Collaborer avec des ressources locales pour enrichir l’apprentissage des élèves

On entend parfois des histoires d’enseignants qui trouvent un nouveau souffle à leur carrière. Pour Lise Cayouette, enseignante au deuxième cycle primaire à l’école Saint-Donat (CS René-Lévesque), ce sont les technologies et la communauté d’apprentissage de l’École en réseau qui ont permis de raviver sa passion pour l’Éducation. 

Lise Cayouette s’est toujours intéressée aux nouveautés en enseignement; elle a intégré la classe flexible il y a plusieurs années et utilise l’iPad 1 :1 avec ses élèves. La découverte de l’École en réseau, qui accompagne les intervenants scolaires dans le développement d’une capacité de collaboration, a été une véritable révélation. Aujourd’hui, elle agit à titre d’enseignante-ressource pour l’organisme et fait vivre à ses élèves ainsi qu’à d’autres classes à travers le Québec, des projets authentiques qui mettent en valeur les richesses culturelles locales.  

L’École branchée a eu le bonheur de s’entretenir avec cette enseignante inspirante pour qui les idées innovantes permettant aux élèves de jouer un rôle actif dans leurs apprentissages ne se font plus attendre : 

Pourquoi trouvez-vous important de faire vivre des projets à vos élèves et quelles sont les conditions qui permettent à d’atteindre les objectifs visés? 

Lise : Les projets augmentent la motivation et l’engagement des élèves et il est important que ces projets soient vécus dans des contextes signifiants. En effet, les élèves s’impliquent davantage dans des situations authentiques d’apprentissage, lorsqu’ils poursuivent un but réel et sentent qu’ils ont de la place pour s’exprimer et prendre des décisions. De plus, les projets permettent de développer naturellement les diverses compétences transversales : les élèves apprennent à communiquer, à résoudre des problèmes, à coopérer, à exercer leur jugement critique et à se donner des méthodes de travail efficaces et bien d’autres. Il est également essentiel d’identifier un sujet accrocheur afin que les élèves s’intéressent au projet et qu’ils se l’approprient. Finalement, les apprentissages interdisciplinaires, le travail d’équipe et l’intégration du numérique peuvent certainement contribuer à la réussite du projet.  

En quoi la collaboration avec des ressources locales permet d’enrichir les apprentissages des élèves? 

Lise : Je trouve important d’impliquer des personnes ressources à différents moments du projet car cela permet d’enrichir l’expérience des élèves. Parfois, j’implique les ressources locales en amorce à un projet afin de jouer le rôle de déclencheur. À d’autres moments, je les implique pendant le projet pour consolider les apprentissages ou à la fin du projet pour fournir de la rétroaction. Je remarque que l’interaction avec des ressources locales est une grande source de motivation pour les élèves. Cela peut même aller jusqu’à leur permettre de se projeter dans l’avenir et de réfléchir à des options de carrière. Les personnes ressources quant à elles sont toujours fières de partager leurs passions et leurs métiers. 

« Je vais manquer d’années d’enseignement avec toutes les ressources locales que j’aimerais impliquer dans mes projets » – Lise Cayouette 

Parlez-nous du premier projet au cours duquel vous avez collaboré avec des ressources locales. 

Lise : Le premier projet que j’ai initié portait sur le thème des légendes. L’objectif était de découvrir le monde des légendes et de l’explorer sous toutes ses formes : les arts dramatique, l’écriture, la lecture, la communication orale et les arts plastiques. J’ai collaboré avec des ressources d’ici, M. Patrick Dubois (un conteur qui anime des soirées légendes autour du feu à Carleton-sur-mer) et d’ailleurs (le Musée de la Mer des Iles de la Madeleine). Les élèves ont appris à créer et raconter une légende de manière à captiver leur audience. Ils ont également travaillé avec les élèves de la Polyvalente afin de confectionner des lanternes poisson. Le projet s’est conclu par une soirée de contes autour du feu devant près de 75 personnes en compagnie du conteur professionnel. Pour ma part, j’ai compris avec ce projet qu’il fallait faire confiance aux élèves, car même les plus timides ont relevé le défi avec brio! J’ai aussi été inspirée de voir que chaque classe participante a vécu le projet à sa façon. 

Parlez-nous du projet d’envergure que vous avez initié Les fossiles, mémoire de la terre. 

