Pour la pratique de la philosophie avec les enfants

À l’occasion du plus récent congrès de l’ACFAS, le professeur Mathieu Gagnon de l’Université de Sherbrooke a présenté ce que l’on pourrait qualifier de plaidoyer pour la pratique de la philosophie avec les enfants.

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À l’occasion du plus récent congrès de l’ACFAS, le professeur Mathieu Gagnon de l’Université de Sherbrooke a présenté ce que l’on pourrait qualifier de plaidoyer pour la pratique de la philosophie avec les enfants.

L’intervention de Mathieu Gagnon s’est faite au cours du colloque « L’éducation, rempart contre le populisme? », présenté par le Conseil supérieur de l’éducation (CSE). Par ce colloque, le Conseil souhaitait entre autres alimenter la réflexion sur le rôle de l’éducation pour préparer les futurs citoyens à affronter les enjeux auxquels ils devront faire face au cours du 21e siècle. (voir texte précédent)

Dans son exposé, le professeur Gagnon a soutenu que la pratique du dialogue philosophique avec les enfants pouvait effectivement devenir un rempart contre le populisme considérant l’attention que celle-ci porte à la formation de la pensée en général, et de la pensée critique en particulier.

« Lorsqu’on parle de dialogue philosophique, l’enseignant réfléchit avec les élèves. Il devient un facilitateur, qui les engage dans un processus de recherche commune de sens. Il n’y a pas de vérité unique. On pense ensemble », résume-t-il. Au cours des discussions, trois modes de pensées fonctionnent alors en synergie et seront mis en valeur à différents moments : attentive (caring), créative et critique.

La pensée critique

Dans sa définition d’origine, la pensée critique ouvre au dialogue, met en relation des individus – qui peuvent avoir des points de vue variés -, encourage l’utilisation de sources crédibles et validées et favorise l’analyse d’arguments. « La pensée critique se construit avec les autres dans une perspective de coélaboration de sens. Elle est vigilante face aux biais cognitifs et aux sophismes », dit M. Gagnon.

Selon lui, l’un des enjeux actuels est que les populistes et les complotistes se réclament de la pensée critique, donnant un tout autre sens au terme. « Il devient alors plus nécessaire de revenir à la base et d’apprendre à dialoguer ensemble. »

Au cours des travaux de recherche qu’il a menés dans les dernières années, il en est venu à la conclusion que la pratique du dialogue philosophique place les élèves et les enseignants dans un rapport aux savoirs différents. Il ne s’agit plus de transmettre des savoirs figés dans le temps, mais de construire des savoirs. Cette nouvelle posture amène des échanges porteurs de sens.

D’ailleurs, les élèves participant à ses travaux ont indiqué que la pratique du dialogue philosophique était la discipline scolaire « qui leur est la plus utile dans leur vie de tous les jours ». Ils ont aussi dit qu’ils considèrent les apprentissages réalisés (principalement concernant les habiletés de pensée) comme étant ceux « qui seront les plus durables parmi tous ceux effectués à l’école ».

L’École branchée a assisté aux échanges portant sur l’éducation aux médias et l’éducation à la démocratie à l’occasion du dernier congrès de l’ACFAS. Dans un prochain texte, nous présenterons le point de vue de Marjorie Flon, de l’Institut du Nouveau Monde, au sujet de l’éducation à la citoyenneté.

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À propos de l'auteur

Martine Rioux
Après des études en communication publique, Martine a été journaliste pour différentes publications, avant de poursuivre sa carrière comme conseillère en communications interactives chez La Capitale, groupe financier, puis chez Québec numérique, organisme dont elle a pris la direction générale avant de faire le saut comme conseillère politique au cabinet du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale. Elle est aujourd'hui rédactrice en chef adjointe et chargée de projets spéciaux à l'École branchée. Son rêve : que chacun ait accès à la technologie et puisse l'utiliser comme outil d’apprentissage et d’ouverture sur le monde.

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