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Montréal - Les espaces d’engagement ont changé, constatent Sandra Rodriguez et Anne Goldberg, doctorantes en sociologie à l’Université de Montréal. Les jeunes votent peu, adhèrent moins aux partis politiques traditionnels et utilisent peu les médias traditionnels pour partager des messages politiques.

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Montréal – Les espaces d’engagement ont changé, constatent Sandra Rodriguez et Anne Goldberg, doctorantes en sociologie à l’Université de Montréal. Les jeunes votent peu, adhèrent moins aux partis politiques traditionnels et utilisent peu les médias traditionnels pour partager des messages politiques.

Cela ne veut pas dire qu’ils ne s’engagent pas socialement, note Mme Rodriguez dans sa thèse, qu’elle est venue présenter au colloque Génération numérique : pour une sociologie du cyberespace, qui prenait place dans le cadre du 78e Congrès de l’Association francophone pour le savoir, à l’Université de Montréal.

Les jeunes d’aujourd’hui effectuent quotidiennement des actions qui révèlent leur engagement social et écologique : ils recyclent, ils compostent, ils boycottent certaines entreprises… toutes ces mesures sont à l’image de la génération de l’information.

« C’est la fin de l’idéologie et des classes sociales : les jeunes soutiennent les organismes de charité par des messages textes payants, ils affichent leurs idées sur les réseaux sociaux », décrit Sandra Rodriguez.

Elle note que souvent, ils diffusent des messages qui ne les concernent même pas directement ; beaucoup de Canadiens, par exemple, ont participé sur Facebook à appuyer Barack Obama durant la campagne présidentielle américaine de 2008.

« Leur perception est ambigüe : les jeunes vont filmer des vidéos amusants à caractère politique, mais ils disent qu’ils ne considèrent pas cela comme de l’engagement! » raconte Sandra Rodriguez. Ils miseraient plutôt sur l’adhésion à des valeurs écologiques pour se définir et joignent parfois plusieurs partis politiques simultanément.

« Je crois qu’aujourd’hui, les jeunes sont moins cyniques que leurs parents face à la politique, mais ils sont plus critiques », résume la chercheure.

S’engager par la contribution au savoir
Anne Goldberg, qui présentait ses travaux lors du même colloque, consacre sa thèse aux passionnés des « wiki », ces sites dont le contenu en entier est écrit par des utilisateurs – le plus connu étant wikipedia.org. « J’ai rencontré des jeunes tellement passionnés par ces sites qu’ils peuvent passer la nuit à corriger des articles! » explique la chercheure.

Les jeunes qu’elle a interviewés ont un réel intérêt pour la contribution au wikis. Certains d’entre eux concentrent leurs interventions sur un domaine spécifique, comme la politique ou l’histoire, tandis que d’autres se font plutôt généralistes et enrichissent les pages de différents sujets. Certains jeunes aiment créer de nouvelles pages alors que d’autres se passionnent à corriger les erreurs des pages déjà établies.

Peut-on y voir une forme d’engagement? Oui, selon son étude, car les jeunes qui y participent prennent leur rôle très au sérieux. « Ils tiennent à faire une contribution au savoir universel, à promouvoir leur point de vue, ils y voient une utilité pour la collectivité » dit-elle.

Un enjeu de taille, pour les adolescents qu’elle observe, est l’apprentissage de l’argumentation, puisque toutes leurs contributions peuvent être corrigées par d’autres utilisateurs. « Les débutants s’engagent vite dans la dispute, les plus expérimentés développent des techniques d’écriture pour être convaincants », note-t-elle.

Les formes d’engagement des jeunes de la génération numérique sont donc souvent centrées sur le partage d’information. Serait-ce là une piste pour développer les outils pédagogiques qui sauront les intéresser?

Par Viviane De Repentigny

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À propos de l'auteur

Martine Rioux
Martine Rioux
Après des études en communication publique, Martine a été journaliste pour différentes publications, avant de poursuivre sa carrière comme conseillère en communications interactives chez La Capitale, groupe financier, puis chez Québec numérique, organisme dont elle a pris la direction générale avant de faire le saut comme conseillère politique au cabinet du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale. Elle est aujourd'hui rédactrice en chef adjointe et chargée de projets spéciaux à l'École branchée. Son rêve : que chacun ait accès à la technologie et puisse l'utiliser comme outil d’apprentissage et d’ouverture sur le monde.

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