Petite école deviendra grande

(section précédente) Émilie Bordeleau se sentirait certainement moins seule dans sa petite école de rang de Saint-Tite si elle avait vécu aujourd’hui. Depuis 2002, le projet École éloignée en réseau […]
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Traduction automatisée - des erreurs (parfois hilarantes) vont se glisser! 😉

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(section précédente)

Émilie Bordeleau se sentirait certainement moins seule dans sa petite école de rang de Saint-Tite si elle avait vécu aujourd’hui.

Depuis 2002, le projet École éloignée en réseau offre de toutes nouvelles possibilités aux écoles en milieu rural où, faute d’enfants, on retrouve parfois jusqu’à quatre niveaux dans une même classe. « Dans certaines écoles, il y a à peine 12 élèves pour l’ensemble du primaire. Souvent, un jeune est seul dans son niveau », constate Christine Hamel, professeure à l’Université Laval et chercheuse dans le projet. L’objectif de départ était donc d’assurer « la qualité de la formation lorsqu’un environnement d’apprentissage appauvri menace la fermeture de certaines écoles de village ». Aujourd’hui, près d’une centaine d’écoles de 23 commissions scolaires, au primaire pour la plupart, agrandissent virtuellement leurs classes grâce à la vidéoconférence et un forum électronique.

Travaux d’équipes entre élèves de classes différentes, conférence d’un intervenant à distance, cours magistral en vidéoconférence, échanges sur le forum, partage de tâches d’enseignements selon l’expertise ou les besoins des élèves, voilà ce que permet l’école éloignée en réseau. Au fil du temps, des collaborations internationales sont également nées! En effet, le Knowledge Building International Project (KBIP) vise la coélaboration de connaissance entre des élèves de différents pays.

Sonia Quirion est une « enseignante éloignée en réseau » de la première heure. Depuis huit ans, elle collabore avec des enseignantes de sa commission scolaire et d’ailleurs dans différents projets. Si l’aspect technique a été lourd au départ, elle évolue maintenant dans cet univers comme un poisson dans l’eau et ne reviendrait pas en arrière. Sa classe compte 23 élèves de cinquième et sixième année, soit le quart de tous les élèves de l’école L’Éco-Pin, de la Commission scolaire de la Beauce-Etchemin. « Je suis l’équipe du troisième cycle à moi toute seule, lance-t-elle en riant. Avant, je vivais beaucoup d’isolement. Maintenant, j’ai développé une équipe de travail avec cinq autres enseignantes. Nous planifions ensemble et ça allège la tâche. C’est aussi plus riche parce que je peux avoir l’opinion des autres. » Parfois, elle enseigne donc à six classes à la fois par visioconférence. Les jeunes ont aussi eu droit à des conférences d’auteurs et de différents professionnels de cette façon.

Les enfants, eux, en raffolent. « Je leur ai demandé ce qu’ils diraient si l’on abandonnait l’an prochain. La réponse a été unanime, ils ne veulent pas s’en passer. Ça leur permet de connaître plus d’enfants, ça leur ouvre de nouveaux horizons », mentionne Mme Quirion. Elle assure que les élèves ont tellement hâte de travailler en réseau qu’elle n’a plus de discipline à faire!

Des résultats

Dans le plus récent rapport synthèse du projet, les chercheurs ont noté une augmentation de la motivation des élèves supérieure à celles des jeunes ne fréquentant pas une école éloignée en réseau. « Ce résultat est d’autant plus étonnant que l’on sait que la motivation des élèves tend à diminuer avec les années, et encore davantage en milieu socioéconomique faible, ce qui correspond à la grande majorité des petits villages où l’école éloignée en réseau est implantée », écrit-on. Les jeunes ont aussi démontré une amélioration de leurs résultats en compréhension de l’écrit et une meilleure capacité d’explication.

Pourtant, la majorité des enseignants consacrent à peine dix heures par mois à l’école éloignée en réseau, c’est-à-dire que 90 % du temps, « les élèves sont en situation d’apprentissage où les ressources et outils disponibles sur Internet ne sont pas utilisés ». « D’autres facteurs peuvent aussi être en cause, admet Mme Hamel. Par contre, pour ce qui est de la capacité d’explication, nous avons vraiment fait la démonstration que les élèves qui en avaient fait le plus avaient les meilleurs résultats. » Elle souligne également que l’utilisation du forum semble être l’aspect dont l’impact est le plus important sur les apprentissages des enfants.

Par ailleurs, les enseignants perçoivent également que le projet a un impact positif sur leurs interventions, tant en ce qui a trait à la planification, l’organisation, la gestion de classe, les attitudes et l’ambiance ainsi que les stratégies d’apprentissage.

L’expérience a emballé certains enseignants au point qu’une fois dans de « grosses écoles », ils continuent de fonctionner de cette manière. C’est ainsi que des classes des commissions scolaires Marguerite-Bourgeoys et Marie-Victorin, situées dans le Grand Montréal, sont maintenant en réseau avec des écoles de campagne. D’ailleurs, cette formule pourrait bien s’étendre au reste de la province éventuellement.

Un cours en ligne avec ça?

Et pourquoi pas des cours en ligne? « L’équipe-école d’une petite école tient particulièrement à ses ressources humaines. L’idée que des cours en ligne viennent réduire le personnel local rencontre une forte résistance, notent les auteurs du rapport. […] Néanmoins, avec tout le développement qui s’opère ailleurs en Amérique du Nord et en Europe concernant les modules et les cours en ligne, on peut s’attendre à ce que des équipes-écoles soient mises au défi, soit d’appliquer le modèle de l’école éloignée en réseau, soit d’inclure des modules ou cours en ligne dans leur programmation d’activités. » Une combinaison des deux modèles est aussi possible.

Les cours en ligne seraient particulièrement utiles au secondaire. « Dans certains milieux, au secondaire, des enseignants ont de dix à douze planifications à faire. Eux, ils commencent à juger que le moment est venu! Dans certaines écoles, même en périphérie de Montréal et Québec, certaines options sont difficiles à offrir. En quatrième secondaire par exemple, il y a trois voies en mathématiques et dans certaines écoles, il y en a une qui n’est pas offerte parce qu’il manque d’élèves », remarque Mme Hamel.

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À propos de l'auteur

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Nathalie Côté
Nathalie est journaliste. Ses thèmes de prédilection sont la famille, l’éducation, la santé, la consommation, l’environnement et les phénomènes sociaux. Elle collabore notamment au journal La Presse.

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