La présence d’éducateurs masculins en service de garde diminue les troubles de comportement

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Selon une étude de l’Université de Sherbrooke, les enfants qui côtoient à la fois des éducateurs masculins et féminins en service de garde se trouvent mieux outillés en terme d’adaptation sociale et présentent moins de problèmes de comportement.

Au Québec, les hommes forment à peine 5% des éducateurs dans les services de garde. Les effets de leur présence sur les enfants sont méconnus. C’est dans le but d’en savoir plus à ce sujet que la professeure Thérèse Besnard, du Département de psychoéducation de la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke, a dirigé une recherche de trois ans en observant quelque 200 éducateurs et éducatrices dans 25 Centres de la petite enfance (CPE) du Québec.

Elle a notamment trouvé que les méthodes employées par les femmes et les hommes au niveau de l’intervention éducative étaient semblables. Les différences se sont trouvées particulièrement quand vient le temps de ranger les jouets après une activité : les femmes usent de stratégies variées pour éviter à tout prix les frustrations chez les jeunes, alors que les hommes sont plus directs : « C’est le temps de ranger! ». Cette dernière attitude engendre effectivement plus de frustrations, mais apprend aux enfants à gérer ce sentiment. De plus, les éducateurs masculins ont tendance à jouer directement avec les enfants, alors que les femmes font plus de supervision du groupe. Enfin, les enfants ayant été encadré uniquement par des femmes développent un haut niveau d’habiletés sociales (entraide, partage, écoute, discussion), mais présentent plus de troubles de comportement que ceux ayant fréquenté un établissement où on trouve à la fois des éducateurs et des éducatrices.

Selon la professeur Besnard, il y a matière à pousser plus loin l’étude des bénéfices entrainés par le fait de côtoyer des éducateurs féminins et masculins dans les services de garde.

Le contexte et les résultats de l’étude sont expliqués dans une très intéressante vidéo publiée par l’Université de Sherbrooke sur YouTube.

Selon vous, ces conclusions ont-elles des répercussions sur le comportement des enfants qui arrivent à l’école, et devrait-il y avoir plus d’hommes dans le milieu scolaire aussi?

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Audrey Miller est directrice générale et éditrice de L’École branchée. Détenant une formation de 2e cycle en technologies éducatives et un bacc en communication publique, elle a participé depuis 1998 à la mise sur pied de nombreuses initiatives destinées à stimuler le développement professionnel des enseignants en lien avec le numérique et l’innovation pédagogique, telles EdCamp Québec et les CréaCamps. Elle est vice-présidente de l'AQUOPS, secrétaire du conseil d’administration de l’Association Edteq, membre du comité #Francosphère de l'ACELF et chargée de projet chez Québec numérique.