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5 leçons que j’ai apprises en enseignant à distance

Élise Goulet Pedersen, enseignante de français 7e année en Ontario, nous parle de son expérience durant la fermeture des écoles.
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Traduction automatisée - des erreurs (parfois hilarantes) vont se glisser! 😉

Confinée… mais pas mes élèves!

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par Élise Goulet Pedersen, enseignante de français 7e année en Ontario (Canada).

Je ne m’attendais pas à passer trois mois à enseigner à distance. Personne ne s’y attendait. J’ai fait du mieux que j’ai pu, en apprenant sur le tas, comme on dit. Je ne savais pas trop comment m’y prendre, les autres non plus. Nous étions tous déstabilisés : enseignants, directions, surintendants, parents, élèves… J’ai fait quelques erreurs oui, mais j’ai eu des bons coups aussi. J’ai fait un retour sur cette période inhabituelle pour en ressortir les leçons que j’ai apprises. Car, on s’en doute tous, la prochaine année scolaire risque d’être tout aussi mouvementée. Je veux puiser dans ce que j’ai appris le printemps dernier pour planifier ce qui s’en vient. 

Je vous partage donc 5 leçons que j’ai apprises en enseignant à distance.

Leçon 1 : Une chance que mes élèves maîtrisaient la technologie

Durant la première moitié de l’année, mes élèves avaient appris à utiliser divers outils technologiques qui m’ont été encore plus utiles durant l’enseignement à distance. Entre autres, j’ai beaucoup utilisé Google Classroom et FlipGrid.

Par conséquent, la première chose que j’enseignerai en début d’année sera l’utilisation de ces outils. Que nous soyons en classe ou à distance, je préparerai sûrement des tutoriels pour les élèves afin qu’ils puissent se familiariser avec chaque technologie. Une fois cela maîtrisé, ils pourront ensuite les utiliser pour soumettre leur travaux et recevoir ma rétroaction. Cela me rendra service si je dois enseigner à distance lors d’une prochaine fermeture des écoles, si je dois m’isoler en raison de symptômes et donc enseigner de la maison, si mes élèves doivent s’isoler et apprendre de la maison…

Leçon 2 : En se concentrant sur l’essentiel, on a soudainement plein de temps pour enseigner ce qui est important.

J’ai trouvé difficile de couper plusieurs contenus de mon enseignement. Mais je n’avais pas le choix. En enseignement à distance, tout prend plus de temps. Je devais donc cibler ce qui était absolument essentiel pour que l’élève soit prêt pour la prochaine année scolaire.

Nous avions beaucoup travaillé la lecture de janvier à mars, je voulais donc davantage me concentrer sur l’écriture. De plus, puisque mes élèves vivent dans un milieu francophone minoritaire, j’ai décidé d’accorder de l’importance à la communication orale afin qu’ils maintiennent un bon français parlé. Au lieu de faire les quatre évaluations prévues, ils en ont eu deux.

Quoi qu’il en soit, à la fin de l’année scolaire, j’étais fière de leur progrès. Ceux qui ont suivi l’enseignement à distance jusqu’au bout (certains élèves étaient peu ou pas présents pour diverses raisons) sont à mon avis aussi prêts que mes élèves de l’année précédente, et cela, malgré la fermeture des écoles. Y aurait-il moins de dérangements et de perte de temps à distance?

Leçon 3 : L’évaluation n’est pas figée dans le temps, mais continuelle.

Il est très difficile de donner un test lorsqu’on n’est pas présent en classe avec l’élève. Comment éviter la tricherie et le plagiat? L’évaluation est donc axée sur les créations originales, les discussions et les observations.

Dans ma province, l’Ontario, on parle de triangulation depuis plusieurs années (productions, conversations, observations), mais la façon d’attribuer une note à une observation ou une conversation n’est pas toujours évidente. La note de mes élèves reposait donc presque uniquement sur des productions. La fermeture des écoles nous a forcés à voir l’évaluation autrement.

Durant ces trois mois, j’ai donné énormément de rétroaction à mes élèves, surtout au sujet de leurs travaux d’écriture. La rédaction du texte d’opinion, qui prend habituellement six jours (une heure par jour) en classe, a été étalée sur quatre semaines. À chaque semaine, l’élève travaillait sur une portion de son texte et me la soumettait, puis je lui offrais de la rétroaction afin qu’il ou elle retravaille ensuite son texte. Avant même de lire la version finale, j’étais en mesure d’attribuer une note à chacun en me basant uniquement sur les observations que j’avais faites à propos de la qualité de l’écriture et de la façon d’utiliser la rétroaction pour améliorer le travail.

Pour l’année scolaire qui vient, j’ai hâte de discuter avec mon équipe afin de cibler les contenus jugés essentiels et ensuite de planifier des évaluations davantage basées sur les observations. Il y a tellement de façons de recueillir des preuves tout au long de l’apprentissage au lieu d’attendre à la fin de l’unité. Dans une année scolaire remplie d’incertitude, c’est une stratégie gagnante selon moi.

