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Une suggestion de démarche en quatre temps pour aborder avec les élèves des éléments délicats de l’actualité afin de dénouer les préjugés et conceptions erronées qui peuvent s’installer à travers l’information auxquels ils sont exposés.
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Une suggestion de démarche en quatre temps pour aborder avec les élèves des éléments délicats de l’actualité afin de dénouer les préjugés et conceptions erronées qui peuvent s’installer à travers l’information auxquels ils sont exposés. 

De retour d’un voyage dans un ancien territoire soviétique (avant la crise actuelle, bien entendu!), notre collaborateur partage ses réflexions et les parallèles qu’il fait avec l’éducation. Plusieurs idées trouvent particulièrement écho dans la situation actuelle. Suite d’hier.

Après avoir visité les camps d’Auschwitz, je suis retourné à Cracovie pour me rendre à l’ancienne fabrique d’Oskar Schindler et, en poursuivant ma promenade, je suis allé m’asseoir au monument commémoratif de l’ancien ghetto juif dans le quartier Podgorze, de l’autre côté de la Vistule. 

Je suis songeur. 

Un peu comme si j’étais naïvement le premier à me poser la question (!), je me demande bien comment il est possible de prendre un événement traumatisant de l’actualité ou de l’histoire pour ainsi le tourner en leçon d’humanité pour nos jeunes, afin de faire en sorte que ces derniers puissent non seulement être sensibilisés, mais surtout, qu’ils puissent jouer un rôle positif dans leur société en contribuant, possiblement indirectement, à la société qui les voit grandir. 

À l’école, au-delà des incontournables programmes qui dictent trop souvent le rythme des journées de nos élèves et de nos enseignants, il n’en demeure pas moins qu’il est primordial d’aborder les éléments plus sensibles à l’esprit de nos élèves. Le programme, c’est important, mais quand une catastrophe humaine survient et qu’elle affecte nos élèves pour différentes raisons, il est de notre responsabilité de prendre le temps de discuter avec eux. Évident? Non. Je parle de discussion, de dialogue, d’un moment où les jeunes prennent une pause dans la séquence folle de l’année scolaire. 

1. Verbaliser

La première étape, à mon sens, est de laisser les jeunes verbaliser et exposer leur conception de l’événement en question, en tentant le moins possible de les censurer. S’exprimer, sous la présence bienveillante d’un adulte, lequel évite de les juger, c’est important. Pensons-y : s’ils ne le font pas avec l’enseignant, ils ne le feront certainement pas plus avec leurs parents. Ils préféreront le faire avec leurs amis, et c’est dans ces moments que se construit une compréhension possiblement erronée des faits, basée sur des scénarios bien souvent sensationnalistes auxquels ils sont exposés. Donc, dans ce cas-ci, l’enseignant collige les informations, impressions, opinions et conceptions des élèves. 

2. Exposer les faits

La seconde étape est d’exposer les faits. L’enseignant présente ce qui est vrai et prouvé. Il est souhaitable, dans ce cas-ci, de laisser le temps aux élèves, grâce à une documentation rassemblée par l’enseignant, d’identifier eux-mêmes ces faits. Par souci de temps, l’enseignant peut le faire, mais l’activité sera plus porteuse de sens si les élèves peuvent trouver ces faits, en discuter et collectivement, se faire une nouvelle représentation de la situation. 

3. Comparer sa conception et les faits pour tirer des conclusions

La troisième étape est de permettre aux élèves de comparer leurs premières impressions de la situation avec la nouvelle, appuyée sur les faits. Ils doivent tirer des conclusions des écarts entre leur conception et les faits qui existent. 

4. Imaginer d’autres solutions

Enfin, la dernière étape, lorsqu’elle est applicable, c’est la question qui tue : « comment pouvez-vous faire en sorte que cela se passe autrement »? Il y a des éléments de réponse intéressants pour plusieurs situations tragiques : alcool au volant, suicide, acte d’intimidation, comportements racistes et sexistes, etc. L’idée est de permettre à l’élève de se responsabiliser face à une situation similaire pour éviter qu’elle se reproduise ou, c’est selon, qu’il en soit victime. Quel rôle peuvent-ils jouer? En tant qu’enseignants, nous souhaitons outiller les jeunes à faire face à des situations délicates et qu’ils puissent agir ou réagir de la bonne façon, au bon moment, quand les situations potentiellement dramatiques peuvent survenir. 

. . .

Ce qui importe, je crois, c’est d’éviter les jugements. Depuis toujours, et c’était pareil quand nous avions l’âge de nos élèves, il y a une perception tenace en éducation, à l’école comme ailleurs, proposant que les adultes soient des donneurs de leçons ou, encore, qu’ils démontrent leur incompréhension de la génération à laquelle appartiennent les jeunes d’aujourd’hui. 

Or, les extrémismes font bel et bien un retour dans le paysage politique occidental et de plus en plus d’adeptes adhèrent à ces doctrines. Le nationalisme reprend son envol et cède même le pas, parfois, comme l’histoire nous l’a si souvent enseigné, à la xénophobie. Ainsi, comment faire en sorte d’inverser la vapeur et diminuer le nombre d’adhérents à ces idées extrémistes? Il est là le défi! 

Éduquer prend beaucoup plus de temps qu’instruire. Dans les moments difficiles, nos jeunes ont besoin qu’on prenne du temps pour leur expliquer. Pendant ce temps, peut-être que nous n’avançons pas dans notre programme, mais nous contribuons clairement au façonnement de l’humain en devenir et à la pérennité de nos idéaux démocratiques.

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