effet, en moment de crise, donner du pouvoir à toutes les parties prenantes est une démonstration que la direction a bel et bien confiance en son équipe, et ce, même lorsque la marge de manœuvre est mince. »

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Un guide pratique pour basculer vers l’enseignement à distance en 24 heures

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Enseigner les sciences à distance : idées et astuces

Le principal défi d’enseigner une matière pratique telle que la science à distance est de trouver comment permettre aux élèves d'expérimenter, de tester et d'explorer par des manipulations. Voici quelques idées pour faciliter le tout.

Et si on changeait l’école? Un forum sur l’école de demain en webdiffusion

Le 24 septembre prochain aura lieu à Paris l’événement « Et si on changeait l’école? », auquel on pourra assister de partout en webdiffusion. Destiné aussi bien aux parents qu’aux professionnels de l’éducation, ce rendez-vous donnera la parole aux pionniers de l’école de demain, à ceux qui, sur le terrain innovent et expérimentent pour faire évoluer la pratique pédagogique.

Prendre exemple sur les enfants pour vivre une année mémorable

Témoignage d'un enseignant du CSS de Montréal sur la rentrée actuelle : « Je suis de retour à l’école et je vois le bonheur dans les yeux des élèves. L’école renaît de ses cendres, ils sont heureux de la retrouver. » Et vous, qu'est-ce qui se vit de beau dans votre milieu?

Lorsque les écoles ont fermé temporairement à la mi-mars 2020, la situation sanitaire exceptionnelle nous a forcés à prendre des décisions unilatérales. Près de six mois plus tard, bien que la situation ne se soit pas résorbée, il y a des enjeux incontournables au retour à l’école, qui s’en vient bien vite. Voici quelques-unes de ces considérations. 

L’éducation, un service essentiel

Je crois fermement que l’éducation est un service essentiel, au Québec comme ailleurs. Pour vous faire une confidence, mon orgueil professionnel a été heurté lorsque les épiceries, stations-services, dépanneurs et certains commerces de détail ont été identifiés comme services « essentiels ». Orgueil mal placé? Probablement! À l’épicerie, la douleur était vive lorsque je me trouvais dans la file de la caisse devant une pancarte peinte à la main : « merci à nos héros ». Sans vouloir diminuer la portée de leur noble travail qui est d’alimenter le Québec et de voir au maintien de l’intégrité de la chaîne d’approvisionnement, l’éducation est un service essentiel. Point.

Sauf que les écoles étaient fermées et nous ne pouvions plus exercer nos fonctions dans un domaine pourtant névralgique pour la société. Ce ne sont pas les héros qui manquent dans les écoles! Les professionnels de l’éducation doivent jouer un rôle tout aussi essentiel. Ce rôle se résume à continuer d’offrir des services scolaires dans un contexte différent et d’une façon tout aussi différente. 

La fréquentation obligatoire

À mon sens, il y a une différence entre l’éducation et l’école. S’il est clair que l’éducation est une activité essentielle pour la société, ses activités peuvent toutefois être menées hors de l’établissement scolaire. L’école n’a pas le monopole de l’éducation. Si la COVID-19 forçait la fermeture des écoles à nouveau, l’éducation des élèves devrait impérativement se poursuivre. 

Cela fait presque 80 ans que la fréquentation scolaire est obligatoire au Québec. Grâce à la multitude d’outils dont nous disposons en 2020, il est désormais possible de fréquenter l’école autrement que sur une chaise dans une classe. Il est évident que la scolarité des élèves, qu’elle soit virtuelle ou présentielle, se doit d’être obligatoire plutôt que facultative. La pandémie a démontré que le réseau de l’éducation n’était pas préparé à un tel événement. La fermeture temporaire des écoles a aussi eu un impact sur l’organisation familiale quotidienne, d’où la nécessité de faire preuve de flexibilité quant à la fréquentation scolaire. Sauf qu’en septembre, nous en serons au sixième mois de la pandémie. Si l’école devait fermer à nouveau, il faudra maintenir la présence obligatoire des élèves aux activités pédagogiques offertes par les écoles. 

