12 conseils concrets pour démarrer dans l’éducation à l’esprit critique

« L’éducation à l’esprit critique n’est pas une éducation au doute, mais à une confiance bien calibrée, ajustée par rapport à la qualité des informations disponibles et aux connaissances. » Voici 12 conseils concrets pour faire de l’éducation à l’esprit critique en classe.

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Le Conseil scientifique du ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports en France s’est donné comme objectif de produire des indications pratiques pour l’éducation à l’esprit critique dans les écoles primaires, secondaires et même de l’enseignement supérieur sur son territoire. Au final, 12 conseils sont présentés.

Le document « Éduquer à l’esprit critique – Bases théoriques et indications pratiques pour l’enseignement et la formation », produit par le Conseil scientifique du ministère de l’Éducation nationale, comprend plus d’une centaine de pages. Nous l’avons parcouru afin de relever l’essentiel.

Une définition : l’esprit critique est la capacité à ajuster son niveau de confiance de façon appropriée selon l’évaluation de la qualité des preuves à l’appui et de la fiabilité des sources.

Selon le Conseil scientifique, « l’éducation à l’esprit critique consiste à fournir aux élèves connaissances et critères qui permettent une évaluation plus avancée (sophistiquée et adaptée au contexte) des contenus et des sources d’information. Ceci dans le but d’apprendre à mieux distinguer entre opinions et connaissances, d’identifier les affirmations crédibles, de reconnaître les sources fiables. L’éducation à l’esprit critique n’est pas une éducation au doute, mais à une confiance bien calibrée, ajustée par rapport à la qualité des informations disponibles et aux connaissances. ».

Les critères de l’esprit critique :

·  capacité d’évaluation de la fiabilité des sources;

·  capacité d’évaluation de la plausibilité, de la pertinence des contenus;

·  capacité d’évaluation de la crédibilité des mêmes contenus d’information en termes de preuves à l’appui;

·  capacité d’estimer correctement la confiance que méritent ces mêmes informations ou les décisions associées.

Les 12 conseils

1. Ne pas réduire l’éducation à l’esprit critique à une éducation aux médias et à l’information

Les sciences, l’histoire, toutes les matières et les contenus qui permettent d’acquérir des connaissances solides sont à envisager comme des lieux d’éducation à l’esprit critique.

Faire de l’éducation à l’esprit critique, ce n’est pas faire de l’éducation aux médias et à l’information.

2. Ne pas faire de l’éducation à l’esprit critique une éducation à la méfiance

Miser plutôt sur l’importance de faire le tri entre les sources d’information en mettant l’accent sur les bonnes sources plutôt que de présenter les moins bonnes.

Exercer son esprit critique, ce n’est pas de tout critiquer.

3. Inclure systématiquement l’objectif de favoriser le développement de l’esprit critique dans ses cours et se doter de méthodes appropriées

Le développement de l’esprit critique est une compétence transversale qui peut être abordée dans un grand nombre de cours. Il ne s’agit pas de créer des cours ad hoc, mais d’exploiter toutes les occasions possibles, au sein de tous les enseignements et tout au long du parcours scolaire de l’élève.

Faire preuve d’esprit critique, ce n’est pas uniquement bon quand on navigue sur le web.

4. Faire de l’éducation à l’esprit critique un enseignement assumé

L’enseignant peut structurer son cours pour y introduire les critères de l’esprit critique, en les considérant comme des objectifs à atteindre (et, donc, éventuellement à évaluer). Introduire ces critères signifie les faire vivre par des activités concrètes, mais aussi les rendre explicites pour l’élève. À la fin d’un cours, ce dernier doit savoir sur quels critères il a travaillé, pourquoi et quelle est leur utilité pratique.

5. Faire de l’éducation à l’esprit critique un objectif transdisciplinaire grâce à des enseignements pluridisciplinaires

Les enseignants d’une même école peuvent identifier collectivement les moments dans l’année où certains critères seront travaillés dans différentes disciplines. Les enseignants peuvent alors présenter aux élèves les liens entre les notions qu’ils apprennent dans les disciplines, ce qui fera plus de sens pour eux.

