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Les dérives des jeux mobiles pour enfants dénoncées par une équipe de recherche

Les jeux mobiles destinés aux enfants de moins de 13 ans respectent-ils réellement les lois sur la protection de la vie privée? Une équipe de recherche composée de spécialistes de l’UQAM, de l’Université d’Ottawa et de l’Université McGill tire la sonnette d’alarme : aucune des politiques de confidentialité analysées ne respecte pleinement les lois québécoises, canadiennes et américaines en matière de protection des données des enfants.
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Financée par le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada, l’étude a été menée par la Chaire de recherche du Canada en jeu, technologies et société dirigée par la professeure du Département de communication sociale et publique Maude Bonenfant, en collaboration avec cinq professeurs en études du jeu, communication, droit et informatique.

Stratégies douteuses

Parmi les 139 politiques de confidentialité analysées par l’équipe de recherche, l’analyse révèle des pratiques préoccupantes visant à contourner les droits des enfants pour collecter leurs données personnelles : langage flou, absence d’informations claires et définitions variables des politiques de données personnelles; classification trompeuse (des jeux présentés comme « tout public » alors que les politiques ne s’appliquent qu’aux 13 ans et plus); exclusion des tiers (des entreprises tierces accèdent aux appareils sans être soumises aux politiques de confidentialité); consentement négligé (seulement 12,5 % des politiques exigent un nouveau consentement en cas de modification).

« Non seulement les enfants et les parents n’ont pas accès aux bonnes informations pour donner un consentement éclairé, mais, en plus, des informations trompeuses donnent un faux sentiment de sécurité, surtout si le jeu présente un visuel très enfantin et innocent », observe Maude Bonenfant.

« Les studios de jeux vidéo demandent aux parents de lire des politiques de confidentialité très complexes à comprendre, parfois contradictoires et dont la légalité de certaines clauses est très douteuse, ajoute Thomas Burelli, professeur à la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa. Ils jouent sur le fait que les parents ne prendront probablement pas le temps de les lire et se fieront plutôt à la cote du jeu qui est pourtant aussi problématique. »

Selon l’équipe de recherche, les informations nécessaires à une prise de décision éclairée sont manquantes. De plus, les catégorisations actuelles donnent un faux sentiment de sécurité pour les jeunes et les parents.

Une industrie peu encadrée

Malgré plusieurs tentatives de régulation, l’industrie du jeu vidéo nord-américaine ne propose aucune classification indépendante adaptée aux enfants de moins de 13 ans. Contrairement au cinéma, les jeux vidéo présentent des lacunes importantes en matière de catégorisation, laissant les jeunes exposés à des environnements numériques peu sécuritaires.

Un décalage existe ainsi entre les besoins de protection des enfants contre l’exploitation commerciale de leurs données personnelles et l’encadrement de l’industrie du jeu mobile. Le rapport de l’équipe de recherche vise à alerter à la fois les instances politiques, le grand public ainsi que l’industrie elle-même.

Source : Actualités UQAM, 22 octobre 2025

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