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Une approche axée sur les solutions

Notre collaborateur Marc-André Girard propose une série de billets à l’occasion de la rentrée scolaire 2023-2024. Dans ce texte, il invite les acteurs du monde scolaire à se placer en mode solution pour contribuer à résoudre les problèmes du quotidien.

Publié le :


Par Marc-André Girard, directeur d’une école publique

J’avais un collègue que j’estimais particulièrement. D’un naturel jovial et positif, il voyait toujours le bon côté des choses. Il était cadre dans une école et, bien établi dans le milieu, il avait une formule absolument exquise quand des membres de l’équipe-école débarquaient dans son bureau avec des problèmes. Il posait invariablement la question suivante : « Comment puis-je t’aider à résoudre ton problème? ».

En effet, on perçoit souvent la direction comme étant celle qui règle tous les problèmes. Combien de fois ai-je entendu deux formulations incontournables : 

  1. « Ah, ce n’est pas mon problème! » 

Travailler en éducation, c’est prendre la responsabilité de ce qui se passe dans une école. Évidemment, cette responsabilité est partagée parmi tous ceux qui travaillent dans le milieu, mais combien de fois pouvons-nous témoigner de cette déresponsabilisation. Par ses fonctions, la direction ne peut se déresponsabiliser de ce qui se passe dans son école et conséquemment, on peut avoir tendance à relayer le tout au sommet de la hiérarchie scolaire. 

  1. « Je ne ferai jamais ton travail! »

En vertu de ce qui précède, plusieurs pensent que la direction ne fait que gérer des problèmes insolubles, du mécontentement et des plaintes. C’est faux. Ironiquement, ceux qui disent cela sont souvent ceux qui font en sorte que nous passions un peu trop de temps à gérer divers aspects négatifs de la profession de direction. 

Plusieurs ne se rendent pas compte qu’elles envisagent leur profession en entrevoyant les problématiques d’abord. Pire, des gens apportent des problèmes à des solutions. Pourtant, là où plusieurs voient des problèmes, je vois soit des solutions, soit des opportunités. Cela peut donc créer quelques écueils relationnels basés sur des angles de visions d’une même situation qui nous est imposée. 

Si nous devons nous responsabiliser face à ces problématiques qui s’imposent, il faut comprendre que, bien souvent, elles ne nous appartiennent pas. Oui, nous devons déployer beaucoup d’énergies et puiser en nous le nécessaire pour résoudre le tout de façon réfléchie et compétente, mais quand même, ces problématiques ne nous appartiennent souvent pas. 

Ce qui nous appartient, toutefois, ce sont les émotions qu’elles suscitent en nous et surtout, comment nous les gérons. Ainsi, on tend à oublier que nous avons, malgré tout, bel et bien un pouvoir face à ce qui nous est imposé, grâce à nos réactions et notre capacité à ne pas se laisser submerger par les émotions qui naissent en nous. 

Encore une fois, cela démontre comment le travail que nous faisons dans le domaine de l’éducation en est un qui met de l’avant des compétences socioémotionnelles bien plus que la connaissance d’une matière, de son programme ou d’aspects théoriques reliés à sa fonction.

À propos de l'auteur

Marc-André Girard
Marc-André Girard
Marc-André Girard est détenteur d’un baccalauréat en enseignement des sciences humaines (1999), d’une maitrise en didactique de l’histoire (2003), d’une maitrise en gestion de l’éducation (2013) et d’un doctorat en éducation (2022). Il s’est spécialisé en gestion du changement en milieu scolaire ainsi qu’en leadership pédagogique. Il s’intéresse également aux compétences du 21e siècle à développer en éducation. Il occupe un poste de direction dans une école publique et donne des conférences sur le leadership en éducation, les approches pédagonumériques, le changement en milieu scolaire ainsi que sur la professionnalisation de l’enseignement. Il a participé à des expéditions pédagogiques en France, en Finlande, en Suède, au Danemark et au Maroc. En septembre 2014, il a publié le livre « Le changement en milieu scolaire québécois » aux Éditions Reynald Goulet et, en 2019, il a publié une trilogie portant sur l'école du 21e siècle chez le même éditeur. Il collabore fréquemment à L’École branchée sur les questions relatives à l’éducation. Il est très impliqué dans tout ce qui entoure le développement professionnel des enseignants et des directions d'école ainsi que l’intégration des TIC à l’éducation. En mars 2016, il a reçu un prix CHAPO de l’AQUOPS pour l’ensemble de son implication. Il est récipiendaire de la bourse Régent-Fortin 2022 octroyée par l’ADERAE pour la contribution importante de ses études doctorales au développement de la pratique et des savoirs en administration de l’éducation.

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