Pour Nathalie Caclard, la révolution numérique n’est pas seulement l’arrivée d’un ensemble de technologies, mais bien une véritable révolution culturelle, qui a des effets sur la création, la diffusion et la transmission des contenus. Elle a présenté des exemples de projets où des enseignants mélangent le virtuel et le réel de façon ludique pour susciter la curiosité des élèves et rendre l’apprentissage actif.
Dans le cadre d’un projet de marque-pages avec de la réalité augmentée, chaque élève a enregistré sa voix expliquant son passage préféré d’un livre. Il a ensuite fabriqué un marque-page muni d’un code QR qui dirigeait vers l’enregistrement. Le marque-page a été placé dans le livre à la page exacte de l’extrait préféré. Les personnes qui empruntent l’ouvrage, disponible à la bibliothèque de l’école, peuvent donc découvrir le passage et écouter l’explication.
La Dadadictée de Julien Levesque transforme la traditionnelle dictée en une activité interactive avec des jardinières connectées. Après avoir entendu et écrit les mots manquants, l’élève peut voir s’il avait la bonne réponse en direct. Attention, des carottes peuvent s’envoler!
La Mallapixels est un laboratoire de médiation numérique et artistique du Département du Val-de-Marne. Il s’agit d’un fablab itinérant qui permet aux jeunes d’explorer le numérique en dehors des cadres traditionnels, tout en étant incités à découvrir la créativité sous des formes innovantes.
« Ces projets montrent aux jeunes que le numérique peut donner une nouvelle dimension à des tâches scolaires, en introduisant une dynamique de découverte et de plaisir. Ils permettent aussi de construire des ponts entre la technologie et la culture », dit Nathalie Caclard. Selon elle, il ne faut d’ailleurs pas hésiter à adopter la philosophie du hacker, c’est-à-dire de détourner les outils de façon astucieuse et, surtout, de les désacraliser (ils peuvent avoir plusieurs fonctions et significations).
La méthodologie de l’expérimentation collective
Pour que les élèves et le personnel scolaire s’approprient les outils numériques, elle propose une méthodologie structurée autour de petites expériences collaboratives et d’un apprentissage participatif. Elle insiste sur la nécessité de documenter les projets pour que ces expériences deviennent des biens communs, accessibles à tous. Cela permet de tirer des apprentissages des bons coups et des moins bons, en plus de bâtir une mémoire collective en matière de culture numérique.
Sa méthodologie en quatre étapes comprend :
- Comprendre son environnement : Identifier les ressources disponibles, les personnes, les freins et les leviers
- Faire de la veille créative : Définir son territoire. Repérer, trier et organiser les informations pour construire un savoir collectif.
- Utiliser des outils collaboratifs : Solliciter l’aide de tiers pour travailler en mode collaboratif et encourager le partage des savoirs.
- Penser à la transmission : Partager et diffuser les découvertes en favorisant un « désordre créatif » pour stimuler la réflexion et la collaboration.
Pour Nathalie Caclard, il est indispensable que les jeunes et leurs enseignants possèdent un vocabulaire commun pour naviguer dans la culture numérique. Pour elle, il ne s’agit pas simplement d’introduire des outils numériques, mais de les transformer en moteurs d’inclusion, de créativité et de collaboration, afin que chaque élève puisse y trouver du sens et construire son propre parcours.
L’École branchée remercie l’Agence du numérique éducatif (AdN) de la Wallonie et le Ministère des Relations internationales et de la francophonie du Québec, dans le cadre du 13e appel à projets Québec – Wallonie-Bruxelles, pour la biennie 2024-2026, pour avoir permis la participation à cet événement.