Appartenir à une communauté virtuelle

Montréal - Les jeunes immigrants utilisent abondamment des réseaux sociaux en ligne pour garder un lien avec leur communauté d’origine. C’est le constat de Céline Friche et Hans-Olivier Poirier-Grenier, qui ont effectué une étude sur le rôle du sentiment d’appartenance dans les réseaux sociaux sur Internet.

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Montréal – Les jeunes immigrants utilisent abondamment des réseaux sociaux en ligne pour garder un lien avec leur communauté d’origine. C’est le constat de Céline Friche et Hans-Olivier Poirier-Grenier, qui ont effectué une étude sur le rôle du sentiment d’appartenance dans les réseaux sociaux sur Internet.

Leur étude, intitulée Nouvelle géographie des appartenances dans le cyberespace, est effectuée à l’Institut national de la recherche scientifique dans le cadre de leur maîtrise en Pratique de recherche et action publique.

Ils sont venus présenter leurs résultats au colloque Génération numérique : pour une sociologie du cyberespace, qui prenait place dans le cadre du 78e Congrès de l’Association francophone pour le savoir, à l’Université de Montréal.

Mme Friche et M. Poirier-Grenier ont rencontré une trentaine de jeunes nés à l’étranger pour leur étude. Avec des entretiens semi-dirigés, ils ont tenté de comprendre comment s’expriment les sentiments d’appartenance à leur communauté d’origine et à leur communauté d’accueil sur Internet.

Ils ont observé que les réseaux sociaux, Facebook en particulier, permettent pour les jeunes immigrants de maintenir un lien avec leurs amis éloignés. Ils ont tendance à utiliser ces sites Internet pour contacter les gens qui sont géographiquement éloignés d’eux autant que pour entretenir un contact avec leurs amis rapprochés. En effet, pour beaucoup de destinations internationales, la poste est lente et peu efficace et les appels téléphoniques sont dispendieux : Facebook peut alors remplacer les lettres et les cellulaires.

Chez les adolescents issus de l’immigration, Mme Friche et M. Poirier-Grenier ont noté une forte présence de symboles représentant leur culture d’origine sur leurs profils en ligne. « Ils publient des photos d’eux dans leur pays, des images de leurs équipes sportives nationales ou des drapeaux sur leurs pages personnelles », explique Céline Friche.

Appartenances plurielles
Par ailleurs, plusieurs des jeunes que Mme Friche et M. Poirier-Grenier ont interviewés exprimaient leur appartenance de façon moins typique. « Certains adolescents rejettent les conceptions de citoyenneté, de groupe ethnique ou de classe sociale et vont plutôt exprimer des préférences musicales ou un attachement à la Francophonie sur les sites de réseautage en ligne, décrit Hans-Olivier Poirier-Grenier. Ceux-ci illustrent souvent clairement leur sentiment d’être des citoyens du monde ».

Les chercheurs remarquent aussi que les jeunes étudiés ont des réseaux d’amis qui habitent dans leur pays d’origine et des réseaux d’amis qui habitent au Québec. C’est, selon eux, la force de ce dernier qui favorisera l’intégration des adolescents immigrants au Québec. « L’idée stéréotype que les gens sont amis sur Internet avec de purs inconnus ne s’applique pas vraiment aux jeunes immigrants québécois », résume Céline Friche.

Il apparaît donc que les identités culturelles se manifestent sur Internet, mais ne constituent pas un frein à l’intégration des nouveaux Québécois. Pour Céline Friche et Hans-Olivier Poirier-Grenier, les appartenances des nouveaux arrivants s’observent en ligne, mais elles sont le reflet d’amitiés et de sentiments nés préalablement.

Par Viviane De Repentigny

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À propos de l'auteur

Martine Rioux
Martine Rioux
Après des études en communication publique, Martine a été journaliste pour différentes publications, avant de poursuivre sa carrière comme conseillère en communications interactives chez La Capitale, groupe financier, puis chez Québec numérique, organisme dont elle a pris la direction générale avant de faire le saut comme conseillère politique au cabinet du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale. Elle est aujourd'hui rédactrice en chef adjointe et chargée de projets spéciaux à l'École branchée. Son rêve : que chacun ait accès à la technologie et puisse l'utiliser comme outil d’apprentissage et d’ouverture sur le monde.

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