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(France) Écrans et famille : un encadrement bien installé, un dialogue à approfondir

Comment les familles françaises encadrent-elles les usages numériques des jeunes? Une étude menée par l’IFOP pour la Fondation pour l’Enfance dresse un portrait des pratiques, des règles et des discussions autour des écrans. Fait intéressant, la grande majorité des parents déclarent avoir fixé au moins une règle concernant les écrans. Tour d’horizon des principaux enseignements de la 4e édition du baromètre « Enfance & Numérique ».
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Table des matières

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Une génération presque entièrement équipée

Premier constat qui ressort de la 4e édition du baromètre « Enfance & Numérique » de la Fondation pour l’enfance, réalisé en partenariat avec l’IFOP et intitulé Outils  numériques : usages et dialogue dans la sphère familiale : l’équipement numérique est désormais la norme en France. Selon l’étude réalisée en décembre 2025 auprès de 1001 parents et 953 enfants âgés de 8 à 15 ans, 87 % des jeunes français disposent d’au moins un appareil numérique, et 84 % ont accès à Internet .

Le téléphone intelligent personnel domine (67 %), particulièrement chez les 11-15 ans, alors que 8 sur 10 en possèdent un. Les motivations d’équipement sont d’abord scolaires : l’entrée au collège (secondaire), synonyme d’autonomie accrue avec les trajets à effectuer et les activités extrascolaires  (54 %), et la nécessité de travailler via l’environnement numérique de travail (ENT) ou les devoirs en ligne (52 %) arrivent en tête. Les loisirs (47 %) complètent le tableau, tandis que la pression sociale (« tous les enfants en ont un ») reste secondaire avec 21 %.

Pour le personnel scolaire, ces données confirment que le numérique domestique s’inscrit largement dans la continuité des usages scolaires.

Des règles présentes dans presque tous les foyers

L’image d’un laisser-faire généralisé ne correspond pas à la réalité observée. En effet, 94 % des parents déclarent avoir fixé au moins une règle concernant les écrans. Moments d’utilisation (83 %), contenus consultés (82 %), durée (78 %) ou usage en autonomie (74 %) : les mesures d’encadrement sont variées.

Par ailleurs, 68 % des familles ont installé un outil de contrôle parental. Ces dispositifs sont jugés efficaces pour limiter l’accès à des contenus inappropriés (90 %) et réguler le temps d’écran (88 %), mais 94 % des parents estiment qu’ils doivent être accompagnés d’autres règles et de dialogue. De plus, parmi ceux qui n’ont pas installé de contrôle parental, 46 % estiment qu’il vaut mieux dialoguer que contrôler. 

Certaines zones grises persistent : 20 % des parents autorisent les écrans au réveil et 30 % avant le coucher, des moments pourtant identifiés comme sensibles pour la santé et l’attention.

Des usages scolaires… et récréatifs

Du côté des pratiques, l’étude montre que les usages scolaires et de divertissement cohabitent. Les recherches pour les devoirs (85 % des parents déclarent que leur enfant le fait) et l’utilisation du portail scolaire (79 %) figurent parmi les activités fréquentes.

Mais les réseaux sociaux, les vidéos courtes et les jeux en ligne occupent aussi une place importante, y compris chez les plus jeunes. Les parents tendent d’ailleurs à sous-estimer légèrement les usages récréatifs et à surestimer certaines pratiques éducatives.

À noter : 55 % des enfants disent être sur les écrans parce qu’ils s’ennuient. Un chiffre qui interpelle les milieux éducatifs quant aux occasions de proposer des alternatives signifiantes.

Un dialogue bien présent, mais parfois conflictuel

Bonne nouvelle : 95 % des familles discutent du numérique. Parents et enfants se disent majoritairement à l’aise d’aborder le sujet (85 % et 89 %). Les règles d’usage et les risques en ligne sont régulièrement évoqués.

Cependant, 4 familles sur 10 rapportent que ces discussions sont souvent sources de tensions. Un décalage de perception apparaît : les parents estiment aborder certains sujets plus fréquemment que leurs enfants ne le ressentent.

Fait intéressant : les jeunes adhèrent largement au cadre posé. 68 % jugent le contrôle parental positif, 79 % trouvent normal que leurs parents puissent les géolocaliser, et 67 % soutiennent l’idée d’une école sans téléphone. Mais ils souhaitent davantage participer aux décisions (38 %) et mieux comprendre le sens des règles (22 %).

Un enjeu partagé entre famille et école

Ce rapport met en lumière un paysage loin des caricatures : des familles investies, des enfants globalement conscients des enjeux, mais un besoin de dialogue plus collaboratif.

Pour les équipes éducatives, ces résultats rappellent l’importance d’une alliance école-famille autour de l’éducation au numérique. Si les règles existent à la maison, leur cohérence avec les pratiques scolaires et leur compréhension par les jeunes demeurent des leviers essentiels pour accompagner des usages éclairés et responsables.

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