6. Faire de l’éducation à l’esprit critique un objectif durable et évolutif

Évaluer l’expertise d’une source ne se fait pas de la même manière à 7 ou à 15 ans. L’éducation à l’esprit critique doit être adaptée à l’âge de l’élève et monter progressivement en complexité dans les contenus ou les situations présentés.

7. Accepter que l’objectif soit celui de faire mieux, non celui de ne jamais se tromper

Il ne s’agit pas de transformer la manière de penser, le raisonnement, mais de fournir des outils pratiques et des connaissances. L’éducation à l’esprit critique est un investissement sur le long terme.

8. Entraîner les capacités métacognitives

L’enseignant peut exploiter différentes techniques pédagogiques pour amener les élèves à s’interroger sur ce qu’ils savent ou ne savent pas, sur ce qu’ils pensent avoir compris. Cette attitude métacognitive est souvent invoquée pour aider les élèves à prendre le contrôle sur leurs apprentissages et à mieux se réguler.

9. Ne pas renoncer aux connaissances

Faire preuve d’esprit critique est une compétence qui va au-delà de « bien penser ». Il s’agit plutôt d’évaluer des contenus et des sources d’information. C’est pourquoi l’éducation à l’esprit critique ne peut pas être dissociée de l’acquisition de connaissances factuelles qui sont scientifiquement validées sur le monde physique, biologique, social, historique, etc.

10.  Inviter à débattre et à argumenter, mais en prenant des précautions

Il est intéressant de susciter des situations d’apprentissage où les élèves sont amenés à débattre et à argumenter. Cependant, placer les élèves en position de débat se prépare et s’accompagne. Le but n’est pas d’amener les élèves à échanger librement et de manière ouverte sur tous les sujets, mais de leur apprendre à distinguer préférences, opinions, connaissances, faits et preuves de différents niveaux.

11.  Ne pas se limiter à des thèmes « chauds »

Ces thèmes de discussion peuvent traduire l’appartenance des élèves à un groupe social et il est particulièrement difficile de se départir des certaines idées reçues « à chaud ». Cela pourrait conduire à des échanges contre-productifs. Il faut aussi se rappeler qu’il vaut mieux détenir de solides connaissances sur un thème pour en discuter.

12.  Ne pas limiter l’enseignement de l’esprit critique à la connaissance des biais cognitifs et éviter les listes de biais

L’effort pédagogique à mener ne consiste pas à donner une liste de toutes les catégories d’erreurs que les élèves peuvent commettre, mais plutôt à leur faire prendre conscience que certaines disciplines ou certaines situations les font mal juger de la qualité d’une information et qu’il est important d’apprendre à mieux identifier ces cas.

Le Conseil scientifique conclut son document en rappelant l’importance de la formation et du développement professionnel pour les enseignants : « La formation initiale et continue des enseignants est une condition fondamentale pour que l’éducation à l’esprit critique puisse devenir non seulement une préoccupation diffusée, mais une réalité éducative ».

Au Québec, le Programme de formation de l’école québécoise compte neuf compétences transversales, dont Exercer son jugement critique, qui est l’équivalent de ce que le ministère de l’Éducation français nomme l’esprit critique.

Le service national du RÉCIT du développement de la personne offre plusieurs ressources, dont ce dossier sur la pensée critique et une activité sur le jugement critique face à nos découvertes sur le Web.

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À propos de l'auteur

Martine Rioux
Après des études en communication publique, Martine a été journaliste pour différentes publications, avant de poursuivre sa carrière comme conseillère en communications interactives chez La Capitale, groupe financier, puis chez Québec numérique, organisme dont elle a pris la direction générale avant de faire le saut comme conseillère politique au cabinet du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale. Elle est aujourd'hui rédactrice en chef adjointe et chargée de projets spéciaux à l'École branchée. Son rêve : que chacun ait accès à la technologie et puisse l'utiliser comme outil d’apprentissage et d’ouverture sur le monde.

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