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Facile ou difficile? Les conséquences possibles du choix des mots

Les enseignants sont nombreux à accompagner leurs consignes de mots qui se veulent encourageants pour les élèves. Combien de fois avez-vous souhaité encourager vos élèves en leur disant que la tâche était facile? Ou difficile, mais qu’ils peuvent y arriver? Probablement souvent. Mais est-ce que c'est aidant? Notre collaboratrice s'est posé la question.

Table des matières

Temps de lecture estimé : 4 minutes
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 « Je vous laisse quelques exercices faciles en devoir.
Ne soyez pas inquiets, ça va vous prendre quelques minutes seulement. »

Les enseignants sont nombreux à accompagner leurs consignes de mots encourageants pour les élèves. Ces commentaires visent à augmenter la participation des élèves pour qu’ils aient la pratique nécessaire afin de consolider les notions. Combien de fois avez-vous encouragé des élèves en leur disant que la tâche est facile? Ou que c’est difficile, mais qu’ils peuvent y arriver? Mais est-ce que ce genre de commentaire est aidant? 

En disant « c’est facile », l’intention est que les élèves n’anticipent pas la tâche comme une corvée parce que si c’est le cas, ils risquent de ne pas le faire. Mais qu’est-ce qui se passe exactement quand une tâche est qualifiée de facile? 

Prenons quelques secondes pour y réfléchir. Si un exercice est facile, l’élève qui le complète ne sent pas qu’il a beaucoup de mérite de l’avoir réussi puisque l’enseignant a dit que c’était facile. Il aura la pratique désirée, mais accomplir des tâches faciles n’augmente pas le sentiment d’auto-efficacité. 

Imaginons maintenant que l’élève ne soit pas en mesure d’accomplir la tâche. C’est une chose de ne pas être capable de trouver toutes les réponses, mais un élève qui n’est pas en mesure de les trouver dans les activités faciles, c’est difficile pour l’estime de soi. Du point de vue d’un élève, s’il réussit une tâche facile, il n’a pas de mérite. S’il échoue, il est vraiment pitoyable. 

« Celui-ci est difficile, mais j’aimerais que vous l’essayiez quand même. »

Ce type de commentaire accompagne parfois une tâche plus complexe ou exploratoire. Encore une fois, qu’est-ce qui se passe exactement quand une tâche est qualifiée de difficile? 

L’élève fort et motivé risque de prendre ce commentaire comme un défi et d’y mettre beaucoup d’efforts. Cependant, d’autres risquent d’interpréter ce commentaire comme une bonne raison pour abandonner ou même ne pas utiliser les stratégies enseignées. 

La qualification des tâches en termes de difficulté a donc des effets délétères, souvent sous-estimés, chez les élèves. Mais comment faire pour encourager les élèves et les guider dans l’effort nécessaire sans utiliser ces qualificatifs? En misant sur leur réussite et les moyens pour y arriver. Voici quelques exemples.

  • « Maintenant que vous avez les stratégies, il ne vous reste plus qu’à les appliquer dans les exercices suivants. » 
  • « Le devoir est une seule page de lecture. » 
  • « C’est une pratique : le seul but de cette pratique est de vous rendre meilleur. »
  • « On essaie quelque chose; au pire, tu l’auras bon. Mais ne rien essayer te garantit un échec. »
  • « C’est la première fois que nous travaillons ce type de tâche. Référez-vous à l’exemple donné (ou aux notes, aux exercices corrigés…) »

Accompagner ces commentaires d’un plan B est aussi très pertinent et aidant : « si ça ne fonctionne pas, viens me voir et je trouve une autre solution / je t’explique d’une autre façon. »

Ce petit changement de vocabulaire augmente le sentiment d’auto-efficacité des élèves et l’implication dans la tâche. En plus, il requiert peu d’effort de la part de l’enseignant, donne des résultats, et peut être implanté sans préparation. 

Et vous, quels sont ces petits trucs qui vous font voir toute une différence chez vos élèves?

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