Éducation aux médias en temps de crise : les stratégies d’hygiène émotionnelle positives

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La Dr Pascale Brillon, professeure en psychologie, a parlé à l’émission Tout le monde en parle d’éléments dont on avait rarement discuté collectivement auparavant : les stratégies d’hygiène émotionnelle positives à développer devant la surabondance médiatique et la préservation de l’équilibre durant le confinement.

La fermeture des écoles et le confinement de la population pour éviter la propagation du Coronavirus créent un stress certain sur la population, et ce, sur différents plans : émotionnel, financier, relationnel et familial, notamment. La Dr Pascale Brillon, professeure en psychologie à l’Université du Québec à Montréal, était à l’émission Tout le monde en parle le 22 mars dernier pour nous aider à surmonter cette période anxiogène. Son propos est tellement aidant dans le contexte actuel. Elle nous aide à prendre conscience des stratégies d’hygiène émotionnelle positives à développer devant la surabondance médiatique, et de préservation de l’équilibre durant le confinement. C’est un élément, il me semble, qu’on a jusqu’ici rarement abordé quand on parle d’éducation aux médias.

Comment trouver l’équilibre après le choc?

Il est vrai de dire que pour l’ensemble de la population, la vie a basculé et le niveau d’anxiété a augmenté chez plusieurs d’entre nous. Les réactions face au stress varient d’une personne à l’autre : dissociation, déni, manque de repères… Par ailleurs, dans une période pareille, nous cherchons à en savoir davantage sur la situation de manière à nous adapter et à prendre des décisions cohérentes. L’accès à l’information est donc crucial. Ce que la Dr Brillon nous rappelle, c’est qu’il y a un équilibre très précaire à garder dans l’espace médiatique pour maximiser la résilience sociale. Cela prend un doux dosage entre l’accès à de l’information scientifique et rigoureuse, qui démontre l’ampleur du drame, et des nouvelles positives ancrées sur la science pour que ce soit encourageant et qu’on ait le sentiment que l’épreuve est possible à surmonter. Dans le cas où cet équilibre médiatique n’est pas présent à notre écran, on parle d’un espace médiatique dramatisant. Et face à cela, il y a trois réactions possibles :

  • l’impuissance, qui fait en sorte qu’on sent que peu importe ce qu’on fait, cela ne sert à rien; 
  • la panique, qui nous amène à agir de manière exagérée sans réfléchir; 
  • le déni, qui nous amène à croire que la situation est tellement irréelle qu’elle l’est probablement.

Comment développer des stratégies d’hygiène émotionnelle positives?

Le rôle des médias est crucial pour aider la population à absorber le choc et éviter de tomber dans la détresse psychologique. Si les médias n’offrent pas ce dosage précaire d’information nuancée nécessaire à notre hygiène émotionnelle, c’est à nous d’exercer notre leadership et de filtrer l’information que nous consommons. Dr. Brillon nous propose de la choisir de manière à ce qu’elle soit pertinente, suffisamment nuancée et porteuse de solutions pour garder espoir. À cet effet, vous trouverez dans l’École branchée une revue de presse mise à jour en continu pour vous permettre de filtrer l’information et vous diriger vers l’essentiel de ce que vous souhaitez savoir. Les points de presse quotidien du gouvernement, retransmis en direct et qu’on peut revoir sur Facebook, constituent actuellement la meilleure source d’information pour suivre l’évolution des mesures déployées chez nous.

Se questionner pour développer sa tolérance à l’ambiguïté

Une société résiliente est solidaire et créative. Trouvons des moyens créatifs pour avoir un impact positif sur nous-mêmes et sur les autres.

Lors de notre dernier CréaCamp en Gaspésie, j’ai justement réfléchi avec les participants autour du thème de l’éducation aux médias. Ce thème était facilité par Annie Turbide et Marjorie Paradis, du service national du RÉCIT, Domaine du développement de la personne. Ma conclusion était la suivante : à l’ère du numérique, c’est comme si on était constamment dans une zone d’ambiguïté qui implique un questionnement constant. Je trouve que cette réflexion s’applique dans le contexte actuel. Cette période nous invite à nous mobiliser humainement pour mettre en action le meilleur de nous-même. Se questionner nous permet d’orienter nos actions vers ce qui sera le plus aidant pour nous-même et pour les autres. Une société résiliente est solidaire et créative. Trouvons des moyens créatifs pour avoir un impact positif sur nous-mêmes et sur les autres. Il importe de prendre soin de soi pour éviter de basculer vers l’irritabilité et la violence. Dans ce contexte, Dr. Brillon nous invite à vivre le moment présent, à s’informer auprès de l’Ordre des psychologues pour trouver de l’aide et des stratégie aidantes, s’entourer, se rassurer et se dire que tout ce qui se passe actuellement peut contribuer à améliorer notre résilience face à de futures situations. J’appelle ça la beauté cachée. La recherche, elle, étudie la croissance post-traumatique. C’est le fait d’apprendre de l’adversité en se demandant maintenant :

  • En quoi ce que nous vivons peut nous permettre de vivre mieux?
  • Une fois que ce sera terminé, de quoi serai-je fier?

Ça va bien aller! C’est le meilleur moment pour chacun de nous, et collectivement, d’être solidaires et créatifs. 🌈

Ressources



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Stéphanie Dionne est directrice du développement et des partenariats, animatrice et conférencière. Elle est coach professionnelle certifiée en PNL et MBraining. Elle contribue au rayonnement des acteurs du milieu de l'Éducation et de son écosystème. De plus, elle accompagnement les parents, les enseignants et les intervenants dans une mentalité de coéducation afin de permettre aux jeunes de devenir des citoyens épanouis à l'ère du numérique.