par Audrey Miller
Souvent perçu comme un simple créateur de pages Web, Google Sites s’impose en réalité comme un véritable carrefour pédagogique. Il permet de centraliser des ressources issues de Google Drive, dont documents, présentations, vidéos, et de bâtir un environnement d’apprentissage évolutif. Lors de l’événement en ligne Barak@TIC 2025, c’est ce que les formateurs Marianne Grandjean et Alain Doutrelepont ont démontré.
Contrairement à Google Classroom, conçu pour la gestion du quotidien, Google Sites favorise la construction d’un patrimoine numérique réutilisable, année après année. Sa simplicité d’utilisation permet d’ajouter des contenus en quelques clics, même pendant un cours, pour répondre aux questions ou enrichir les discussions.
Gemini : créer des applications sans coder
Une nouveauté intéressante de la présentation résidait dans l’usage du mode Canvas de Gemini, une fonctionnalité qui transforme des instructions rédigées en langage naturel en applications Web fonctionnelles et interactives. Pour l’utiliser, l’enseignant décrit simplement ce qu’il souhaite, comme un quiz, un simulateur ou une activité de révision, et Gemini génère automatiquement le code correspondant.
Les exemples partagés allaient des cartes-éclair pour réviser les symboles chimiques à des graphiques interactifs en mathématiques où les élèves manipulent des variables en temps réel. Ces applications, conçues pour la pratique et la consolidation, n’enregistrent pas les résultats, mais offrent une expérience de révision personnalisée.
Selon les animateurs, la combinaison des deux outils rend la création d’activités interactives étonnamment fluide. En effet, le code généré dans Gemini peut être copié-collé directement dans Google Sites via le module « Intégrer le code ».
Résultat : un site d’enseignement qui passe d’un espace statique à un environnement d’apprentissage actif, où les élèves peuvent interagir avec des quiz ou des simulations sans quitter la page du cours.
Cette intégration rappelle, comme le soulignent les animateurs, l’approche d’outils comme LearningApps, tout en conservant les avantages d’un environnement sécurisé et institutionnel.
La sécurité avant tout : Un cadre éducatif protégé
En effet, dans le contexte scolaire, la sécurité reste une priorité. L’utilisation de Google Workspace pour l’Éducation garantit un cadre conforme notamment au RGPD (Europe) ou à la Loi 25 (Québec), la protection des données et un contrôle précis des accès. Les enseignants peuvent ainsi limiter la visibilité de leurs sites aux membres de leur établissement.
De plus, la recherche d’images intégrée à Google Sites affiche uniquement des visuels normalement libres de droits, un atout non négligeable pour la création de ressources respectueuses du droit d’auteur.
En complément : Conseils pratiques pour se lancer
Intégrer Google Sites et Gemini à sa pratique ne demande pas de révolutionner son enseignement. Quelques étapes simples suffisent pour amorcer la démarche et obtenir rapidement des résultats concrets.
1. Commencer petit
Avant de se lancer dans un grand projet, Il vaut mieux débuter par une activité courte et ciblée : une fiche de vocabulaire, un mini-quiz de révision ou une simulation mathématique simple. Cela permet de se familiariser avec les fonctions de Gemini et d’expérimenter le processus d’intégration dans Google Sites sans pression.
2. Réutiliser l’existant
Il n’est pas nécessaire de repartir de zéro. Un Google Site déjà utilisé pour un cours ou un projet peut facilement accueillir les nouvelles activités interactives. Il suffit d’ajouter une section ou une page « Ateliers interactifs » pour y intégrer les créations Gemini. Cette approche favorise la continuité pédagogique et limite la dispersion des outils.
3. Tester avec un petit groupe d’élèves
Avant de publier largement, il est utile de tester l’activité avec un petit groupe volontaire. Ce premier retour permet d’identifier les ajustements nécessaires : clarté des consignes, longueur de l’activité, accessibilité sur différents appareils (ordinateur, tablette, téléphone). Les élèves deviennent ainsi co-concepteurs, ce qui renforce leur engagement.
4. Penser accessibilité et différenciation
Gemini et Google Sites permettent d’ajouter des éléments sonores, des images ou des vidéos. Ces options sont précieuses pour soutenir la compréhension des élèves non lecteurs, allophones ou à besoins particuliers. L’intégration de médias variés facilite aussi la différenciation et la révision autonome.
5. Prévoir un espace de rétroaction
Un simple formulaire intégré à la fin du site (via Google Forms) permet aux élèves de donner leur avis sur l’activité : ce qu’ils ont aimé, ce qu’ils ont appris ou ce qu’ils aimeraient améliorer. Ces retours sont précieux pour affiner les prochaines créations et maintenir un climat d’apprentissage collaboratif.
6. Partager avec ses collègues
Une fois à l’aise, pourquoi ne pas mutualiser les créations au sein du cycle ou du département? Les activités conçues dans Gemini peuvent être exportées et intégrées facilement dans d’autres sites Google. Cela permet de bâtir progressivement une banque d’activités interactives partagée, alignée sur les programmes et les besoins des élèves.
La Barak@TIC est un festival pédagogique et numérique en ligne organisé par Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE). Il se tient chaque année pour les professionnelles et professionnels de l’éducation francophones et vise à promouvoir l’intégration des outils numériques et des pratiques innovantes en classe à travers une série d’ateliers et conférences.




