Quatre raisons pour lesquelles les écoles finlandaises sont parmi les meilleures au monde

En visite en Finlande, notre collaborateur Marc-André Girard a obtenu des réponses à la question que de nombre d'acteurs éducatifs se posent.

Publié le :

LIRE CET ARTICLE EN :

Traduction anglaise automatisée - des erreurs (parfois hilarantes) peuvent se glisser! ;)

ANNONCE
Ajouter aux favoris (0)

La question était incontournable et je ne pouvais pas m’empêcher de la poser au directeur de l’école normale universitaire de Savonlinna, M. Mikko Ripatti. Bien que j’aie tout fait pour éviter d’être complaisant, il est parti à rire quand je lui ai posé LA question : pourquoi les écoles finlandaises sont-elles parmi les meilleures au monde?

Après avoir repris son sérieux, voici ce qu’il m’a répondu, sans trop prendre la peine de réfléchir :

Première raison : la société finlandaise

Selon M. Ripatti, la société démocratique est homogène, au sens économique du terme. Il affirme qu’il existe peu de différences économiques marquées entre les habitants et qu’il n’y que très peu de pauvreté parmi les 5.5 millions d’habitants. Cela a pour effet, selon lui, d’offrir un milieu plus propice à l’éducation, car elle peut devenir une priorité sociale au plan national, contrairement à l’éducation en milieu défavorisé où la priorité demeure de combler les besoins physiologiques des enfants.

Deuxième raison : la gestion des écoles

Selon M. Rippati, la gestion des écoles est efficace et centrée sur les humains. Les enseignants et les membres de la direction sont facilement accessibles, et ce, autant pour les élèves que pour les parents. Au-delà de cette accessibilité, les directeurs se livrent à des activités d’encadrement pédagogique, ce qui leur permet d’assurer une certaine animation à cet égard. D’ailleurs, ils seraient particulièrement à l’affût des nouvelles tendances en éducation ainsi que des conclusions de la recherche dans le domaine.

De plus, selon ce que quelques enseignants m’ont confié, la direction des écoles finlandaises serait naturellement ouverte aux idées provenant des enseignants et elle s’emploierait à mettre en œuvre le nécessaire pour que celles-ci soient réalisées.

Troisième raison : la formation des maitres

Selon le directeur d’école, la formation initiale des enseignants est excellente. Dans un premier temps, ce ne sont pas tous les candidats qui y sont acceptés; en effet, seuls les meilleurs candidats sont retenus. D’office, il faut donc savoir se mettre en valeur et démontrer de belles aptitudes pour la profession pour avoir l’honneur d’être sélectionné dans les facultés d’éducation finlandaises. Il ne faut pas négliger le fait que les candidats doivent être titulaires d’une maitrise pour obtenir leur brevet d’enseignement. Ils passent donc cinq années non seulement sur les bancs d’université, mais également en milieu scolaire.

De plus, une fois entrés en fonction, les enseignants ont trois journées de développement professionnel obligatoires par année pendant lesquelles ils participent à divers ateliers de formation continue de leur choix.

Enfin, il semblerait que les enseignants accordent naturellement de l’importance à leur démarche de formation continue. La formation continue est donc très fortement ancrée dans la mentalité professionnelle.

Quatrième raison : autonomie professionnelle

Les enseignants finlandais jouissent d’une grande liberté professionnelle. Ils peuvent faire des choix d’approches et d’outils pédagogiques en plus de ceux concernant les modalités d’évaluation. Autrement dit, il s’agit d’un système scolaire fortement décentralisé et géré localement par les instances municipales.

Le développement professionnel est, nous l’avons vu, fortement ancré dans les préoccupations professionnelle, ce qui a permis aux enseignants finlandais d’intégrer facilement les technologies ou d’employer de nouvelles approches pédagogiques.

De plus, M. Ripatti me confiait de façon informelle qu’en Finlande, la crédibilité et la confiance accordées aux enseignants sont très élevées. En effet, il y aurait en Finlande trois professions qui jouissent de la confiance de la population et qui génèrent un capital social impressionnant (sans égard à l’ordre) : les militaires, les policiers et les enseignants!

Il n’y a donc pas de raison principale qui explique que les écoles finlandaises sont parmi les meilleures au monde. En fait, c’est une combinaison de facteurs qui est à la base de leur succès et de leur réputation internationale.

 

Cet article fait partie d’une série publiée par notre auteur et collaborateur Marc-André Girard, dans le cadre de sa participation au Laboratoire d’innovation et du numérique en éducation (LINE) à l’Université de Nice Sophia Antipolis.

Vous pouvez lire l’ensemble des articles de cette série ici.

Vos commentaires sur l'article

Pour commenter cet article et y ajouter vos idées, nous vous invitons à nous suivre sur les réseaux sociaux. Tous les articles y sont publiés et il est possible de commenter directement sur Facebook, Twitter ou LinkedIn.

Vous avez une nouvelle à nous communiquer ou souhaitez publier un témoignage?

Faites connaître votre projet pédagogique ou partagez vos idées via nos sections Opinion, Témoignages ou Communiqués! Voici comment faire!

Vous aimez ce que vous lisez?

Abonnez-vous et recevez les 3 prochains numéros du magazine École branchée (imprimé ou numérique, français ou anglais) en plus de nos dossiers exclusifs en ligne!

En savoir plus >

À propos de l'auteur

Marc-André Girard
Marc-André Girard est détenteur d’un baccalauréat en enseignement des sciences humaines (1999), d’une maitrise en didactique de l’histoire (2003) et d’une maitrise en gestion de l’éducation (2013). Il est actuellement doctorant en administration scolaire. Il s’est spécialisé en gestion du changement en milieu scolaire ainsi qu’en leadership pédagogique. Il s’intéresse également aux compétences du 21e siècle à développer en éducation. Il occupe un poste de direction dans une école primaire publique et donne des conférences sur le leadership en éducation, les approches pédagonumériques, le changement en milieu scolaire ainsi que sur la professionnalisation de l’enseignement. Il a participé à des expéditions pédagogiques en France, en Finlande, en Suède, au Danemark et au Maroc. En septembre 2014, il a publié le livre « Le changement en milieu scolaire québécois » aux Éditions Reynald Goulet et, en 2019, il a publié une trilogie portant sur l'école du 21e siècle chez le même éditeur. Il collabore fréquemment à L’École branchée sur les questions relatives à l’éducation. Il est très impliqué dans tout ce qui entoure le développement professionnel des enseignants et des directions d'école ainsi que l’intégration des TIC à l’éducation. En mars 2016, il a reçu un prix CHAPO de l’AQUOPS pour l’ensemble de son implication.

Recevez l'infolettre Hebdo

Recevez l'Info #DevProf et l'Hebdo pour ne rien manquer des nouveautés!





Ces textes pourraient aussi vous intéresser :