Oui, il y a des cas particuliers, des exceptions. Il y aura des élèves qui ne seront pas en mesure de participer aux activités pédagogiques à distance. Cependant, il ne faut pas faire de ces exceptions une norme pour tous. Il revient aux autorités scolaires de voir à ce que les élèves puissent bénéficier des outils nécessaires à l’apprentissage à distance. Elles doivent aussi s’assurer de la collaboration parentale pour l’encadrement des enfants. Ceux qui recevront une exemption de fréquentation scolaire devront faire l’objet d’une approbation ministérielle, tel qu’appliqué dans les cas de sanction des études. Les parents dont les élèves sont dans l’impossibilité de fréquenter virtuellement l’école devraient prouver cette incapacité plutôt de bénéficier d’une règle universelle basée sur une minorité.

Les environnements de travail et les approches pédagogiques

Si l’école est dorénavant considérée comme un service essentiel et que la fréquentation scolaire demeure toujours la norme (peu importe la forme de la fréquentation), il faudra revoir les environnements de travail des enseignants et ceux des apprenants. Le modèle d’aménagement et d’organisation scolaire, même s’il a été malmené par la COVID-19, nous ramène à quelques siècles derrière nous.

Le décalage entre l’école et le milieu du travail est notoire, on le remarque depuis plusieurs années. L’organisation et l’aménagement de l’école détonne du monde du travail, surtout en termes d’utilisation des technologies et de la capacité à collaborer. Et si on appliquait ce fonctionnement aux établissements scolaires? Si on aménageait des espaces de travail flexibles, collaboratifs et décloisonnés, dans lesquels des partenariats avec la communauté sont possibles, voire souhaités? 

Avec un retour à l’école en mode hybride, avec des élèves sur place et d’autres à la maison, optimiser les technologies et les espaces pédagogiques implique non seulement des changements physiques aux établissements actuels, mais également le changement des approches pédagogiques qui permettront de superviser les apprentissages des élèves à distance comme sur le terrain.

La gestion de l’incertitude

La gestion de l’urgence est terminée et, dans un certain sens, celle de l’inconnu et de l’imprévisible! Bien que cette période d’incertitude soit sans précédent, on cherche à savoir si l’école, telle que nous la connaissions avant mars 2020, sera de retour. Notre besoin d’obtenir des réponses dans l’attente des décisions de nos dirigeants traduit notre difficulté à faire le deuil d’un modèle scolaire dépassé, pour lequel nous continuons d’alimenter des espoirs de retour. 

Mais c’est terminé. Cessons d’attendre et travaillons maintenant à repenser nos écoles, nos approches et les services à offrir à notre communauté. L’occasion est là! Faisons évoluer notre système d’éducation en remettant en question les dogmes et les réflexes professionnels qui dictent nos pratiques depuis trop longtemps sans égard aux besoins actuels de nos élèves. 

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À propos de l'auteur

Marc-André Girard
Marc-André Girard
Marc-André Girard est détenteur d’un baccalauréat en enseignement des sciences humaines (1999), d’une maitrise en didactique de l’histoire (2003) et d’une maitrise en gestion de l’éducation (2013). Il est actuellement doctorant en administration scolaire. Il s’est spécialisé en gestion du changement en milieu scolaire ainsi qu’en leadership pédagogique. Il s’intéresse également aux compétences du 21e siècle à développer en éducation. Il occupe un poste de direction à la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord et donne des conférences sur le leadership en éducation, les approches pédagonumériques, le changement en milieu scolaire ainsi que sur la professionnalisation de l’enseignement. Il a participé à des expéditions pédagogiques en France, en Finlande, en Suède, au Danemark et au Maroc. En septembre 2014, il a publié le livre « Le changement en milieu scolaire québécois » aux Éditions Reynald Goulet et, en 2019, il a publié une trilogie portant sur l'école du 21e siècle chez le même éditeur. Il collabore fréquemment à L’École branchée sur les questions relatives à l’éducation. Il est très impliqué dans tout ce qui entoure le développement professionnel des enseignants et des directions d'école ainsi que l’intégration des TIC à l’éducation. En mars 2016, il a reçu un prix CHAPO de l’AQUOPS pour l’ensemble de son implication.

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