Lise : Ce projet a impliqué 22 classes à travers la province. M. Olivier Matton du Parc national Miguasha a animé des capsules sur la formation des fossiles, sur l’histoire de la terre et de la vie, ainsi que sur le passage de la vie aquatique à la vie terrestre. Chacune des capsules étaient orientées par des questions que nous avions posées préalablement sur le Knowledge Forum. Les élèves ont ainsi eu l’occasion d’émettre des hypothèses et de collaborer afin de développer davantage leur connaissance face à un sujet précis. L’école en réseau favorise une coélaboration des connaissances et un enrichissement du savoir. Les élèves sont allés très loin dans ce projet car ils étaient intéressés. J’ai intégré un volet robotique, un volet arts plastiques ainsi que des résolutions de problèmes mathématique. Nous avons également créé un livre numérique collectivement et collaboré avec le centre d’études collégiales pour que les élèves expérimentent l’impression 3D. Cette fois, le projet s’est conclu par la visite de trois classes de la région de Gatineau en Gaspésie avec une journée mémorable au Parc national de Miguasha et diverses activités dans la région. Une véritable expérience de jumelage et des retombées du point de vue touristique. 

Vous pouvez voir le dossier sur le projet dans les pratiques inspirantes de l’École en réseau. 

Parlez-nous du projet que vous menez cette année avec vos élèves. 

Lise : Cette année, je souhaitais faire découvrir à mes élèves et aux autres classes du Québec les peuples des Premières nations dans le but de favoriser le dialogue. 23 classes participent actuellement au projet. J’ai créé le projet Mawita ´jig qui signifie être ensemble. J’ai utilisé deux livres, Les mots volés et Quand on était seuls, comme amorce au projet. Par la suite, deux personnes de la communauté Micmacs sont venus parler de la langue, de la culture, des croyances et des traditions. J’ai contacté l’artiste à l’origine de l’exposition mobile Regalia fierté autochtone qui nous a donné accès aux photos et aux textes et nous avons eu la visite de Madame Amanda Larocque qui est venue danser pour nous avec son régalia. Il s’agit une fois de plus d’un projet interdisciplinaire à travers lequel les élèves vont développer leurs connaissances en univers social, vont faire des arts plastiques, de la programmation avec Scratch et de la robotique. 

Quels avantages voyez-vous à utiliser les technologies numériques dans vos projets et à vivre des projets en réseau avec d’autres classes? 

Lise : Grâce aux technologies collaboratives de l’École en réseau, VIA et le Knowledge Forum, les élèves sont plus engagés car ils savent que quelqu’un va les écouter ou les lire. Le fait de travailler en réseau avec d’autres classes joue aussi sur la motivation des élèves et permet de rester proche des apprentissages.  

Parlez-nous de votre vision du rôle de l’enseignant.

Lise : Lorsque je travaille par projets, je deviens davantage comme une guide. Tout en gardant en tête mon intention pédagogique, je laisse de la place aux élèves et je suis attentive à leurs idées afin qu’ils puissent exploiter leur créativité et s’impliquer dans les décisions. Il faut toutefois préciser que je n’enseigne pas toujours à travers des projets, il y a encore des moments où je suis debout devant la classe pour expliquer des contenus notionnels. L’important c’est de trouver un équilibre et s’assurer qu’il n’y ait jamais une journée à 100% magistrale. Je cherche à maximiser les moments où les élèves jouent un rôle actif dans leurs apprentissages. 

Quelle est votre plus grande fierté lorsque vous pensez aux projets réalisés avec vos élèves? 

Lise : Je suis fière d’avoir fait découvrir les ressources de la belle Gaspésie et d’avoir donné la chance à un grand nombre d’élèves de découvrir leur province. Je suis fière de faire partie de la communauté de l’École en réseau car seule, les projets que j’initie n’auraient pas le même impact. 

Quels conseils aimeriez-vous donner à un enseignant qui souhaite emboîter le pas? 

Lise : Il faut prendre son temps, trouver un sujet qui pourra allumer sa classe et le laisser mûrir dans un coin de sa tête. Garder des traces de ses inspirations et ne pas hésiter à consulter des collègues ou d’autres personnes intéressantes pour le projet. Oser prendre des risques et tirer profit de la force de notre réseau. Il faut aussi être ouvert aux idées des élèves car ces derniers peuvent nous diriger vers des avenues auxquelles on n’avait pas encore pensé. Surtout, il faut croire en nos idées et se faire confiance car l’enseignant est le mieux placé pour trouver ce qui peut accrocher les élèves.  

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