Il y a tellement de façons de recueillir des preuves tout au long de l’apprentissage au lieu d’attendre à la fin de l’unité.

Leçon 4 : Le contact humain est essentiel.

Plus le temps passait, plus je sentais mes élèves décrocher. Moi aussi d’ailleurs. L’éducation est un domaine tellement humain, nous sommes toujours entourés de nos élèves et de nos collègues. L’élève qui se retrouve derrière un écran peut perdre toute sa motivation et cesser de voir l’importance des travaux qu’on lui assigne.

J’animais une rencontre obligatoire de 20 minutes par semaine sur Google Meet pour enseigner un concept (pour mon cours de français) et répondre aux questions. J’organisais aussi une rencontre sociale optionnelle de 60 minutes où nous faisions des jeux. Peu d’élèves participaient à la rencontre sociale, mais je l’ai maintenue puisque la dizaine qui y participait avait énormément de plaisir.

Mon grand succès ce printemps? Mes vidéos de la semaine. Je n’ai aucunement regretté cette décision. Au départ, je me filmais une fois par jour, ce qui devenait trop de travail. J’ai donc diminué à une vidéo hebdomadaire. Dans celle-ci, je jasais avec mes élèves (à sens unique, évidemment). Je leur racontais de petites anecdotes (j’ai réorganisé la chambre de mon fils, nous avons acquis un trampoline, je me suis acheté un masque…), je décrivais comment je me sentais (je m’ennuie de vous voir en personne, j’ai hâte de revoir ma famille…), avant d’expliquer les travaux de la semaine (qui étaient aussi détaillés dans un document écrit). De cette façon, mes élèves ne m’oubliaient pas, ils voyaient que j’étais toujours là et que je vivais des moments moins faciles tout comme eux. Il y avait une vraie personne derrière la liste de travaux. Mon conseil : filmez-vous!

Je filmais également la plupart de mes leçons. Dans mon sondage de fin d’année, la majorité des élèves a dit préférer les leçons vidéos dans lesquelles c’est moi qui expliquait la matière. J’utilisais aussi certaines vidéos trouvées sur Internet dans mon enseignement, mais la majorité de mes leçons étaient filmées à l’aide de l’application Screencastify (Google Chrome), où les élèves pouvaient voir mon écran et entendre ma voix.

Mes élèves ne m’oubliaient pas, ils voyaient que j’étais toujours là et que je vivais des moments moins faciles tout comme eux. Il y avait une vraie personne derrière la liste de travaux. 

Leçon 5 : Il faut s’amuser aussi.

L’accueil en classe est super important pour moi. Je fais habituellement jouer de la musique francophone lorsque mes élèves entrent dans le local. J’ai trouvé une façon d’incorporer cela dans mon enseignement à distance. Dans mon message de la semaine, qui contenait la liste des travaux, j’affichais le clip de la chanson de la semaine. Vers la fin de l’année, j’ai aussi découvert comment faire jouer des vidéos au début de mes rencontres Google Meet (pendant que les élèves se branchent, avant que je commence).

Je leur posais une question ludique à chaque semaine sur Google Classroom, et ceux qui le voulaient répondaient dans les commentaires. Par exemple : « Dans la maison, préfères-tu te promener pieds nus ou avec des bas? » ou « Qu’as-tu découvert au sujet de ta famille depuis le début du confinement? ».

Tel que mentionné plus haut, j’ai commencé à organiser une rencontre sociale optionnelle par semaine durant laquelle nous nous sommes amusés en jouant à Scattergories, Fais-moi un dessin et en faisant un défi d’évasion. Les élèves qui y étaient semblaient vraiment apprécier ce temps pour revoir leurs camarades de classe et rire.

Pour souligner la fin de l’année, la dernière rencontre était costumée (ok, j’étais costumée, très peu de mes 70 adolescents l’étaient!). J’y ai présenté un photo-montage de l’année, annoncé les gagnants d’un concours de chroniques vidéos de classe (chaque élève avait soumis une vidéo) et nous nous sommes souhaité bonnes vacances. Ce n’était pas à la hauteur de ce que je planifie habituellement en salle de classe, mais c’était une dernière chance de se voir sans avoir le poids des travaux scolaires.

Bref…

Cette période de changement est remplie d’inconnu. Nous nageons à l’extérieur de notre zone de confort, les élèves aussi. Mais c’est devant des défis que l’on grandit et que l’on développe de nouvelles approches, possiblement meilleures que celles d’avant. Ce n’est pas facile, pas du tout. Je ne prétends par le contraire. J’ai eu mes moments de découragement moi aussi.

Personne ne sait ce qui nous attend pour la prochaine année scolaire. Par contre, cette fois-ci, nous avons une petite idée de quoi ça pourrait avoir l’air…


Merci à Élise Goulet Pedersen pour le partage! La version originale de son texte se trouve sur son blogue Le fabuleux destin d’une enseignante, que nous vous invitons à suivre!

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